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TRANSCRIPTION DES AUDIENCES DU
CONSEIL DE LA RADIODIFFUSION
ET DES TÉLÉCOMMUNICATIONS CANADIENNES
TRANSCRIPT OF PROCEEDINGS
FOR THE CANADIAN RADIO-TELEVISION AND
TELECOMMUNICATIONS COMMISSION
SUJET / SUBJECT:
CONSULTATIONS PUBLIQUES SUR LA RÉVISION
DE LA POLITIQUE EN MATIÈRE DE PROGRAMMATION MULTILINGUE
ET À CARACTÈRE ETHNIQUE /
PUBLIC CONSULTATION ON THE POLICY REVIEW
ON THIRD LANGUAGE AND ETHNIC PROGRAMMING
TENUE À: HELD AT:
UQÀM UQÀM
Pavillon Sherbrooke ouest Sherbrooke West Pavillion
200 ouest, rue Sherbrooke 200 Sherbrooke Street West
Montréal (Québec) Montreal, Quebec
1 février 1999 February 1, 1999
tel: 613-521-0703 StenoTran fax: 613-521-7668
Transcripts
In order to meet the requirements of the Official Languages
Act, transcripts of proceedings before the Commission will be
bilingual as to their covers, the listing of the CRTC members
and staff attending the public hearings, and the Table of
Contents.
However, the aforementioned publication is the recorded
verbatim transcript and, as such, is taped and transcribed in
either of the official languages, depending on the language
spoken by the participant at the public hearing.
Transcription
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officielles, compte tenu de la langue utilisée par le
participant à l'audience publique.
tel: 613-521-0703 StenoTran fax: 613-521-7668
Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes
Canadian Radio-television and
Telecommunications Commission
Transcript / Transcription
Consultations publiques sur la révision
de la politique en matière de programmation multilingue
et à caractère ethnique /
Public Consultation on the Policy Review
on Third Language and Ethnic Programming
DEVANT / BEFORE:
Andrée Noël Présidente / Chairperson
Joan Pennefather Conseillère / Commissioner
AUSSI PRÉSENTS / ALSO PRESENT:
Jean-Pierre Blais Avocat du Conseil /
Commission Counsel
Terry O'Connor / Analystes / Analysts
Claude Doucet
Lucie Audet Secrétaire / Secretary
TENUE À: HELD AT:
UQÀM UQÀM
Pavillon Sherbrooke ouest Sherbrooke West Pavillion
200 ouest, rue Sherbrooke 200 Sherbrooke Street West
Montréal (Québec) Montreal, Quebec
1 février 1999 February 1, 1999
tel: 613-521-0703 StenoTran fax: 613-521-7668
ii
TABLE DES MATIÈRES / TABLE OF CONTENTS
PAGE
Présentation par / Presentation by:
Congrès national des Italo-Canadiens pour la région 5
du Québec / National Congress of Italian-Canadian,
Quebec Region
Remstar Télévision International 12
Bertrand Roux 20
Milton Winston 29
Hello India 38
Syndicat des producteurs autonomes de la 41
télévision ethnique du Québec (SPATEQ)
Fédération des professionnels de la CSN et CSN 52
CFMB Radio 69
CJNT-TV (CTEQ) 82
Télé Ukraine et Congrès des Ukrainiens canadiens 95
Caribbean TV 109
Association nationale des radios étudiantes et 114
communautaires (ANREC)
Centre for Research Action on Race Relations 126
tel: 613-521-0703 StenoTran fax: 613-521-7668
1
1 Montréal (Québec) / Montreal, Quebec
2 --- L'audience débute le lundi 1er février 1999
3 à 1600 / Upon commencing on Monday,
4 February 1, 1999 at 1600
5 1 LA PRÉSIDENTE: Bonjour, mesdames et
6 messieurs, et bienvenue à la série de consultations
7 publiques que le CRTC entreprend pour réviser sa
8 Politique sur les émissions multilingues à caractère
9 ethnique, tant à la radio qu'à la télévision. Je suis
10 Andrée Noël et je vous présente Joan Pennefather à ma
11 droite. Nous sommes toutes deux conseillères au CRTC.
12 2 Pendant trois jours, c'est-à-dire
13 aujourd'hui, demain et mercredi, mes collègues du
14 Conseil et moi-même nous sommes répartis la tâche pour
15 entendre les points de vue qui nous seront soumis par
16 les participants ici à Montréal, de même qu'à Halifax,
17 Vancouver, Toronto et Winnipeg. Nous avons reçu et
18 continuerons de recevoir des commentaires par écrit et
19 par courrier électronique. Toutes les présentations
20 orales ou écrites feront partie du dossier public.
21 3 S'il y a des gens qui ont des
22 problèmes pour s'asseoir, il reste une ou deux chaises
23 libres en avant. On est très, très populaires
24 aujourd'hui; on fait salle comble, c'est le cas de le
25 dire.
StenoTran
2
1 4 L'objectif des consultations.
2 5 Ces consultations s'inscrivent dans
3 la démarche amorcée par le CRTC il y a deux ans pour
4 revoir ses politiques concernant le système de
5 radiodiffusion canadien tant en télévision qu'en radio.
6 Comme vous le savez, le but des consultations
7 aujourd'hui est d'aider le CRTC à revoir la
8 réglementation mise en place en 1985 par l'adoption de
9 la Politique en matière de radiodiffusion reflétant la
10 pluralité culturelle et linguistique du Canada.
11 6 Un des grands objectifs de cette
12 politique est de veiller à ce que notre système de
13 radiodiffusion puisse servir les besoins et les
14 intérêts de tous les Canadiens en traduisant
15 efficacement leur diversité ethnoculturelle.
16 7 Par contre, depuis cette époque, la
17 composition démographique du pays a beaucoup évolué et
18 le nombre d'émissions multilingues et à caractère
19 ethnique a considérablement augmenté.
20 8 C'est pourquoi, avec vous, le Conseil
21 cherche à répondre aux questions suivantes: les
22 objectifs de la politique actuelle demeurent-ils
23 valables et cette politique permet-elle toujours
24 d'atteindre les objectifs fixés?
25 9 L'Avis public 1998-135 proposait une
StenoTran
3
1 série de questions sur lesquelles vous étiez invités à
2 donner votre opinion. Nous sommes prêts à vous
3 écouter, mais auparavant, permettez-moi d'entrer dans
4 quelques détails pratiques.
5 10 Tout d'abord, je voudrais préciser
6 que nous sommes ici pour entendre votre opinion sur la
7 programmation multilingue et à caractère ethnique au
8 sens large. Nous ne sommes pas ici pour entendre
9 parler de problèmes particuliers existant entre
10 certains groupes ou faisant l'objet de demandes
11 spécifiques au Conseil. Je vous demanderais donc de
12 limiter vos interventions à l'objet de la consultation.
13 11 Je voudrais vous présenter, d'autre
14 part, le personnel du CRTC qui nous secondera
15 aujourd'hui: à ma droite, Jean-Pierre Blais,
16 conseiller juridique; à ma gauche, au bout là-bas,
17 Terry O'Connor et Claude Doucet, qui sont tous les deux
18 analystes, ainsi que Lucie Audet, qui agira comme
19 secrétaire de la consultation. S'il vous plaît,
20 n'hésitez pas à vous adresser à eux si vous avez des
21 questions concernant la marche à suivre aujourd'hui ou
22 toute autre question.
23 12 Nous avons l'intention de poursuivre
24 la séance jusqu'à ce que tous les participants aient
25 été entendus. La secrétaire fera l'appel de chacun
StenoTran
4
1 dans l'ordre assigné. Si vous voulez être entendus
2 mais que vous ne vous êtes pas inscrits, veuillez en
3 avertir Mme Audet. Si le temps le permet, nous
4 tenterons d'intégrer les participants non inscrits à
5 l'horaire de la soirée.
6 13 Selon le déroulement des
7 interventions nous entendrons tous les participants
8 avant l'ajournement ou nous ferons une pause pour le
9 repas; on va juger ça au fur et à mesure du déroulement
10 de la soirée.
11 14 Enfin, afin d'offrir à tous
12 l'occasion de faire valoir leur point de vue, nous vous
13 demanderions de restreindre votre présentation à 10
14 minutes. Il se pourrait que nous posions des questions
15 après votre exposé mais, compte tenu du nombre de
16 participants et du temps imparti, il se pourrait aussi
17 que nous n'en posions pas. Nous prendrons cependant
18 bonne note de toutes les interventions.
19 15 Comme je l'ai souligné au début, les
20 discussions serons transcrites et feront partie du
21 dossier public sur lequel le Conseil s'appuiera pour
22 prendre une décision. Pour que le personnel à qui
23 incombe cette tâche puisse en faire des enregistrements
24 fidèles, je vous demanderais de bien vouloir appuyer
25 sur le bouton du microphone quand vous intervenez.
StenoTran
5
1 16 Pour ceux d'entre vous qui préfèrent
2 soumettre des opinions écrites, vous trouverez des
3 fiches prévues à cet effet... on m'a dit à l'arrière de
4 la salle; enfin, sur le côté ici, près du portemanteau.
5 Une fois vos commentaires écrits, voulez-vous s'il vous
6 plaît signer la fiche et la remettre à Mme Audet avant
7 la fin de la séance.
8 17 Je vous remercie, et nous sommes
9 prêts à commencer avec la première intervention.
10 18 Mme AUDET: Oui, Madame la Présidente.
11 19 J'inviterais aussi les participants à
12 parler suffisamment lentement pour que nos traducteurs
13 puissent faire leur travail.
14 20 Nous débuterons donc avec la première
15 intervenante, qui est Mme Claudia Bracaglia, qui
16 représente le Congrès national des Italo-Canadiens, the
17 National Congress of Italian-Canadian, pour la région
18 du Québec.
19 21 Madame Bracaglia.
20 PRÉSENTATION / PRESENTATION
21 22 Nne BRACAGLIA: Bonjour. Mon nom est
22 Claudia Bracaglia. Je suis représentante jeunesse au
23 Congrès national des Italo-Canadiens.
24 23 Le Congrès national des
25 Italo-Canadiens est une organisation à but non lucratif
StenoTran
6
1 fondée en 1972. Bien que le Congrès soit un organisme
2 apolitique, nous cherchons toujours à promouvoir et à
3 défendre les intérêts de la communauté italo-canadienne
4 de Montréal.
5 24 La présentation d'aujourd'hui se veut
6 un résumé des recommandations concernant la situation
7 actuelle de la télévision ethnique de Montréal, soit
8 CJNT. Les propos cités concernent uniquement la
9 communauté et la télévision italiennes. Un mémoire
10 plus détaillé vous sera remis dans quelques jours.
11 25 Depuis sa création il y a environ 20
12 ans la télévision italienne s'est donnée trois
13 objectifs: permettre la circulation d'informations,
14 promouvoir la langue et la culture italiennes, et
15 permettre une ouverture sur les autres communautés.
16 Présentement la télévision italienne, Rete Italia (ph),
17 s'est vue accorder environ 12 heures d'antenne par
18 semaine. Ces 12 heures sont consacrées surtout à la
19 diffusion d'émissions d'actualités et d'information.
20 26 Les émissions d'information servent
21 directement les personnes aînées qui n'ont pas les
22 connaissances de base en français ou en anglais.
23 Lorsqu'il y a des changements sociaux, politiques ou
24 économiques, le seul moyen pour eux d'être informés est
25 justement la télévision italienne.
StenoTran
7
1 27 Deuxièmement, à cause du manque de
2 ressources financières et humaines chez Rete Italia,
3 les émissions d'actualités ou culturelles sont mises de
4 côté. Présentement il n'y a qu'une seule émission qui
5 touche les jeunes adultes mais elle sera probablement
6 retirée de l'antenne. Le manque de qualité dans la
7 réalisation du programme en question fait que les gens
8 ne sont pas portés à la regarder. Pourtant, ces jeunes
9 sont les premiers à vouloir s'impliquer dans le
10 développement des médias interculturels.
11 28 À ce propos, il y a des programmes
12 d'études, tant au niveau secondaire, professionnel
13 qu'universitaire, qui visent le développement
14 multi-ethnique, et plusieurs de ces jeunes ont laissé
15 entendre aux dirigeants de Rete Italia leur volonté de
16 vouloir s'impliquer dans la réalisation d'émissions
17 culturelles. Encore une fois, à cause du manque de
18 ressources financières, leurs projets doivent être
19 bloqués.
20 29 En troisième lieu, la télévision
21 italienne cherche à promouvoir la langue et la culture
22 italiennes vis-à-vis les autres communautés ethniques.
23 Elle cherche à faire connaître l'héritage culturel
24 italien et à briser les stéréotypes qui sont trop
25 souvent reliés ou associés aux Italiens. La communauté
StenoTran
8
1 italienne est une partie intégrante de Montréal; donc,
2 pour faciliter l'intégration des immigrants, il nous
3 faut montrer qui nous sommes et d'où nous venons.
4 30 Bref, nous ne sommes pas ici
5 aujourd'hui pour nous plaindre ou pour blâmer quelqu'un
6 en particulier. Nous voulons tout simplement
7 sensibiliser les gens sur les conséquences futures de
8 la restructuration qui est prévue à la télévision
9 ethnique. Nous n'avons pas de solution miracle mais
10 nous croyons que si le gouvernement pouvait allouer des
11 subventions ou faire en sorte d'obtenir des prêts bien
12 définis visant au développement des médias
13 multi-ethniques, cela faciliterait la tâche. Aussi,
14 grâce à ces subventions, les divers projets proposés
15 par les jeunes de Montréal pourraient finalement être
16 mis de l'avant. Les ressources humaines seraient
17 comblées et, avec les subventions, la qualité des
18 émissions serait nettement améliorée.
19 31 En conclusion, les besoins des
20 communautés francophones et anglophones sont amplement
21 comblés par les autres chaînes télévisées. De diminuer
22 les heures d'antenne accordées à l'unique télévision
23 ethnique de Montréal va à l'encontre de son
24 multiculturalisme. Organiser des activités sociales
25 pour faire connaître les immigrants de Montréal n'est
StenoTran
9
1 plus suffisant.
2 32 Merci.
3 33 LA PRÉSIDENTE: Merci, madame.
4 34 Madame Pennefather va vous poser une
5 question.
6 35 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Bonjour,
7 madame, et bienvenue.
8 36 Mme BRACAGLIA: Bonjour.
9 37 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Vous avez
10 dit au début que vous étiez représentante du côté
11 jeunesse.
12 38 Mme BRACAGLIA: Oui.
13 39 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Si j'ai
14 bien compris, vous avez mis beaucoup d'emphase sur la
15 programmation destinée aux adultes et surtout les
16 adultes plus âgés.
17 40 Pourriez-vous nous parler un peu plus
18 des intérêts et besoins des jeunes en termes de la
19 programmation ethnique, surtout pour la communauté
20 italienne mais d'une façon plus large aussi?
21 41 Mme BRACAGLIA: De façon plus large,
22 il y a plusieurs émissions d'information pour les
23 aînés, qui sont destinées seulement aux aînés. Pour
24 les jeunes, le fait de connaître leur culture, leurs
25 origines, bien que cela soit présent déjà en famille ou
StenoTran
10
1 avec la communauté même, ce n'est plus suffisant car
2 les jeunes ne connaissent pas leurs origines.
3 42 C'est bien beau de dire que nous
4 sommes tous une communauté canadienne, nous sommes tous
5 des Canadiens. Par contre, il y a ce besoin chez les
6 jeunes de vouloir appartenir, vouloir connaître d'où
7 viennent leurs parents. Quand je dis des émissions
8 culturelles, ce n'est pas nécessairement des shows
9 télévisés ou des spectacles de musique ou quoi que ce
10 soit, c'est vraiment de savoir, les autres, d'où ils
11 viennent.
12 43 Moi-même ayant été dans une école
13 multi-ethnique, le fait de pouvoir regarder une
14 émission ou un poste télévisé où il est montré des
15 amis, leurs origines, de quel pays ils viennent, leurs
16 traditions, leurs moeurs facilite les échanges,
17 facilite le fait de pouvoir se connaître.
18 44 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Alors c'est
19 ce genre de programmation qui est pour vous la priorité
20 pour la programmation ethnique au Canada?
21 45 Mme BRACAGLIA: Présentement, oui.
22 Présentement, oui.
23 46 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Dans
24 l'ensemble, est-ce que la programmation ethnique sert
25 les besoins de tous les groupes au Canada? Est-ce que
StenoTran
11
1 vous avez un commentaire sur la politique en général?
2 Est-ce qu'il y en a assez? Est-ce qu'il y a le type de
3 programmation qu'on va vouloir?
4 47 Mme BRACAGLIA: Notre position
5 présentement est que, non, ce n'est pas suffisant. Je
6 ne parle pas uniquement de la télévision italienne. Je
7 sais que 12 heures par semaine, c'est déjà beaucoup
8 pour nous, mais je sais que pour d'autres groupes
9 ethniques ils en ont encore moins. Donc c'est évident
10 que ce n'est pas suffisant, surtout en sachant que,
11 surtout pour les personnes qui ont déjà des
12 connaissances en anglais ou en français, ils ont déjà
13 la chance que leurs besoins peuvent être déjà assouvis
14 ou servis avec les autres chaînes télévisées de
15 Montréal, et il y en a plusieurs.
16 48 Donc, avec la seule télévision
17 ethnique de Montréal, qui est CJNT, le nombre d'heures
18 n'est pas suffisant et les besoin ne sont pas comblés,
19 tant pour les aînés que pour les jeunes.
20 49 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci,
21 madame.
22 50 Mme BRACAGLIA: Merci.
23 51 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci,
24 Madame la Présidente.
25 52 LA PRÉSIDENTE: Merci, Madame
StenoTran
12
1 Bracaglia.
2 53 Madame la Secrétaire.
3 54 Mme AUDET: Merci.
4 55 Nous entendrons maintenant le
5 deuxième intervenant, représenté par Me Maurice Trudeau
6 et Me Annie Lajeunesse. Il s'agit de Remstar
7 Télévision International.
8 56 Maître Trudeau.
9 57 Me TRUDEAU: Bonjour.
10 58 LA PRÉSIDENTE: Bonjour.
11 PRÉSENTATION / PRESENTATION
12 59 Me TRUDEAU: Je suis ici, tel qu'il a
13 été mentionné, en tant que représentant d'entreprise
14 intéressée au domaine de la radiodiffusion, notamment à
15 caractère ethnique et multilingue. Après avoir pris
16 connaissance de l'avis du CRTC en matière de révision
17 de la politique quant à la programmation multilingue à
18 caractère ethnique, notre première observation est à
19 l'effet que toute révision semblable doit s'appuyer sur
20 le concept du multiculturalisme canadien, qui est un
21 concept propre au Canada et qui a déjà été développé il
22 y a maintenant près de 30 ans. Ça doit également
23 refléter la présence croissante des citoyens canadiens
24 d'origines diverses, tel que mentionné dans la
25 documentation, où on note une croissance au cours des
StenoTran
13
1 dernières années en matière d'immigration.
2 60 Quant à la situation à Montréal --
3 parce que c'est surtout le Québec qu'on connaît comme
4 milieu -- dans la région de Montréal on note
5 effectivement une augmentation démographique importante
6 en matière de communautés culturelles et, comme
7 corollaire, une baisse d'émissions à caractère ethnique
8 produites localement et reflétant les communautés dans
9 leur nouvelle réalité sociale. À cet égard, nous
10 considérons que le citoyen canadien d'origine ethnique,
11 qu'il soit de première génération mais encore plus pour
12 les générations suivantes, désire intégrer sa culture
13 et sa langue dans la réalité sociale québécoise et
14 canadienne.
15 1615
16 61 C'est pourquoi nous considérons qu'un
17 tel citoyen est plus préoccupé par les réalités de sa
18 communauté au sein de son environnement immédiat que
19 par rapport à son pays d'origine, et ce, tout en
20 conservant sa langue et sa culture dans la lignée du
21 concept du multiculturalisme canadien, d'où
22 l'importance, quant à nous, de favoriser la production
23 locale montréalaise -- ou québécoise, ça peut s'étendre
24 à d'autres régions -- soit l'environnement immédiat de
25 la clientèle première qui est visée; de limiter -- non
StenoTran
14
1 pas prohiber, mais une forme d'encadrement --
2 l'importation d'émissions de d'autres parties du Canada
3 ou de l'étrange tout en gardant une ouverture sur le
4 monde.
5 62 Les diffuseurs conventionnels
6 diffusent bon nombre d'émissions, soit de reportages ou
7 d'affaires sociales, qui se rapportent à
8 l'environnement mondial. Une télévision ethnique
9 devrait conserver ce genre de vocation par
10 l'importation d'émissions mais tout en privilégiant une
11 programmation nationale et, dans bien des cas, propres
12 à la région.
13 63 Ça, c'est normal, parce que chacune
14 des régions du Canada -- et je vais y venir plus
15 tard -- a une spécificité propre en matière d'ethnies,
16 de groupes culturels qu'on y retrouve. Juste pour
17 ouvrir une parenthèse, la région de Montréal regroupe
18 beaucoup plus de communautés européennes, que ce soit
19 italienne, grecque, portugaise ou autres, probablement
20 à cause d'une influence... les sociologues diront
21 religieuse dans le temps; l'intégration était plus
22 facile, alors que des régions comme Toronto ou
23 Vancouver vont compter de plus grandes proportions de
24 communautés venant d'Asie.
25 64 En tant que groupe, notre vision de
StenoTran
15
1 l'extérieur de la programmation présentement offerte à
2 Montréal, nous considérons que ce qui est en ondes et
3 qu'on peut voir présentement, tant en matière de
4 télévision spécialisée qu'en matière de télévision
5 conventionnelle, ne rencontre pas ces concepts de base
6 dont on vient de parler alors que l'ancienne
7 programmation qu'on retrouvait au canal 24 de Vidéotron
8 il y a quelques années rencontrait ces impératifs de
9 programmation locale mais ne rencontrait pas, d'un
10 autre côté, la question de l'ouverture sur le monde,
11 qui est aussi bénéfique pour les Canadiens tant
12 d'origine française qu'anglaise.
13 65 Compte tenu de la croissance
14 démographique dont on a parlé tantôt, il est à
15 souligner que d'après certaines études la population de
16 la ville de Montréal sera composée à 50 pour cent de
17 communautés autres que les communautés francophone et
18 anglophone de base. De la part des immigrants
19 investisseurs, phénomène qui a été plus répandu au
20 cours des cinq, six dernières années, et du sens de
21 l'entreprenariat au sein des communautés -- on n'a qu'à
22 regarder le développement des entreprises, des
23 commerces qui sont opérés par des gens de diverses
24 cultures, la réalité économique et propre à la région
25 de Montréal en matière ethnique présente déjà un
StenoTran
16
1 potentiel pour le développement économique de toute
2 station de télévision à caractère culturel.
3 66 Il ne faut pas oublier que, comme on
4 vient de le mentionner, la population montréalaise qui,
5 dans un avenir très proche, va compter près de la
6 moitié de gens d'origines diverses, n'est desservie en
7 fait que par un seul poste de télévision actuellement,
8 alors que l'autre moitié -- et c'est sûr que ça englobe
9 les banlieues, c'est sûr que ça englobe un plus grand
10 rayonnement -- est déjà desservie par quatre
11 télévisions françaises et trois télévisions anglaises.
12 67 Tout ça pour dire que la publicité
13 strictement provenant du domaine ethnique peut
14 supporter amplement tout poste de télévision qui aurait
15 une vocation essentiellement ethnique. Déjà des
16 journaux locaux, des hebdos régionaux à caractère
17 ethnique survivent parfaitement bien et sont à profit;
18 en matière de radiodiffusion, la même chose peut être
19 faite. Ce qui est vrai pour les annonceurs locaux sera
20 également vrai pour les annonceurs nationaux, qui ne
21 peuvent ignorer la réalité démographique d'une région.
22 68 Il s'agit donc d'une question, selon
23 nous, de marketing pour assurer la viabilité d'une
24 station de télévision comme on retrouve dans des
25 régions comme Montréal et Toronto, à caractère
StenoTran
17
1 ethnique, et non pas d'importation d'émissions ou de
2 diversification de la programmation.
3 69 Dans la documentation était
4 mentionné, comme forme alternative de communication
5 avec les groupes ethniques, Internet. Internet est un
6 mode qui est véhiculé beaucoup, sauf que dans sa forme
7 actuelle, et si on vise une réforme qui peut être en
8 place pour, je ne sais pas, les dix prochaines années,
9 Internet, c'est un mode qui est limité en raison de
10 l'informatisation dans les foyers qui est limitée, en
11 raison de l'accès restreint à l'Internet et en raison
12 de certaines difficultés d'accès pour des non-initiés.
13 70 Tout ça pour dire que, à ce chapitre,
14 la politique canadienne doit encourager la production
15 canadienne d'émissions à caractère ethnique et, au
16 surplus, tendre à développer une production à caractère
17 local.
18 71 Plus particulièrement au niveau des
19 types d'émissions dont il a été fait mention il
20 pourrait être utile de prévoir une catégorie orientée
21 tant vers les Canadiens d'origine anglaise que
22 française et visant à faire connaître la mosaïque
23 culturelle canadienne. De tels types de programmation
24 pourraient également être diffusés par d'autres
25 diffuseurs conventionnels qui pourraient en faire
StenoTran
18
1 l'acquisition.
2 72 Sans être un expert au niveau des
3 types E d'émissions de télévision ou à caractère plus
4 général, nous sommes d'avis que de façon générale ça ne
5 saurait servir adéquatement la télévision ethnique en
6 ce que, si les stations ne sont pas centrées sur
7 l'aspect propre aux communautés ethniques, ces
8 dernières regarderont d'autres canaux, comme ceux qui
9 sont disponibles sur l'éventail du câble ou des autres
10 technologies croissantes dans le marché. Si on n'offre
11 pas un produit ciblé les gens vont se diversifier, et
12 l'auditoire va être dilué par une forme de moyens
13 d'audition qui sont en place.
14 73 De là nous soumettons, bien que la
15 télévision ethnique soit conventionnelle dans sa forme,
16 elle doit se spécialiser pour rencontrer les besoins
17 d'un marché spécifique et non pas spécialisé aux termes
18 de canaux spécialisés, une telle spécialisation étant
19 de nature à attirer tant l'auditoire que les
20 annonceurs.
21 74 En corollaire, cependant, les
22 diffuseurs plus conventionnels devraient se voir
23 imposer certaines restrictions peut-être plus grandes
24 que le 10 pour cent actuel en matière d'émissions de
25 types A à D.
StenoTran
19
1 75 Quant au contenu canadien, je vous
2 soumets qu'il doit comporter une grande part de
3 production locale pour assurer la survie économique
4 parce que, selon nous, la commandite ou les annonceurs
5 ne seront pas portés à annoncer sur une programmation
6 qui vient de l'extérieur de la région et qui ne
7 rencontre pas directement les objectifs de l'auditoire.
8 76 Compte tenu de la croissance des
9 dernières années dans l'immigration, les normes
10 ordinaires et actuelles devraient être maintenues, le
11 60 et 50 pour cent en matière de programmation
12 canadienne, pour un certain temps à tout le moins,
13 permettant ainsi un lien pour les nouveaux arrivants
14 avec leur pays d'origine, donc permettre l'importation
15 de certaines émissions, une telle programmation émanant
16 du pays d'origine, sans que cela fasse l'objet d'une
17 réglementation précise quant au contenu de
18 l'importation de la programmation étrangère.
19 77 Mme AUDET: Maître Trudeau, est-ce que
20 je peux vous demander de conclure?
21 78 Me TRUDEAU: Oui, j'achève.
22 79 Donc, d'une façon plus générale, ce
23 qu'on voulait vous exposer, c'est une vision de la
24 télévision ethnique dans la grande région de Montréal,
25 une vision qui fasse en sorte que la télévision
StenoTran
20
1 ethnique, tout en étant un médium qui doit répondre aux
2 besoins télévisuels dans une langue autre que le
3 français et l'anglais, doit également être un mode de
4 rapprochement et de compréhension entre les communautés
5 tout en étant un véhicule, une entreprise qui doit
6 assurer sa rentabilité et qui doit voir à son succès
7 financier pour demeurer.
8 80 Nous aurons certainement l'occasion
9 de soumettre de plus amples commentaires dans des notes
10 écrites pour expliciter notre position.
11 81 LA PRÉSIDENTE: Maître Trudeau, on
12 vous remercie de votre intervention.
13 82 Avant de prendre le troisième
14 intervenant j'aimerais souligne qu'il reste quelques
15 chaises ici, à l'avant, pour ceux qui sont debout
16 presque à l'extérieur de la salle ou carrément à
17 l'extérieur de la salle.
18 83 Vous pouvez également vous
19 débarrasser de vos manteaux en les accrochant sur le
20 mur.
21 --- Courte pause / Short pause
22 84 Mme AUDET: Notre troisième
23 intervenant est M. Bertrand Roux.
24 85 Monsieur Roux.
25 PRÉSENTATION / PRESENTATION
StenoTran
21
1 86 M. ROUX: Bonjour.
2 87 Je travaille depuis une douzaine
3 d'années dans le domaine de la radio, principalement
4 les radios communautaires, CIBL-FM, où durant 10 ans
5 j'ai été employé salarié; la deuxième partie, je l'ai
6 fait comme directeur de la programmation et ensuite
7 directeur général. Je travaille maintenant pour la
8 radio française de Radio-Canada.
9 88 Tout d'abord, bravo pour cette
10 consultation-là. C'est une très bonne initiative et un
11 bon timing, comme on dit en latin.
12 89 LA PRÉSIDENTE: Vous avez sûrement
13 écouté l'échange de propos entre Mme Wylie et M. Bureau
14 sur les canaux spécialisés...
15 90 M. ROUX: Non.
16 91 LA PRÉSIDENTE: ... le timing en
17 latin.
18 92 M. ROUX: D'accord.
19 93 J'ai pu bénéficier à CIBL-FM des
20 exemptions qu'il y a pour les émissions à caractère
21 ethnique; on parle d'augmentation de temps
22 publicitaire, on parle aussi de quotas canadiens moins
23 élevés afin de permettre la production. Donc, à ce
24 niveau-là, le travail est bien fait, la réglementation
25 est adéquate en ce qui concerne la radio, les émissions
StenoTran
22
1 à caractère ethnique.
2 94 Maintenant, dans la radio générale,
3 c'est là que le bât blesse. Je trouve ça assez
4 difficile de pouvoir présente sur les ondes d'une
5 station francophone au Québec des musiques qui
6 proviennent de musiciens de souche autre que
7 britannique ou française, pour utilise un peu le terme
8 qui est utilisé par Statistiques Canada. On est
9 vraiment pénalisés, et je le déplore.
10 95 Comment voulez-vous qu'on puisse
11 intégrer des membres de la communauté espagnole, des
12 membres de la communauté africaine? On nous incite à
13 le faire, on en parle, mais lorsqu'il est temps de
14 diffuser une pièce, à ce moment-là on est
15 automatiquement pénalisés. On pourrait passer du Pink
16 Floyd au lieu de Rashid Taha (ph) et c'est exactement
17 le même résultat dans la compilation, et je le déplore.
18 1630
19 96 Qu'est-ce que le Conseil peut faire
20 pour permettre l'émergence de ces talents-là, de ces
21 courants musicaux qui ne s'inscrivent pas dans la
22 catégorie jazz, qui ne s'inscrivent pas dans la
23 catégorie vieux blues, qui sont une musique populaire,
24 certes, mais qui ne fait aucun palmarès en Amérique du
25 Nord? Je me demande bien qu'est-ce qu'on va faire dans
StenoTran
23
1 les prochaines années. Est-ce que le Conseil va être
2 ouvert à changer sa réglementation en ce qui concerne
3 la catégorie 3, donc catégorie qu'on appelle dans le
4 glossaire musique traditionnelle et pour auditoire
5 spécialisé, qui pourrait être une sortie et qui nous
6 permettrait, nous, gens de radio, de pouvoir diffuser
7 ces pièces-là sans dire: "Mon Dieu, j'ai passé un
8 Rashid Taha cette semaine, c'est la catastrophe, il va
9 falloir que je passe énormément de matériel francophone
10 canadien pour venir appuyer mon Rashid Taha que j'ai eu
11 le malheur de diffuser", ce qui est dommage.
12 97 Récemment je discutais avec des gens
13 de chez Archambault Musique. La section musique
14 internationale pour la première fois cette année est
15 maintenant plus grosse, plus importante que les
16 sections jazz et blues réunies. Autre exemple: Quand
17 quelqu'un demande "Je veux avoir de la musique, quelque
18 chose qui bouge, le nouveau courant" et il est dans la
19 section pop, on dit: "Je suis désolé, mais ce n'est
20 pas dans la section pop que vous allez trouver les
21 nouveaux courants musicaux, que vous allez trouver
22 quelque chose d'original." On envoie la personne dans
23 la section musique internationale.
24 98 Ce n'est pas du stock britannique, ce
25 n'est pas du stock populaire européen, ce n'est pas
StenoTran
24
1 Étienne Daho (ph), non, non; ce sont des formations peu
2 connues et qui sont hybrides. C'est entre le
3 traditionnel local et une fusion de musique
4 contemporaine. C'est extrêmement délicat.
5 99 Je vous inviterais à écouter à un
6 moment donné l'émission "Macadam Tribut" (ph) sur la
7 première chaîne de Radio-Canada en soirée, à 20 h 00,
8 pour découvrir la difficulté qu'on peut avoir quand on
9 veut diffuser ce matériel-là, comment on doit le
10 négocier. Il reste une petite place actuellement dans
11 la catégorie 3 -- j'ai parlé avec des auditeurs du
12 Conseil à quelques reprises -- où on joue la carte du
13 traditionnel, mais le world beat n'est pas catalogué en
14 musique pour auditoire spécialisé, il est catalogué en
15 musique pop.
16 100 On peut comprendre certaines pièces
17 de world beat d'être en pop, mais la grande majorité...
18 Yusso Endour (ph), c'est africain, ça, et ça a les
19 rythmes africains, sauf que c'est enregistré dans un
20 studio européen qui sonne bien. Encore une fois, je
21 pourrais mettre Michael Jackson... idem; en termes de
22 quotas, pour moi, ça revient exactement au même. On ne
23 fait pas la distinction. Des fois, on dit que la
24 justice est aveugle. Actuellement il faudrait
25 peut-être mettre la lumière sur la catégorie 3 et
StenoTran
25
1 permettre aux radiodiffuseurs qui le désirent de
2 pouvoir en diffuser.
3 101 Évidemment -- et je termine
4 là-dessus -- il y a des gens qui pourraient en profiter
5 pour mettre "I Shot the Sheriff" et dire: "Voilà,
6 c'est un reggae traditionnel jamaïquain". Je comprends
7 qu'il y a ce danger-là, mais, si on ne bouge pas, on va
8 être obligés de cantonner les différents artistes des
9 groupes ethniques dans des émissions à caractère
10 spécialisé.
11 102 Le multiculturalisme canadien... au
12 Québec on parle d'interculturalisme. C'est un échange.
13 C'est que, sur une plate-forme qui est pourtant
14 francophone, on puisse aller mettre des pièces qui vont
15 intéresser des gens de d'autres origines et qui ne
16 seront pas cantonnés uniquement à écouter Ronnie
17 Dee (ph) à CIBL ou autre.
18 103 Voilà. Je pense que c'est tout.
19 104 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Bonjour.
20 105 M. ROUX: Bonjour.
21 106 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci
22 d'être là avec nous aujourd'hui.
23 107 En fait, je voulais vous demander si
24 vous avez d'autres suggestions en termes de la présence
25 de musique à caractère ethnique sur la radio. Vous
StenoTran
26
1 parlez de la radio généraliste; c'est ça?
2 108 M. ROUX: Voilà.
3 109 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Mais est-ce
4 que vous trouvez qu'il y a toujours un rôle pour la
5 radio campus et communautaire là-dedans?
6 110 M. ROUX: Tout à fait. À vrai dire,
7 même, on pourrait distinguer les radios commerciales
8 des stations non commerciales, c'est-à-dire
9 communautaires, campus et d'État, qui, par tradition,
10 par le fait aussi qu'il y a moins une recherche
11 mercantile et que souvent ce sont des gens qui ont une
12 foi inébranlable dans le médium; j'aurais tendance à
13 leur faire plus confiance pour une application plus
14 raisonnable de la musique du monde mais en catégorie 3.
15 Je ne crois pas que, ni à Radio-Canada, ni à CIBL, on
16 mettrait "I Shot the Sheriff" en catégorie 3.
17 111 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Est-ce que
18 vous avez d'autres suggestions pour supporter le
19 financement à la promotion de la musique à caractère
20 ethnique? On mentionne dans l'avis public, à titre
21 d'exemple, des mécanismes de financement comme FACTOR
22 et MusicAction. Est-ce que vous avez d'autres
23 suggestions?
24 112 M. ROUX: Non. J'ai siégé comme
25 membre de jury à MusicAction et FACTOR. Il ne faut pas
StenoTran
27
1 se le cacher, c'est l'industrie qui est en arrière et
2 qui va... et je joue le jeu là-dedans. Je me rappelle
3 de l'album de Lara Fabian bien avant qu'il connaisse le
4 succès. On s'était assurés qu'il y avait les bons
5 agents, la bonne promo, et caetera, et caetera.
6 113 La musique à caractère ethnique ou en
7 provenance de différentes communautés existe, elle est
8 là. Lasadesela (ph), c'est maintenant canadien. C'est
9 en espagnol. Ça respecte le style traditionnel, les
10 arrangements. À ce moment-là, si on la laisse en
11 catégorie 2, elle ne passera pas; elle va passer très
12 rarement. Si elle est en catégorie 3... je rappelle
13 que les règlements sont nettement différents entre la
14 catégorie 2 qui applique le vocal et la catégorie 3 qui
15 ne l'applique pas. Il y a aussi les quotas canadiens
16 qui sont moins élevés dans la catégorie 3 que dans la
17 catégorie 2 mais qui sont là quand même. Ils existent.
18 On ne pourrait pas exclure nos Canadiens de différentes
19 souches, ce serait une bêtise. Donc c'est en la
20 diffusant qu'on va mieux la promouvoir.
21 114 Je vais reprendre l'exemple de Rashid
22 Taha, qui était ici aux Francofolies et qui était au
23 Festival d'été de Québec. J'ai été surpris de voir
24 qu'il a été capable d'attirer 35 000 personnes. J'ai
25 dit: Mais comment il fait -- à Québec, c'était
StenoTran
28
1 rempli -- parce que cette musique-là n'est pas
2 diffusée. Imaginez.
3 115 Lui, dans son cas, il y a eu une
4 carte de séjour qui l'a précédé, mais il y a combien
5 d'autres artistes que les "bookeurs" ne seront pas
6 intéressés à présenter dans leurs festivals ou dans
7 leurs salles parce qu'ils ne sont pas connus, et
8 pourtant ils ont énormément de talent. Ils vont venir
9 nourrir, aussi, les artistes canadiens, parce qu'on en
10 a besoin, de la diversification, et c'est un
11 enrichissement que de pouvoir diffuser ces gens-là.
12 Mais je vous jure qu'au moment où on se parle, si on
13 fait ça, comme radiodiffuseur, on est dans l'eau
14 chaude, pour ne pas dire bouillante.
15 116 C'est un de mes dossiers à
16 Radio-Canada, je compile les rapports d'utilisation de
17 musique sur une base hebdomadaire, et de voir la
18 volonté des réalisateurs et des réalisatrices de
19 diffuser ce matériel-là et de ne pas pouvoir le faire
20 entre six heures le matin et minuit le soir, c'est à
21 pleurer. C'est pour ça que j'étais content de voir
22 qu'il y avait cette Commission-là.
23 117 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci.
24 118 Merci, Madame la Présidente.
25 119 LA PRÉSIDENTE: Merci.
StenoTran
29
1 120 Merci, monsieur.
2 121 Mme AUDET: En quatrième lieu, our
3 fourth intervener is Mr. Milton Winston.
4 122 Mr. Winston.
5 PRESENTATION / PRÉSENTATION
6 123 MR. WINSTON: I am going to stick to
7 my script because I notice there is a restriction of 10
8 minutes that appears to be quite solid.
9 124 Madam Chairperson, I want to thank
10 the Commission for allowing me to give my suggestions
11 and advance opinions in the area of ethnic
12 multicultural television productions. My name is
13 Milton Winston. I have been directly involved for
14 approximately 25 years in producing Jewish television
15 ethnic programs on cable in the Montreal area. I have
16 been President of three ethnic community producers
17 associations, Association des groupes ethniques de
18 télévision du Québec, Productions médias ethniques,
19 PME, and lastly Télévision ethnique du Québec, TEQ,
20 which was an advisory committee to both CF Cable TV and
21 Videotron. I helped organize an international
22 association of Jewish radio and television producers,
23 of which I was elected the first President.
24 125 I have been before you in various
25 CRTC hearings in Hull and Montreal to advance ethnic
StenoTran
30
1 television. I have met with various members of the
2 CRTC to work on special problems, dealing with the type
3 of limited advertising on Cable TV Channel 24 for TEQ
4 producers.
5 126 I have chaired hundreds of hours with
6 TEQ producers, attempting to deal with their needs and
7 the CRTC regulations. I feel privileged to have been
8 the President and working with the former TEQ
9 producers. My sympathy has always been with them, who
10 have devoted hundreds of hours and years of their
11 energy and time to service their communities, many of
12 them on a non-profit basis.
13 127 Lastly, I was the President and
14 applicant for CTEQ Television Inc., which received a
15 Montreal ethnic multicultural TV licence, Decision CRTC
16 95-569. It was an effort to resolve problems which TEQ
17 had with the cable stations, the CRTC and approximately
18 its 50 producers. It had hoped that the commercial
19 licence would resolve it.
20 128 To date, I have filed an intervention
21 against the application of CF Television to purchase 50
22 per cent of the shares in the holding company of CTEQ
23 Television with a request to reduce the number of hours
24 for ethnic television, 40 per cent non-Canadian English
25 programs, mostly in prime time -- Public Notice CRTC
StenoTran
31
1 1998-112-1. I believe this request cuts at the heart
2 of ethnic television.
3 129 MR. BLAIS: Mr. Winston, as the Chair
4 mentioned earlier, we are really not here to discuss
5 applications that are already --
6 130 MR. WINSTON: No, I am giving an
7 overview of what I think of the television and the
8 questions dealing with multiculturalism. If you find
9 that you don't want to hear more, you just knock me
10 off.
11 131 MR. BLAIS: No, we do want to hear
12 you more on the broad policy issue. I just ask you to
13 keep away from particular applications that are pending
14 before the Commission.
15 132 MR. WINSTON: Okay, but I will
16 explain why I can't keep away from it. It is because,
17 in the Montreal area, that is the issue,
18 multiculturalism and the multicultural TV station.
19 Without it, we wouldn't be here -- in this area. We
20 may be in Winnipeg, we may be in Toronto, we may be
21 elsewhere, but we wouldn't have been here except for
22 Cable Channel 24. So you cut me down again if I get
23 into it, okay, because you are the ones, I am only
24 reporting to you.
25 133 If CF Television wanted to support
StenoTran
32
1 the multicultural communities, it was able to do so
2 within the CRTC guidelines. It did not have to have a
3 major shareholder of the holding company of CTEQ
4 Television flip the licence, alleging it has control of
5 the ethnic TV station at a bargain price, about a
6 million bucks, which in broadcasting costs very little.
7 CF could have made available time and TV equipment to
8 these communities. I know, business is business.
9 134 Today I would like to deal mostly
10 with the importance of Montreal and Quebec ethnicity
11 and its positive reflection in the broadcasting body
12 politic, which is the essence of the CRTC review on
13 third language and ethnic productions.
14 135 I cannot, in good conscience, relate
15 to the rest of Canada except in principle. My
16 experience is in Montreal and the province of Quebec.
17 It is my belief there should be a commercially-licensed
18 ethnic television stations which serves the ethnic
19 communities and not have 40 per cent of its scheduling
20 in mostly prime time non-ethnic in order to pay for the
21 station. If it is not viable, the CRTC should not have
22 licensed a station or should not issue a licence, or
23 they should cancel it.
24 136 In Quebec, the 40 per cent should not
25 be English American for obvious political and moral
StenoTran
33
1 reasons. In Quebec the ethnic communities -- and I
2 have been dealing with them for 25, 30 years -- relate
3 to the French fact and want to be part of it, even if
4 their first or second language is English. They live,
5 work and socialize in this province. They are proud of
6 being Quebeckers. In Quebec, the scheduling must be
7 100 per cent for the ethnic communities.
8 137 What have I learned in my years
9 working with the ethnic communities and producers?
10 That each group has a need -- history, cultural
11 experience, background -- and have to face living in a
12 society which is dominated either by the English or
13 French society. It is an exciting and really
14 invigorating challenge.
15 138 In Montreal, look around you; take
16 the bus or metro, walk the streets and you will see the
17 face of ethnicity. This must be reflected in
18 broadcasting as a fact of life.
19 139 In the CRTC news release on December
20 28th, 1998, it states that the Commission will ask a
21 number of questions, including to what extent does the
22 present broadcasting system adequately serve Canada's
23 ethnocultural communities? I am certain that licensed
24 broadcasters will hire expensive spin doctors, legal or
25 otherwise, to give definitive answer to what they
StenoTran
34
1 believes will serve their own purposes. I suppose
2 that's normal in business, but it does not aid the CRTC
3 determining its policies. In my opinion, only the
4 ethnic communities can.
5 140 We are dealing with ethnic radio and
6 television; I am dealing with television.
7 Nevertheless, in Montreal there is a specific problem.
8 As an applicant for CTEQ Television but not part of its
9 present operating administration, nor chairman of the
10 CJNT ethnic advisory committee if it has one, as stated
11 in its licence, this station does not serve the ethnic
12 communities nor does it have any real impact. This was
13 not the case with TEQ Cable Channel 24.
14 1645
15 141 TEQ was a unique instrument for the
16 ethnic cultural communities to not only communicate
17 with their own communities but to allow the Quebec
18 society to obtain insight into different heritages
19 other than its own. The CRTC, in good faith, granted a
20 licence to CTEQ Television to deal with the needs of
21 these communities. At this time, until a fully ethnic
22 station operates with the good faith and effort that
23 characterized TEQ, it cannot meet the hopes of the
24 communities and producers, which was the motor that
25 drove Cable Channel 24 TEQ and all those who supported
StenoTran
35
1 the CJNT application.
2 142 The ethnic experiment in broadcasting
3 in Montreal is on the brink, in my opinion, of disaster
4 unless a new approach to its operation and ownership
5 with a sensitive administration and a new vision comes
6 forward. It is my hope that the CRTC is looking at
7 this issue. The ethnic TV station in Montreal must not
8 resemble that in Toronto. It is a different city, a
9 different society. That is why I believe it is
10 difficult to answer the question set out by the CRTC in
11 a straightforward and intelligent manner.
12 143 The CRTC Broadcasting Policy
13 supported the ethnocultural communities, as reflected
14 in its Public Notice CRTC 1985-139; it recognized
15 Canadians represent a diversity of cultural, religious,
16 racist and ethnic origins, other than Canada's native
17 peoples and those from France and British Isles.
18 Development of broadcasting services that reflect the
19 cultural and linguistic plurality is an essential part
20 of the Canadian social structure.
21 144 The CRTC, at the licensing of CTEQ
22 Television in Montreal, in its wisdom, and with the
23 belief it had resolved the needs of the ethnic
24 communities, prematurely decided to allow the Montreal
25 and Quebec cable stations to cancel Cable Channel 24
StenoTran
36
1 and not replace it with another multicultural community
2 channel for a short period of time for a short time
3 after CJNT was actually on air.
4 145 Unfortunately, CJNT, as presently
5 administrated, does not live up to its raison d'être.
6 Thus, in Montreal and Quebec, the ethnic communities
7 are worse off than before the emergence of Cable
8 Channel 24 TEQ or even the local community channels.
9 Quebec is now behind other provinces reflecting its
10 diverse communities. The CRTC will have to begin anew
11 to rectify this situation if it intends to continue in
12 its positive ethnocultural policy.
13 146 The present administration of CJNT
14 was unable to establish an economic underpinning for
15 the TV station, and that has put in jeopardy the
16 confidence which Montrealers had in its potential. It
17 could not convince national local advertisers to come
18 on board. This has allowed non-Quebec broadcasters,
19 who lack sensitivity to Quebec's ethnocultural
20 communities, to attempt to pick up the pieces, hoping
21 to make a killing -- I am sorry, I put that in for your
22 benefit.
23 147 The struggle within the CTEQ board,
24 amongst one of the essential issues, is that the
25 present administration is determined to ignore its TEQ
StenoTran
37
1 origins; the other ones, which is my position, want to
2 incorporate those producers who made this station
3 possible. This act of goodwill would have brought the
4 entire cultural communities to support the enterprise.
5 This includes substantial advertisers.
6 148 It is also discouraging to note that
7 many of their productions are from Toronto ethnic TV
8 station CFMT instead of local ones. How can you have
9 local Toronto Chinese programs for a Quebec Chinese
10 program? I don't want to get into that, but I am
11 saying these are problems and I wanted to do the
12 overall.
13 149 The CRTC stated they intend to
14 revisit these policies this year. I hope that it will
15 look at the Montreal-Quebec situation before altering
16 its approach, which has supported the Montreal ethnic
17 communities until recently.
18 150 I reserve my right to posit or submit
19 a written report by March 4th, 1999, and I thank you
20 very much for hearing me out.
21 151 MR. BLAIS: Certainly we were very
22 indulgent with your intervention, and the Panel may
23 decide to put less weight on some aspects because it
24 may have been outside the scope of what was the
25 appropriate area of discussion, in all fairness to
StenoTran
38
1 other parties who have a stake in this issue. You will
2 understand that as well.
3 152 MR. WINSTON: I presume I can't
4 respond to that.
5 153 MR. BLAIS: Well, the scope of the
6 proceeding was defined at the beginning by the Chair,
7 and if the Panel decides later on that some of your
8 comments were outside the scope of this proceeding,
9 there will be less weight.
10 154 MR. WINSTON: So be it.
11 155 LA PRÉSIDENTE: Merci, monsieur.
12 156 On est prêts pour le cinquième
13 intervenant.
14 157 Mme AUDET: Oui. Effectivement, nous
15 en sommes au cinquième intervenant. Our fifth
16 intervener is Mohan Raheja -- sorry for my accent --
17 producer and Dr. Ashok Kaushal, Coordinator for Hello
18 India.
19 PRESENTATION / PRÉSENTATION
20 158 MR. RAHEJA: Good afternoon. Thank
21 you very much for giving me a chance. I was also in
22 Hull in 1995 to intervene about this channel, and here
23 we go again.
24 159 My name is Mohan Raheja, working in
25 this field for the last 35 years and also working on
StenoTran
39
1 Channel 24 TEQ for the last 30 years. Since 1997 I was
2 off the air and I lost my bread and butter. Thanks.
3 160 Mr. Milton stole my script, what I
4 wanted to say, but anyway, I just want to express that
5 in your paper it says that 33 per cent of the ethnic
6 cultural society is in Toronto and 11 per cent is here
7 in Montreal. I just want you not to compare Toronto to
8 Montreal. Montreal has a different diversity and
9 Toronto is different.
10 161 We are going to expand, though I am
11 off the air, but I am still working as an ethnic and I
12 won't give up just like that.
13 162 I want you to look at it in the broad
14 way of putting these ethnic programs instead of cutting
15 off because within five to ten years, if you people
16 don't look after that thing, the ethnocultural will die
17 down.
18 163 It is a matter of understanding what
19 is Montreal and Quebec. Do we have it all in Quebec
20 society as a Quebecker? Can we allow our own culture,
21 our own ethnicity to grow and progress in Quebec
22 society, along with the Quebec community?
23 164 We have cross-culture and
24 interculture problems in Quebec society that is purely
25 because of ignorance and phobia created by other media.
StenoTran
40
1 We have to survive to show the reality. That's the
2 only way we can get into the mainstream.
3 165 I just would like to request -- we
4 are sending you by mail some of the questions in the
5 papers. You will get it by mail.
6 166 That's all I wanted to stress:
7 Please, look at it in the broad way, and in Quebec, not
8 in Toronto, what we can grow here as ethnic cultures.
9 167 Thank you very much.
10 168 COMMISSIONER PENNEFATHER: I would
11 like to ask you a question, if I may.
12 169 MR. RAHEJA: Sure, go ahead, please.
13 170 COMMISSIONER PENNEFATHER: As you
14 said very well on the broad questions that have been
15 for us all to review in this review of the ethnic
16 policy, what did you mean by getting into the
17 mainstream? I just want to be clear about what you
18 meant by that.
19 171 MR. RAHEJA: You see, in TEQ Channel
20 24 we were working very well. All the local people
21 were getting the message. Now, we cut off everything.
22 172 COMMISSIONER PENNEFATHER: Were you
23 not referring to getting into mainstream conventional
24 television? I am speaking now of the presence of
25 ethnic programming and ethnic representation in the
StenoTran
41
1 lines of the policy here.
2 173 MR. RAHEJA: No. Our representation
3 as an Indian community -- I got so many complaints that
4 the person who is in charge cannot speak in his own
5 language. That is bothering because old people cannot
6 understand English. That is a big problem. They are
7 calling me -- "What is going on in this channel?"
8 174 COMMISSIONER PENNEFATHER: All right.
9 You are talking about a specific situation. I was
10 talking about television in general in this country.
11 175 MR. RAHEJA: Well, going to the
12 broadcast channel, yes, that's the way of going into
13 the mainstream, but I want you to make it more -- not
14 cut it off, keep it more, 100 per cent ethnic channel.
15 That's what I meant.
16 176 COMMISSIONER PENNEFATHER: Thank you.
17 177 MR. RAHEJA: You are welcome.
18 178 THE CHAIRPERSON: Thank you very
19 much.
20 179 Le prochain intervenant, Madame
21 Audet.
22 180 Mme AUDET: Oui. C'est le sixième
23 intervenant, M. Pedro Querido, pour le Syndicat des
24 producteurs autonomes de la télévision ethnique du
25 Québec, mieux connu sous le nom de SPATEQ.
StenoTran
42
1 PRÉSENTATION / PRESENTATION
2 181 M. QUERIDO: Bonjour. Merci de
3 l'opportunité qu'on puisse parler devant vous.
4 182 Premièrement, laissez-moi vous
5 présenter la SPATEQ. Le Syndicat des producteurs
6 autonomes de la télévision ethnique du Québec
7 représente la majorité des producteurs de l'ancienne
8 Télévision ethnique du Québec et leur communauté
9 respective. On insiste sur les communautés car chaque
10 producteur membre de la SPATEQ a dû, grâce à des
11 pétitions, soit par lettres ou par différents
12 organismes de leur communauté démontrer clairement
13 qu'il était le représentant de ces communautés. Alors,
14 quand on vient ici devant vous, c'est non seulement
15 pour représenter les producteurs mais aussi leur
16 communauté.
17 183 Notre expertise de plus de 25 ans
18 dans le domaine télévisuel ethnique nous amène
19 aujourd'hui, en ce jour d'audiences publiques et de
20 révision de la politique du CRTC sur la programmation
21 ethnique, conjointement avec la CSN et la Fédération
22 des professionnels, qui est ici avec nous aussi, à vous
23 faire part de nos sérieuses craintes concernant la
24 capacité, avec les lois actuelles du CRTC, de desservir
25 adéquatement les communautés ethnoculturelles du Québec
StenoTran
43
1 et l'image de la langue d'usage commune au Québec dans
2 l'éventualité de la mise sur pied d'un réseau
3 pan-canadien de TV ethnique.
4 184 La politique actuelle du CRTC permet
5 qu'un canal ethnique diffuse seulement 60 pour cent de
6 son contenu à caractère ethnique et 40 pour cent de son
7 contenu d'intérêt général pouvant provenir
8 essentiellement de l'étranger, en l'occurrence des
9 États-Unis. Une demande a été faite afin que le canal
10 ethnique de Montréal se prévale de ce privilège.
11 185 Nous croyons que la révision de la
12 politique générale aura un impact direct sur la
13 décision que le CRTC prendra sur cette demande et nous
14 sommes d'avis qu'une telle politique ne doit pas
15 s'appliquer au Québec et y causera même des effets
16 désastreux pour le maintien de la spécificité des
17 communautés ethnoculturelles du Québec et pour le
18 message véhiculé quant à la langue commune.
19 186 Je vais laisser M. Tremblay, après,
20 expliquer pourquoi exactement, le détail; c'est lui qui
21 a la base du contenu. J'aimerais juste dire qu'à cause
22 de cette politique-là CJNT a proposé une grille-horaire
23 qui est supposée de répondre à la programmation
24 ethnique. Si on l'analyse, cette grille-horaire là, le
25 contenu ethnique va seulement prendre une place
StenoTran
44
1 marginale. En tout il y a seulement 8 pour cent durant
2 la semaine et 21 pour cent du contenu total qui est du
3 contenu ethnique original par semaine, ce qui est
4 minime pour un canal ethnique.
5 187 Me BLAIS: Monsieur Querido, comme
6 j'ai mentionné à M. Winston tout à l'heure, nous ne
7 sommes pas ici pour discuter d'une demande en
8 particulier. Par contre...
9 188 M. QUERIDO: C'était une parenthèse.
10 Je vais continuer en dehors de...
11 189 Me BLAIS: Bien, c'était une
12 parenthèse... peut-être, si vous voulez faire vos
13 commentaires, pourriez-vous les monter à un niveau plus
14 large pour adresser vraiment les grandes questions qui
15 nous préoccupent aujourd'hui, qui sont la politique en
16 général.
17 190 Je peux comprendre que vous ayez
18 peut-être des points à faire concernant la spécificité
19 du marché francophone et donc la sous-catégorie de la
20 radiodiffusion ethnoculturelle dans cette spécificité
21 dans le marché francophone; si vous le mettez dans ce
22 contexte-là, peut-être qu'on va pouvoir passer à
23 travers le problème.
24 191 M. QUERIDO: M. Tremblay va plus...
25 O.k.
StenoTran
45
1 192 Pour en revenir à la politique du
2 60-40, puisqu'il semble que la seule justification pour
3 cette politique-là est une question financière,
4 j'aimerais soumettre une solution.
5 193 Le seul moyen d'avoir une télévision
6 ethnique qui serve vraiment les intérêts des
7 communautés ethnoculturelles du Canada serait d'avoir
8 accès aux divers fonds de production gouvernementaux
9 qui présentement ne sont disponibles que pour les
10 productions canadiennes en français et en anglais.
11 194 Sans un engagement sérieux des divers
12 paliers gouvernementaux les droits fondamentaux à
13 l'information qui doivent être garantis autant par
14 l'article 3 de la Charte canadienne des droits et
15 libertés que par l'article 43 de la Charte des droits
16 et libertés de la personne du Québec ne seront pas
17 assurés.
18 195 Nous croyons qu'il est possible de
19 rentabiliser un canal et de desservir l'ensemble des
20 communautés ethnoculturelles. Si le canal ethnique du
21 Québec est présentement en difficulté, c'est parce que
22 les politiques actuelles du CRTC lui donnent tout
23 intérêt à ce qu'il le soit; une station commerciale
24 partiellement anglophone sera toujours beaucoup
25 rentable qu'une station à 100 pour cent ethnique, mais
StenoTran
46
1 seule une station à 100 pour cent ethnique pourra
2 répondre aux besoins toujours plus élevés des
3 communautés allophones.
4 1700
5 196 La SPATEQ est d'avis que la
6 radio-télédiffusion ethnique devrait être soumise aux
7 mêmes normes de contenu canadien que les autres
8 radiodiffuseurs, soit 60 pour cent pour toute la
9 journée et 50 pour cent en soirée. Avec la
10 mondialisation des communications, seul un
11 accroissement de qualité et de quantité du contenu
12 local pourra assurer une place à une station ethnique
13 dans le marché télévisuel.
14 197 Pour nous je crois qu'un des points
15 les plus importants de votre dossier, c'est par rapport
16 au réseau national ethnique.
17 198 À première vue, si les Canadiens
18 anglais et français ont un réseau national, le réflexe
19 serait de dire que les communautés ethnoculturelles
20 doivent également avoir le leur. De plus, normalement,
21 un réseau diminue les coûts et permet la diffusion de
22 certains événements qu'une station seule ne pourrait
23 pas.
24 199 Ceci étant dit, affirmer la priorité
25 et même la nécessité d'un réseau national ethnique
StenoTran
47
1 serait ne rien connaître du secteur télévisuel
2 ethnique. Deux raisons motivent notre affirmation.
3 200 Un réseau se veut, par définition,
4 une uniformalisation de la programmation. Une émission
5 réseau est une émission qui passe à la même heure dans
6 toutes les stations réseau. Si un réseau francophone
7 avait sa tête de réseau au Québec et un réseau
8 anglophone venait soit de Toronto, soit de l'ouest
9 canadien, vu que la plus grande masse de la population
10 ethnoculturelle se trouve à Toronto, il serait tout à
11 fait normal que la tête de réseau et que la majorité
12 des émissions soient diffusées de Toronto. Au Québec,
13 cela causerait un problème majeur car les communautés
14 ethniques du Québec se verraient imposer une
15 programmation majoritairement anglaise qui ne reflète
16 pas la spécificité ethnique du Québec.
17 201 La deuxième raison est que la
18 disposition ethnique n'est pas égale à travers le
19 Canada. Si à Toronto la communauté italienne est
20 nombreuse, à Vancouver, elle est minime. Si à
21 Vancouver il existe un grand nombre d'Asiatiques, à
22 Montréal, le nombre est moindre. Si à Montréal il y a
23 de grandes communautés haïtiennes et libanaises, à
24 Vancouver on peut les compter sur nos doigts. Comment
25 peut-on faire une programmation uniforme pour des
StenoTran
48
1 communautés si différentes à travers le pays?
2 202 La SPATEQ est fortement contre un
3 réseau national ethnique mais plutôt en faveur d'un
4 réseautage. La programmation locale doit toujours
5 constituer la priorité en programmation ethnique et
6 devrait même être imposée par condition de licence.
7 Chaque station devrait toujours contrôler sa
8 programmation si elle veut desservir adéquatement sa
9 clientèle spécifique.
10 203 Ça, c'était notre point de vue; nous,
11 on favorise plutôt un réseautage qu'un réseau national.
12 204 Si vous voulez nous poser certaines
13 questions...
14 205 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Oui, j'en
15 ai une.
16 206 Vous avez dit que vous vous opposez à
17 un réseau national mais vous supportez un...
18 207 M. QUERIDO: Un réseautage.
19 208 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: ...
20 réseautage.
21 209 Me BLAIS: Pouvez-vous élaborer pour
22 expliquer ce que vous voulez dire par ça?
23 210 M. QUERIDO: C'est sûr que si c'est
24 un réseau, un réseau, normalement, diffuse d'un endroit
25 et à différentes stations locales, qui ont seulement un
StenoTran
49
1 créneau, qui prennent un temps d'antenne dans certaines
2 heures durant la journée et la plupart des émissions
3 viennent par le réseau.
4 211 Nous, ce qu'on veut, ce serait plutôt
5 le contraire. Ce serait une station locale qui aurait
6 la grande majorité de programmation locale et certaines
7 émissions seraient réseau; certaines émissions
8 auxquelles normalement on ne pourrait pas avoir accès
9 seraient réseau, mais le pourcentage serait vraiment
10 minime du pourcentage d'émissions qui seraient réseau.
11 Il s'agirait d'émissions dont l'intérêt est général
12 pour toutes les villes canadiennes.
13 212 Comme j'ai dit, c'est tellement
14 différent, les communautés culturelles, d'une ville à
15 l'autre du Canada qu'on ne peut pas imaginer, si on
16 diffuse une émission haïtienne, il n'y aura aucun
17 intérêt pour les gens de Vancouver de regarder une
18 émission haïtienne, il n'y en a pas là-bas. Si on
19 pense à la programmation italienne, pour les gens de
20 Vancouver non plus... la population italienne là-bas
21 est très minime. Et c'est sûr que si c'est un réseau,
22 comme on dit, la grande crainte est que le réseau ait
23 la maison-mère à Toronto et que la majorité des
24 programmations vienne de Toronto. Là, il y a une
25 grande communauté italienne, alors probablement que ce
StenoTran
50
1 serait un gros pourcentage de programmation italienne,
2 ce qui ne conviendrait pas aux gens de Vancouver.
3 213 Nous, on dit: Gardons les stations
4 locales en grande majorité et mettons quelques
5 émissions en réseau. C'est ce qu'on appelle un
6 réseautage.
7 214 Me BLAIS: Vous n'êtes pas contre,
8 par exemple, l'échange de programmation; admettons une
9 programmation faite ici, à Montréal, pour la communauté
10 italienne disons, qu'elle pourrait être revendue ou
11 diffusée dans un autre marché qui aurait un intérêt à
12 diffuser ça.
13 215 M. QUERIDO: Non, on n'est pas contre
14 ça. Ce qu'on dit, c'est que normalement...
15 216 Me BLAIS: Est-ce que c'est ça que
16 vous voulez dire par un réseautage? C'est-à-dire que
17 les stations locales pourraient puiser dans la
18 programmation créée dans d'autres marchés si elles le
19 veulent, si ça reflète la spécificité de leur réalité
20 locale?
21 217 M. QUERIDO: D'une certaine manière,
22 oui. D'une autre manière, quand on parle de réseau,
23 quand on dit qu'une émission est une émission réseau,
24 ça veut dire qu'elle va passer dans toutes les stations
25 de ce réseau-là en même temps.
StenoTran
51
1 218 Il y a certaines émissions
2 pan-canadiennes qui pourraient passer à travers le
3 Canada en même temps, mais, comme j'ai dit, il n'y en a
4 pas tant que ça, des émissions qui conviendraient aux
5 besoins de toutes les communautés. Alors c'est ça, la
6 spécificité.
7 219 Pour survivre, la grosse partie doit
8 être en programmation locale. C'est la seule manière
9 qu'un canal ethnique peut survivre, c'est refléter
10 réellement la réalité locale de chaque ville.
11 220 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Juste parce
12 que je veux que cette idée soit claire, quels sont les
13 avantages de ce réseautage, à part l'échange de
14 programmation, dans la manière que vous décrivez serait
15 appropriée? Quel est l'avantage de ce réseau si ça
16 reste toujours des éléments très indépendants, très
17 différents?
18 221 Vous dites qu'il y a peut-être
19 possibilité d'échange de programmation. Est-ce qu'il y
20 a d'autres avantages pour que ça devienne un réseau, ou
21 même réseautage? Est-ce qu'il y a d'autres avantages à
22 faire ça?
23 222 M. QUERIDO: Comme j'ai dit, on est
24 contre un réseau; on ne veut pas que ça devienne un
25 réseau. Un réseautage... c'est sûr que pour nous le
StenoTran
52
1 facteur le plus important est qu'on veut garder
2 l'autonomie. Alors on est contre le fait du réseau
3 mais on trouve que quand même il y a certaines
4 émissions, des choses qui se passent à travers le monde
5 auxquelles on n'a pas accès si on n'a pas le pouvoir
6 d'achat de... ça reviendrait peut-être moins cher à une
7 station de Vancouver ou de Toronto de l'acheter et la
8 distribuer, faire un échange de programmes.
9 223 Je crois que ça se fait déjà en
10 partie en ce moment. Je ne verrais pas la nécessité
11 d'un réseau, qu'un réseau pourrait amener quelque chose
12 de plus qu'un accord entre les différentes stations
13 pour faire un échange. Je ne verrais pas la nécessité
14 d'un réseau.
15 224 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci.
16 225 LA PRÉSIDENTE: Alors, Monsieur
17 Querido, nous vous remercions et nous allons passer à
18 M. Tremblay, je crois.
19 226 Mme AUDET: Effectivement, le septième
20 intervenant est M. Michel Tremblay pour la Fédération
21 des professionnels de la CSN. Il comparaîtra aussi à
22 la place de Mme Lise Poulin pour la CSN.
23 PRÉSENTATION / PRESENTATION
24 227 M. TREMBLAY: Avec votre permission,
25 je mêlerais les deux présentations pour éviter de
StenoTran
53
1 couper au milieu.
2 228 Premièrement, une brève présentation
3 de la CSN et de la Fédération des professionnels.
4 229 La CSN est l'une des premières
5 organisations syndicales implantées au Québec. Elle
6 représente environ 240 000 membres répartis dans tous
7 les secteurs d'activités et dans toutes les régions du
8 Québec. Dans le secteur des communications la CSN
9 représente environ 6 000 salariés des médias écrits et
10 électroniques. La majorité de ces salariés sont
11 regroupés au sein de la Fédération nationale des
12 communications, et les producteurs membres du SPATEQ
13 sont affiliés à la Fédération des professionnels que je
14 représente. La Fédération des professionnels KTL (ph)
15 existe depuis 1964, et nous représentons présentement
16 6 000 membres dans 32 syndicats.
17 230 Dans le cadre de notre intervention,
18 nous aborderons les éléments suivants: l'importance de
19 la radiodiffusion à caractère ethnique et la nécessité
20 pour le CRTC de tenir compte davantage dans sa nouvelle
21 politique des caractéristiques particulières de la
22 société québécoise. Nous vous ferons également part de
23 notre analyse relative à la radiodiffusion ethnique au
24 Québec des dernières années, en tentant de ne pas trop
25 traverser la ligne fragile. Nous insisterons sur
StenoTran
54
1 l'importance de maintenir un cadre réglementaire devant
2 régir les activités de radiodiffusion ethnique et nous
3 tenterons de vous soumettre des propositions
4 spécifiques pour améliorer la situation actuelle
5 notamment quant au créneau québécois privilégié, soit
6 celui d'une télévision ethnique avec production locale,
7 que nous préciserons et développerons davantage dans
8 notre mémoire écrit. Nous tenterons de répondre à vos
9 questions, mais il est possible qu'on y réponde
10 davantage par écrit avant l'échéance.
11 231 Sur l'importance de la radiodiffusion
12 ethnique, il nous faut d'abord inciter le CRTC à tenir
13 compte davantage du contexte particulier de
14 l'immigration au Québec ainsi que du caractère
15 spécifique de la radiodiffusion en milieu
16 majoritairement francophone, soit au Québec.
17 232 Un bref rappel de certains faits
18 marquants. Si, dans l'ensemble du Canada, 80 pour cent
19 des immigrants arrivés au pays entre 1991 et 1996 ne
20 connaissaient ni l'anglais, ni le français, cette
21 proportion tombe, au Québec, à 42,3 pour cent; 34,9
22 pour cent connaissaient le français, 22,2 pour cent
23 connaissaient le français seulement, 22,7 pour cent
24 connaissaient l'anglais et 12,8 pour cent connaissaient
25 le français et l'anglais. Selon les données du
StenoTran
55
1 recensement de 1991, 70 pour cent de la population
2 immigrée résidant au Québec connaissait le français
3 alors que cette proportion était de 50 pour cent en
4 1971.
5 233 Rappelons aussi que l'Accord
6 Canada-Québec signé en 1991 confère au Québec la
7 maîtrise d'oeuvre dans l'accueil et l'intégration
8 linguistique, culturel et économique des nouveaux
9 arrivants. Il s'agit toujours, bien sûr, d'un domaine
10 de juridiction partagée, et les lois adoptées par les
11 provinces doivent être compatibles avec celles adoptées
12 par le gouvernement fédéral, ce qui est le cas en ce
13 qui a trait à la politique québécoise. En effet, la
14 politique d'accueil et d'intégration des immigrants du
15 Québec, basée sur un modèle d'intégration pluraliste,
16 qui reconnaît la richesse que représente la diversité
17 culturelle, qui fait de l'intégration des immigrants un
18 droit et un devoir de tous les citoyens, et qui pose
19 aussi la nécessité de développer un sentiment
20 d'appartenance autour d'un cadre civique plus largement
21 partagé, passant principalement par le partage du
22 français comme langue commune de la vie publique de la
23 société québécoise se concilie tout à fait avec la
24 Charte canadienne des droits et libertés ainsi qu'avec
25 l'article 3 de la Loi sur la radiodiffusion, qu'on va
StenoTran
56
1 citer abondamment et qui stipule notamment que la
2 radiodiffusion canadienne doit refléter la dualité
3 linguistique et le caractère multiculturel et
4 multiracial de la société canadienne. D'ailleurs, la
5 Charte des droits et libertés de la personne du Québec
6 reconnaît, à l'article 43, le droit des minorités
7 ethniques de maintenir et de faire progresser leur vie
8 culturelle.
9 234 Il est évident, par contre, que
10 l'enjeu de la pérennité du fait français doit être pris
11 sérieusement en considération dans le développement de
12 la radiodiffusion canadienne et de celle plus
13 spécifiquement à caractère ethnique. Une politique de
14 radiodiffusion à caractère ethnique doit donc viser à
15 promouvoir des services pouvant répondre à la fois aux
16 besoins et aspirations des diverses communautés
17 ethnoculturelles et viser aussi l'atteinte des
18 objectifs généraux de la Loi sur la radiodiffusion
19 ainsi que le respect de la Charte canadienne et de la
20 Charte québécoise des droits et libertés.
21 235 Pour la CSN, le maintien et le
22 développement d'un service comme le constitue la
23 télévision ethnique au Québec depuis une vingtaine
24 d'années demeure pertinent pour tenir compte de la
25 spécificité québécoise quant à l'intégration québécoise
StenoTran
57
1 des communautés ethnoculturelles. La CSN considère que
2 l'existence de services de télévision s'adressant
3 spécifiquement aux communautés ethnoculturelles
4 représente un outil fort pertinent pour favoriser
5 l'exercice des droits des personnes immigrantes et
6 répondre à leurs besoins spécifiques, et notamment pour
7 garantir le droit de ces communautés au maintien et à
8 la progression de leur vie culturelle tout en
9 facilitant leur intégration.
10 236 La télévision s'adressant
11 spécifiquement aux communautés ethnoculturelles est en
12 effet un bon instrument pour s'assurer la préservation
13 de leur langue et diffuser la vitalité et la richesse
14 de leur culture en la rendant visible, pour promouvoir
15 l'émergence et le développement de talents créateurs et
16 de leaders ici pour ces communautés, pour refléter
17 leurs difficultés et réalités de vie spécifiques
18 d'immigrants dans la société d'ici, pour garantir le
19 droit des personnes immigrantes à l'information et à la
20 participation à la vie sociale et pouvoir ainsi
21 s'intégrer plus facilement dans leur société d'accueil.
22 237 Non seulement existe-t-il une
23 proportion significative de nouveaux arrivants ne
24 connaissant ni l'anglais ni le français, mais il faut
25 considérer que le tiers -- 31 pour cent -- des
StenoTran
58
1 allophones vivant au Québec ont des capacités de
2 lecture très limitées en français et en anglais selon
3 une étude réalisée par le ministère de l'Éducation en
4 1991, ce qui signifie que pour une proportion
5 importante des personnes immigrantes la radio et tout
6 particulièrement la télévision ethniques représentent
7 un des seuls moyens leur permettant d'avoir accès aux
8 informations essentielles pour pouvoir fonctionne et
9 s'intégrer dans leur société d'accueil.
10 238 La télévision ethnique comme service
11 se doit aussi de favoriser l'appropriation et
12 l'apprentissage par les personnes immigrantes de la
13 culture publique comme une de leur société d'accueil,
14 dont la langue, la connaissance des institutions
15 démocratiques, les droits et libertés des personnes
16 ainsi que les lois et règlements régissant les rapports
17 sociaux.
18 1715
19 239 Selon la CSN, le fait de promouvoir
20 le développement de services de radiodiffusion à
21 caractère ethnique ne doit pas, par contre, contribuer
22 à déresponsabiliser les autres radiodiffuseurs de leurs
23 obligations de refléter la diversité culturelle et de
24 garantir une représentation équitable des personnes et
25 points de vue des membres des communautés
StenoTran
59
1 ethnoculturelles. Depuis quelques années la télévision
2 francophone enregistrait des progrès significatifs à
3 cet égard mais elle est encore loin d'offrir une
4 programmation permettant aux membres des communautés
5 ethnoculturelles de se reconnaître vraiment et de se
6 sentir concernées.
7 240 Sur la base des faits que nous venons
8 d'évoquer relativement à la problématique particulière
9 de la radiodiffusion à caractère ethnique au Québec,
10 sur la base aussi de l'importance que représente le
11 développement de services de radiodiffusion pour
12 répondre aux besoins des communautés ethniques et
13 favoriser leur intégration actuelle et future, la CSN
14 juge particulièrement problématique la situation
15 actuelle de la télévision à caractère ethnique au
16 Québec et se préoccupe aussi de la place encore trop
17 limitée réservée aux réalités ethnoculturelles dans
18 l'ensemble de l'offre télévisuelle québécoise.
19 241 Là, on se réfère aux questions de
20 l'avis.
21 242 En réponse à la première question, la
22 CSN considère que le système actuel de radiodiffusion
23 ne répond pas adéquatement aux besoins des communautés
24 culturelles du Québec. Pour les fins de cette
25 présentation verbale nous nous en tiendrons à quelques
StenoTran
60
1 faits le démontrant.
2 243 Depuis que le seul canal de
3 télévision ethnique du Québec a perdu son statut de
4 canal communautaire pour devenir une station
5 commerciale, sa programmation reflète de moins en moins
6 la diversité ethnique du Québec. Les petites
7 communautés sont désormais privées d'émissions
8 s'adressant à elles dans leur langue maternelle alors
9 que les moyennes et grandes communautés ont vu leurs
10 émissions fondre comme neige au soleil.
11 244 De plus, alors que le français
12 constitue la langue commune du Québec, l'anglais occupe
13 une place de plus en plus prépondérante dans la station
14 CJNT. En 1997 le français n'y occupait que 11,6 pour
15 cent du temps d'antenne alors qu'environ 30 pour cent
16 des émissions étaient en anglais.
17 245 Si le CRTC devait accepter les
18 changements demandés par cette station, qu'on a vus
19 dans d'autres avis publics, à leurs conditions de
20 licence pour leur permettre de diffuser non plus 100
21 pour cent d'émissions ethniques mais 60 pour cent et 40
22 pour cent d'émissions étrangères en langue anglaise, ce
23 qu'on retrouve dans d'autres licences d'autres
24 provinces, finalement, le déséquilibre s'accentuerait
25 et créerait un préjudice pour la très grande majorité
StenoTran
61
1 des groupes ethniques du Québec mais aussi pour la
2 société québécoise toute entière.
3 246 L'analyse de la nouvelle grille de
4 programmation proposée au moment de la demande de
5 modification de licence révèle en effet que davantage
6 de communautés seront exclues de la grille de
7 programmation.
8 247 Me BLAIS: Je peux comprendre que la
9 première personne était surprise quand je l'ai soulevé,
10 mais là, on a pas mal évolué dans les présentations, et
11 je pense qu'on devrait essayer d'éviter les demandes.
12 248 M. TREMBLAY: D'accord.
13 249 Me BLAIS: Peut-être que je me suis
14 mal exprimé. C'est par équité pour les autres parties
15 qui ont intervenu dans ce dossier public.
16 250 M. TREMBLAY: Ça va, j'ai compris.
17 251 Me BLAIS: Elles ne sont peut-être
18 pas ici dans la salle et elles n'auront pas la chance
19 de répondre. Ce dossier-là est...
20 252 M. TREMBLAY: Je vais essayer de
21 sauter les parties de texte qui réfèrent à ça.
22 253 Me BLAIS: Si vous voulez extrapoler
23 un peu au niveau... peut-être qu'on peut faire les
24 mêmes points quand même.
25 254 M. TREMBLAY: Bien que reconnaissant
StenoTran
62
1 les efforts significatifs déployés par les
2 télédiffuseurs francophones pour accroître la présence
3 à l'écran des membres des communautés culturelles et
4 mieux refléter leur réalité, et ce, sous l'impulsion de
5 diverses mesures gouvernementales, de la Politique de
6 la radiodiffusion et celle du CRTC, la CSN constate que
7 les communautés ethnoculturelles sont encore largement
8 négligées par la télévision francophone, entraînant en
9 conséquence un manque d'intérêt de ces communautés pour
10 cette télévision. Selon un sondage réalisé au Québec
11 en 1996 pour le Centre d'études sur les médias, 28 pour
12 cent seulement des membres des groupes ethniques
13 avouaient écouter le plus souvent les stations
14 francophones contre 58 pour cent pour les stations
15 anglophones. Il faut donc en conclure que notre
16 système de télévision est davantage un instrument
17 d'assimilation des membres des communautés
18 ethnoculturelles à la culture anglophone que
19 francophone.
20 255 Cette situation est lourde de
21 conséquences pour l'avenir de notre société. Elle
22 préoccupe la CSN et doit aussi préoccuper le CRTC,
23 notamment quant à sa mission d'application de l'article
24 3 de la Loi sur la radiodiffusion, qui stipule entre
25 autres que la radiodiffusion canadienne doit refléter
StenoTran
63
1 la dualité linguistique et le caractère multiculturel
2 et multiracial de la société canadienne.
3 256 Compte tenu que la diffusion de la
4 télévision ethnique à l'extérieur du Québec est très
5 majoritairement anglophone lorsqu'elle n'est pas dans
6 une autre langue que le français ou l'anglais, s'il
7 veut répondre adéquatement à sa mission d'application
8 de cette loi le CRTC doit donc envisager très
9 sérieusement que la seule façon de refléter cette
10 dualité linguistique canadienne, c'est de s'assurer
11 qu'au moins une station favorise la culture francophone
12 et, par conséquent, la station québécoise.
13 257 Sur la question 2, la CSN est d'avis
14 qu'il faut maintenir et renforcer la politique
15 spécifique sur la radiodiffusion ethnique, comme il est
16 d'ailleurs nécessaire de le faire pour l'ensemble du
17 système de radio-télédiffusion. Laissée aux seules
18 lois du marché, la télévision ethnique offrirait à
19 brève échéance une programmation essentiellement
20 étrangère.
21 258 Dans le contexte actuel de la
22 mondialisation, il s'agit là d'une tendance très lourde
23 que seul un cadre politique et réglementaire peut
24 réussir à contre-balancer. Ce cadre politique s'avère
25 aussi nécessaire pour garantir l'équité d'accès aux
StenoTran
64
1 services aux petites communautés ethniques. Nous
2 croyons qu'il est en effet possible de tenir compte à
3 la fois des contraintes financières et de prévoir des
4 mesures pour soutenir une offre équitable de services à
5 toutes les communautés. Cette politique devrait aussi
6 garantir que la radiodiffusion ethnique respecte la
7 dualité linguistique ainsi que les Chartes canadienne
8 et québécoise des droits et libertés. Elle devra aussi
9 être compatible avec les politiques relatives à
10 l'accueil et à l'intégration des membres des
11 communautés ethnoculturelles dans la société québécoise
12 et canadienne.
13 259 La multiplication des chaînes
14 spécialisées et l'accès de plus en plus large aux
15 services étrangers sur Internet et par le biais des
16 satellites devrait normalement inciter les
17 télédiffuseurs ethniques canadiens à offrir davantage
18 de programmation ethnique locale. Ce type de
19 production constitue très certainement un des
20 principaux ajouts concurrentiels que peuvent offrir les
21 services de télévision à caractère ethnique d'ici. Il
22 faudra donc renforcer les exigences en regard du
23 pourcentage de contenu local et canadien; il faudra
24 aussi voir à modifier les politiques d'attribution des
25 fonds d'aide à la production canadienne pour qu'ils
StenoTran
65
1 soient accessibles aux productions ethniques. Il
2 faudra en outre renforcer les mesures visant à inciter
3 les télédiffuseurs non ethniques à refléter davantage
4 le pluralisme culturel et à faire une plus grande place
5 aux représentants des diverses communautés dans leurs
6 émissions.
7 260 Concernant les questions relatives au
8 cadre d'attribution des licences, comme nous l'avons
9 mentionné précédemment le CRTC se doit d'adapter son
10 cadre d'attribution de licences à l'environnement
11 particulier dans lequel évolue la télévision ethnique
12 au Québec et notamment au milieu majoritairement
13 francophone, aux caractéristiques différentes de la
14 composition ethnique, au fait que le Québec est
15 désormais maître d'oeuvre de l'accueil et de
16 l'intégration des personnes immigrantes à l'évolution
17 spécifique du Canal ethnique du Québec.
18 261 Pour les questions 9 et 10,
19 l'autorisation faite aux stations ethniques à
20 l'extérieur du Québec de diffuser 40 pour cent de
21 contenu d'intérêt général pouvant provenir
22 essentiellement de l'étranger, en l'occurrence des
23 États-Unis, aux heures de grande écoute ne peut et ne
24 doit pas s'appliquer au Québec, et ce, surtout dans
25 l'hypothèse où la station québécoise serait intégrée à
StenoTran
66
1 un réseau ethnique national. Cette situation
2 contribuerait, comme nous l'avons indiqué précédemment,
3 à accroître les déséquilibres entre les émissions
4 diffusées en anglais et celles diffusées en français.
5 Elle contribuerait aussi à réduire encore davantage la
6 réponse aux divers besoins des groupes ethniques du
7 Québec.
8 262 Au moment où le plus grand nombre de
9 personnes ethniques sont disponibles pour regarder la
10 télévision, on les prive de la possibilité d'accéder à
11 des émissions dans leur langue, qui traitent de leur
12 réalité et qui les garde en contact avec leur
13 communauté et leur pays d'origine et d'accueil. De
14 plus, l'impact financier d'une telle stratégie n'est
15 pas nécessairement évident, car le type d'émissions qui
16 y sera diffusé est et sera de plus en plus largement
17 accessible sur d'autres chaînes.
18 263 Je vais essayer de ne pas glisser.
19 264 La télévision ethnique au Québec,
20 dont l'existence remonte au début des années
21 soixante-dix, a toujours diffusé 100 pour cent
22 d'émissions ethniques jusqu'au 8 septembre 1997 et elle
23 a fait la preuve que le potentiel publicitaire existe
24 pour financer un nombre considérable d'émissions
25 ethniques et qu'il existe aussi des équipes de
StenoTran
67
1 production ayant l'expertise de réaliser des émissions
2 ethniques de qualité.
3 265 La solution ne consiste donc pas à
4 diminuer ces émissions mais à les augmenter et à
5 mobiliser, pour ce faire, les ressources du milieu en
6 obtenant notamment un support financier des pouvoirs
7 publics et une juste part des fonds d'aide à la
8 production télévisuelle canadienne.
9 266 Sur les questions 11, 12, 13, 14 et
10 15, concernant les exigences relatives au type
11 d'émissions ethniques, la CSN est d'avis qu'il faut
12 maintenir ces exigences tout en les adaptant au
13 contexte québécois et aux nouvelles réalités
14 démographiques et technologiques. La programmation des
15 stations ethniques doit, pour maintenir leur
16 spécificité et atout concurrentiel dans l'environnement
17 télévisuel actuel, être composé majoritairement
18 d'émissions s'adressant aux communautés dans leur
19 langue maternelle. Par contre, nous ne croyons pas
20 qu'il faille maintenir les distinctions entre les
21 émissions de types C et D. La CSN insiste toutefois
22 sur l'importance que le CRTC oblige, par condition de
23 licence, la station ethnique de Montréal à utiliser le
24 français plutôt que l'anglais pour diffuser les
25 émissions qui ne sont pas dans la langue d'origine de
StenoTran
68
1 la communauté ethnique à qui elle s'adresse, faire
2 l'ouverture, la fermeture, la présentation de sa
3 programmation, les raccords, les sous-titrages, et donc
4 se donner une image plus française de la station.
5 267 Concernant les émissions de type E,
6 bien que le contenu ethnique de la station québécoise
7 soit de 100 pour cent, sa programmation pourrait
8 permettre une fenêtre vers les autres d'émissions à
9 contenu ethnique en français ou sous-titrées en
10 français. La station aurait ainsi le même devoir que
11 tous les canaux de permettre aux communautés de souche
12 de mieux comprendre les communautés ethnoculturelles.
13 268 Le CRTC devrait aussi inciter, par
14 condition de licence, les télédiffuseurs à se doter de
15 lignes directrices relativement au respect de la
16 représentativité sur les ondes des diverses communautés
17 ethniques ainsi que de l'équilibre des points de vue
18 véhiculés.
19 269 Mme AUDET: Monsieur Tremblay, est-ce
20 que vous pouvez conclure?
21 270 M. TREMBLAY: Oui.
22 271 Alors, en conclusion, nous réitérons
23 l'importance que revêt la radiodiffusion à caractère
24 ethnique et la nécessité de maintenir un cadre
25 politique et réglementaire encadrant les activités de
StenoTran
69
1 la radiodiffusion ethnique pour que les besoins des
2 diverses communautés soient répondus ainsi que pour
3 favoriser une meilleure compréhension interculturelle
4 et une intégration dans la société québécoise et
5 canadienne respectueuse de l'héritage culturel commun.
6 272 Nous rappelons nos inquiétudes quant
7 à l'avenir de la radiodiffusion ethnique au Québec et
8 pour qu'au Québec on puisse continuer d'offrir une
9 programmation essentiellement ethnique plus équilibrée
10 aux diverses communautés et respecter davantage le
11 contexte particulier de la société québécoise,
12 majoritairement francophone, y compris parmi les
13 personnes issues de l'immigration.
14 273 LA PRÉSIDENTE: Merci,
15 Monsieur Tremblay.
16 274 Madame Audet.
17 275 Mme AUDET: Nous entendrons donc
18 maintenant, pour CFMB Radio, Mr. Andrew Mielewczyk,
19 President, et Mme Anne-Marie Stanczykowski,
20 vice-présidente.
21 PRESENTATION / PRÉSENTATION
22 276 MR. MIELEWCZYK: Good evening, ladies
23 and gentlemen of the Commission.
24 277 CFMB Radio in Montreal is connected
25 with ethnic broadcasting ever since its conception in
StenoTran
70
1 1962 and probably is the first multilingual broadcaster
2 in North America. Some 25 years ago its sister
3 station, CKGS, was licensed by the CRTC to provide
4 ethnic programming in Winnipeg.
5 278 In 1985 the CRTC has conducted a
6 review of the ethnic broadcasting in Canada and,
7 through this process, issued a broadcasting policy
8 reflecting Canada's linguistic and cultural diversity.
9 This document serves as a guideline and regulation for
10 ethnic broadcasters as well as mainstream broadcasters
11 wishing to provide programming for multicultural
12 audiences across Canada. This policy assures that the
13 ethnic broadcasters, and radio broadcasters in
14 particular, provide wide diversity of services and
15 programs and generally serves the needs of Canada's
16 ethnic communities very well.
17 279 MS AUDET: I am sorry, could you
18 speak slowly, please?
19 280 MR. MIELEWCZYK: Slowly? Okay. I am
20 afraid of the limit.
21 281 CRTC's 1985 policy allowed ethnic
22 broadcasters to extend their multilingual programming
23 up to 100 per cent of their broadcast week and
24 established the definition which qualify stations
25 broadcasting a minimum of 60 per cent as an ethnic
StenoTran
71
1 station.
2 282 In the past few years the Commission
3 considered and in most cases granted licences to ethnic
4 services on SCMO mostly in the markets where full-time
5 ethnic broadcasters are already providing programming
6 in these languages. However, this, combined with the
7 community and campus stations supplementing their
8 program schedules with more financially-promising
9 ethnic groups, creates difficulty for full-time ethnic
10 broadcasters to fulfil their mandate to carry as many
11 different ethnic groups in their weekly schedule as
12 possible.
13 283 Ethnic broadcasters watch as their
14 revenues diminish and struggle to abide by their
15 licence, providing public service airtime to smaller
16 groups that otherwise could not afford to sustain on a
17 commercial basis programming for their communities.
18 Ethnic broadcasters subsidize a large part of their
19 multilingual programming from their revenue derived
20 from those groups that are still able to generate
21 necessary funds, and there are very few. These are the
22 groups that SCMO services and community stations
23 target. But, overall, the 1985 ethnic broadcasting
24 policy works and should be maintained.
25 284 The technological advances and
StenoTran
72
1 digitization may open new frequencies and new
2 possibilities but, in all probability, will not expand
3 revenues in ethnic broadcasting. Ethnic broadcasting
4 is, to a very large extent, a local service dependent
5 on the local market and local advertisers. Foreign
6 signals further dilute the ethnic audiences, offering
7 reruns of their programming which was produced for
8 their local consumption and has nothing to do with the
9 ethnic population in Canada.
10 1730
11 285 The extent of the impact on ethnic
12 broadcasters by technological market and programming
13 changes will be in all probability the same as those
14 facing the mainstream broadcasters. It may be that the
15 multicultural and multilingual nature of Canada is
16 increasing by the new immigration, but at the same time
17 this is counter-balanced by assimilation of the older
18 immigration and the new generation which may use their
19 mother tongue at home, however not due to the lack of
20 knowledge of English or French, but rather to maintain
21 the command of a second language. This audience is not
22 limited to listen exclusively to ethnic stations, nor
23 do they. Therefore, this audience expects ethnic
24 broadcasters to be at least at par with conventional
25 broadcasters.
StenoTran
73
1 286 The market forces, together with
2 accountability to CRTC at the time of licence renewal
3 or application to establish new broadcasting
4 enterprises, and existing policy regarding ethnic
5 broadcasting in Canada, already ensure that the needs
6 of the audiences are met at the present time and well
7 into the future.
8 287 Having a licence to operate in two
9 very different ethnic markets, both CFMB and sister
10 station CKGS in Winnipeg have considerable difficulties
11 in acquiring Canadian musical selections. The
12 availability of Canadian ethnic musical selections is
13 at status quo, moving in neither direction. Most
14 ethnic groups have no musical selections; others have
15 to make up to fulfil the CRTC's requirement.
16 288 Our philosophy is to provide local
17 ethnic programming, and it would be most desirable to
18 have access to this and home-grown talent. This type
19 of programming distinguishes between ethnic and
20 mainstream media and gives incentive to listeners to
21 tune in the ethnic radio or television.
22 289 The reality is that local performers
23 are just that, local performers interested to
24 supplement their income by performing at weddings and
25 other receptions whereby the reward is tangible and
StenoTran
74
1 immediate. Their performances at such occasions are
2 limited to rendition of popular selections written and
3 performed by well-known artists from around the globe.
4 What is available is outdated and overused by ethnic
5 radio stations, more often than not of very poor
6 quality recordings.
7 290 Neither the ethnic broadcasters nor
8 ethnic artists have funds to remedy the situation, and
9 even if either party could permit itself, the artists
10 that hold any promise would divert their attention to
11 performances in one of the official languages to expand
12 horizons and financial situation.
13 291 Ethnic broadcasters are trying to
14 help in any way they can in the creation of ethnic
15 talents. However, special programs dedicated to
16 Canadian talent often run out of participants and most
17 of the ethnic groups have none.
18 292 CFMB as well as CKGS hold annual song
19 competitions with participation of local ethnic
20 Canadian talent. The total cost is absorbed by the
21 stations individually, providing concert halls, music
22 lessons with professionals, practice sessions in
23 recording studios, prizes and awards. This is followed
24 by on-air exposure through interviews and play of the
25 songs performed. One year we have also produced an LP
StenoTran
75
1 featuring our local artists.
2 293 All this does not even qualify as
3 contribution to the development of Canadian talent and
4 is probably appreciated by immediate family and friends
5 of the artists but not by the general listening
6 audience, who tends to be indifferent to most of our
7 efforts in this regard.
8 294 In our 36 years of operation we have
9 never, to my knowledge, refused to play ethnic Canadian
10 musical selections. The apathy from both the artists
11 and general listening public on the subject, combined
12 with the financial and specialized market limitations,
13 would suggest that any increase in the present level of
14 Canadian content regulation for the ethnic broadcasters
15 would be unrealistic.
16 295 In view of the above, it would be
17 very appreciated by the ethnic broadcasters and the
18 listening audience if the Commission would consider the
19 removal of this requirement and take into account other
20 initiatives that ethnic broadcasters take upon
21 themselves to continue promotion of their home-grown
22 talents. In our opinion, no amount of funding, which
23 in any case is not available, will produce desirable
24 results. The willingness on behalf of the ethnic
25 broadcasters and willingness to participate on behalf
StenoTran
76
1 of the artists would have more chance in any meaningful
2 way to promote the development of the ethnic Canadian
3 talent.
4 296 The Commission's acknowledgement as
5 to the fact that most of the ethnic music production in
6 Canada remains very local -- the alternative would be
7 to require ethnic broadcasters to advise their
8 willingness and as a condition of their licence to
9 promote through on-air exposure any musical selections
10 of the ethnic Canadian talent. In a similar fashion as
11 the Canadian Broadcast Standards Council, ethnic
12 broadcasters would have to advertise their undertaking
13 and any refusal to avail their airwaves to ethnic
14 artists who provide such material would have to be
15 justified. The Canadian Broadcast Standards Council
16 and/or the Commission could then request a detailed
17 explanation from the ethnic station to support their
18 denial and render a final decision.
19 297 There is also no great outcry within
20 ethnic communities for access to more ethnic radio
21 programming. The vast majority of the ethnic
22 population, especially those in cities with large
23 ethnic populations, is well served by existing
24 services.
25 298 For the past 36 years CFMB has
StenoTran
77
1 fulfilled its role as a multilingual or multicultural
2 station in Montreal, accommodating requests for airtime
3 from different ethnic groups based on their needs and
4 possibilities to produce quality programs meeting basic
5 broadcasting standards. A multilingual station such as
6 CFMB has an inherent difficulty from time to time to
7 satisfy the language criterion due to circumstances
8 beyond its control. Nonetheless, a responsible
9 multilingual station will constantly try to adapt to
10 current realities, whether they be ethnic population
11 shifts or whether it is simply trying to accommodate as
12 many different ethnic groups as is feasible.
13 299 A few years ago the Commission
14 renewed the broadcasting licence for CFMB, approving
15 our proposal to amend our licence by reducing minimum
16 languages we broadcast to 18. Notwithstanding this
17 amendment to our licence, and as a dedicated and
18 responsible ethnic broadcaster, CFMB has, in a very
19 short period of time, increased the number of languages
20 broadcast to 24. This flexibility to adapt to new
21 situations is the key to success of the Canadian ethnic
22 broadcasting system. Ethnic broadcasters know their
23 business and their respective local markets and, as in
24 the past, will continue to adjust their programming
25 approaches accordingly.
StenoTran
78
1 300 Today's busy lifestyle does not
2 permit but very few the luxury of spare time.
3 Therefore, the majority of the population prefers
4 concise, to-the-point programming, and that is exactly
5 what CFMB provides. Judging by the feedback from our
6 listeners of various backgrounds, a vast majority is
7 satisfied with the allotment of time to their
8 respective groups. Therefore, continuation of a
9 case-by-case approach to licensing, which takes into
10 consideration the specific characteristic of each
11 market, is still the best approach.
12 301 There are many other points that we
13 can raise regarding the present review. However, due
14 to today's time limitation, we will provide the
15 Commission with a written submission before the
16 March 4th deadline.
17 302 At this time we would be pleased to
18 answer any questions that the Members of the Commission
19 may have.
20 303 Thank you.
21 304 MR. BLAIS: I have a question for
22 you, if I may use your experience in the area.
23 305 In the past few years, when the
24 Commission was reviewing various major policies, radio,
25 television, a recurring theme which has come up in
StenoTran
79
1 reviewing the ethnic policy as well is the specificity
2 of the Quebec market for various reasons advanced here
3 today as well.
4 306 Should the Ethnic Broadcasting
5 Policy, on a going-forward basis, have that aspect to
6 it, special rules to reflect that specificity? If so,
7 what would they be, and if not, why not?
8 307 MR. MIELEWCZYK: Special rules, I
9 don't know. I know that programming-wise the
10 Commission cannot expect that the establishment of a
11 national network would serve a purpose because each
12 market is a local market; as previous interveners said,
13 it varies from province to province. So, in that
14 regard, we are all sort of distinct in each province
15 and there is no real intermingling, there is no way to
16 program from Quebec to a Toronto audience because they
17 would not understand our mentality on that point.
18 308 Special rules -- I am not so sure
19 what you mean by "special rules". If you give me an
20 example --
21 309 MR. BLAIS: I wasn't thinking of
22 anything in particular, I just wanted to see what your
23 input is. Your point basically is that there is a
24 local reality to each market that has to be reflected
25 in the licence.
StenoTran
80
1 310 MR. MIELEWCZYK: The basic rules
2 should apply to everybody across Canada. Specialized
3 rules to different markets, I don't know what kind of
4 rules can be introduced in Quebec as opposed to in
5 Vancouver, with the exception of providing better
6 access to the groups that are larger and at the same
7 time ensuring that the broadcaster that has the
8 licence, full-time ethnic licence, would provide some
9 access time to the smaller groups that could not
10 otherwise afford it.
11 311 MR. BLAIS: Thanks for your input.
12 312 COMMISSIONER PENNEFATHER: I want to
13 go back to the questions or the points you were raising
14 about music. To be clear, when you are referring to
15 ethnic musical talent, you are talking about local --
16 313 MR. MIELEWCZYK: Performers.
17 314 COMMISSIONER PENNEFATHER: --
18 performers.
19 315 Did you say that those local
20 performers, the tendency is for them to really look to
21 their future in the English and French languages as
22 opposed to their own languages? Is a performer still
23 an ethnic performer when singing in French or English?
24 316 MR. MIELEWCZYK: The ethnic performer
25 is always considered some band or performer that is
StenoTran
81
1 able to satisfy the tastes of wedding attendance.
2 Beyond that, there are very few of this type of people
3 who want to expand their horizons that much to go into
4 the English and French markets, although there are
5 some, but they are really not trying.
6 317 What I am saying is, why should the
7 ethnic broadcaster go after them and beg everybody and
8 find them when they don't want to be found?
9 318 In the French and English markets I
10 remember the performers would go from station to
11 station supplying their material and asking if they can
12 be played, and they were accepted or rejected. The
13 same thing can be done with the performers who have
14 aspirations to be in the ethnic market across Canada;
15 they should try approaching the stations, and if the
16 station refused them, what I am saying is that that
17 should be justified for a condition on anybody else,
18 and that would ensure that at least they do their part
19 and we do our part.
20 319 COMMISSIONER PENNEFATHER: I follow
21 you on that.
22 320 A previous intervener, I think it was
23 Mr. Roux, referred to ethnic music and to it being
24 considerably available, that in fact there was a
25 considerable amount of what he referred to as ethnic
StenoTran
82
1 music. Was he referring to the same thing?
2 321 MR. MIELEWCZYK: I don't know what he
3 was referring to, but there is no such thing in the
4 catalogue; if you go to HMV you might find a few
5 records of ethnic performers, but they would not
6 necessarily be Canadian performers. There is a foreign
7 language section where you can find foreign-language
8 records, but that doesn't mean that they qualify as
9 Canadian; probably the vast majority doesn't, it is
10 imported stuff from other countries.
11 322 COMMISSIONER PENNEFATHER: Thank you
12 for that clarification. It is an important element of
13 this discussion of ethnic music.
14 323 THE CHAIRPERSON: Thank you very
15 much.
16 324 Mme AUDET: Notre dixième intervenant,
17 our tenth intervener is Mr. Hyman Glustein.
18 325 Is Mr. Glustein in the room?
19 --- Short pause / Courte pause
20 326 MS AUDET: We could hear him if he
21 comes at the end.
22 327 Donc, en onzième lieu, Mme Marie
23 Griffith, présidente, et Mme Véronique Verthuy,
24 directrice générale de CJNT-TV, ou CTEQ.
25 1745
StenoTran
83
1 PRESENTATION / PRÉSENTATION
2 328 MS GRIFFITH: Madam Chair,
3 Commissioner, staff of the CRTC, first, thank you for
4 allowing us to take part in your review hearings of
5 this policy. Let me introduce myself. My name is Mary
6 Griffith. I am president of CJNT, which is owned and
7 operated by CTEQ Television Inc. To my right is
8 Véronique Verthuy, and she is our station manager.
9 329 First, I would like to just stress
10 the importance of a regulatory policy that can be
11 applied to ethnic broadcasting services, which are
12 increasing in Canada.
13 330 Véronique.
14 331 Mme VERTHUY: Exactement, je pense
15 qu'il est primordial de parler de l'importance d'une
16 politique réglementaire, surtout en ce qui a trait à la
17 radiodiffusion à caractère ethnique et surtout quand
18 nous voulons parler d'un développement ordonné de la
19 télévision et la radiodiffusion ethnique au Canada.
20 332 Je pense qu'il y a de plus en plus
21 une idée de laisser aux forces du marché la
22 radiodiffusion, et je pense que, en ce qui a trait à la
23 télédiffusion ethnique, ce n'est pas nécessairement une
24 bonne chose puisqu'il va presque sans dire que les plus
25 petits groupes seront sûrement abandonnés en faveur des
StenoTran
84
1 groupes plus rentables.
2 333 Je voudrais faire un autre point sur
3 le rôle du CRTC aussi dans la disponibilité des
4 services étrangers en troisième langue. Je veux
5 seulement dire que nous allons revenir sur ce point.
6 Tout ça pour dire qu'effectivement le rôle du CRTC je
7 pense ne peut pas être assez important dans le
8 développement de la radiodiffusion canadienne et
9 particulièrement la radiodiffusion à caractère
10 ethnique.
11 334 MS GRIFFITH: Allow me to give you a
12 little overview of CTEQ.
13 335 CTEQ is the second multilingual
14 television service, conventional, free TV that has been
15 licensed in Canada. It differs in condition of licence
16 on its 100 per cent ethnic programming condition and
17 also in the number of groups we serve. We are obliged
18 to serve a minimum of 25 different languages on CJNT in
19 Montreal.
20 336 I think a picture is worth a thousand
21 words, and the only thing I can say to you is to take a
22 look, if you have a chance, at CJNT. Needless to say
23 we are very, very proud of it. We originally asked for
24 this licence so that the over one million ethnics of
25 Montreal could identify with a mainstream channel.
StenoTran
85
1 CJNT today has sent crews overseas, has sent betacam
2 crews out to do original coverage, local coverage, and
3 concentrates -- practically all of its third-language
4 coordinators and producers are hired to do local. I
5 think that's a very important point when you come to
6 your review policy.
7 337 Fundamental principles.
8 338 We would like to tell the Commission
9 today that its existing policy needs very few
10 revisions. We don't feel it has to be reinvented. The
11 policy has worked well in the past.
12 339 I would like to tell you that I had
13 the privilege of sitting with Rhéal Therrien, Leisha
14 Redzenko (ph) and others of the Commission many, many
15 years ago, actually closer to decades, when the
16 government was looking at a policy for multicultural or
17 third-language programming in this country. It has
18 worked well. I think the proof is in the pudding with
19 the two stations that are presently serving two of the
20 largest provinces where ethnics are Canadian citizens
21 and residents. Also, the fact that we are looking into
22 a third-language network coast to coast across this
23 country proves that the policy has served its purpose.
24 340 We would like to impress upon the
25 Commission the important role that it plays -- I think
StenoTran
86
1 my colleague made that very clear -- with respect to
2 regulating ethnic broadcasting in Canada. In this
3 regard the ethnic broadcasting industry is too fragile
4 to leave vulnerable to purely economic and commercial
5 forces -- also, maybe a look at a broader version of
6 what is competitive in the case of multilingual,
7 third-language free TV.
8 341 The role of foreign third-language
9 satellite services. We have always intervened in all
10 your policy discussions or any chance we had regarding
11 third-language satellite services coming into this
12 country and not being regulated -- strictly, actually,
13 regulated by the Commission. We are firm believers in
14 regulating -- something rare, I know, from licensees,
15 but we always were firm believers in it. I believe a
16 lot of the success of our industry is because of this
17 body, and we hope you not only keep doing it but put a
18 bigger emphasis on it when it concerns foreign,
19 third-language satellite services.
20 342 The Commission must find a balance
21 between access by Canada's linguistic communities to
22 programming in their own languages and the protection
23 it must be afforded to Canadian multilingual or in
24 general conventional television services, which
25 actually contribute to the Canadian broadcasting
StenoTran
87
1 system.
2 343 CJNT understands the interests that
3 the various ethnic communities in Canada have in
4 programming in their own language, but this must not be
5 provided at so high a cost to viable Canadian ethnic
6 broadcasting services.
7 344 We would like to express our concern
8 that the Canadian market has begun to be flooded with a
9 variety of foreign, third-language satellite services
10 such as Deutsch Villa (ph), the Filipino Channel, TV
11 Japan, TV Pologna (ph), et cetera. Recently, another
12 foreign satellite service, Radio Television Portugal
13 International, sought permission to enter the Canadian
14 marketplace pursuant to the application of Okanagan
15 Skena Group (ph) in Prince Rupert.
16 345 We also wish to impress upon the
17 Commission the seriousness of this and the threat that
18 it poses to the fragile Canadian ethnic or multilingual
19 broadcasting industry, especially if we are looking at
20 a national network in the future. These services make
21 absolutely no contribution to the Canadian broadcasting
22 system. All they do is threaten the existing services
23 that do not have the luxury of programming in a single
24 third language.
25 346 CTEQ has to provide programming on a
StenoTran
88
1 monthly basis to 25 language and ethnic groups. This
2 is a difficult task and is made even more difficult by
3 the diversion of television viewers to these imported
4 satellite services. They can be beamed down and serve
5 them in their own language of origin 24 hours a day.
6 347 All of this being said, if the
7 Commission does believe that these services have to be
8 made available, they should be made to pay a monthly
9 levy in support of the Canadian broadcasting system.
10 These monies could be placed in a fund that would help
11 pay for the production of Canadian third-language
12 programming and other Canadian programming, for example
13 drama, which we are much in need of developing.
14 348 I will let Ms Verthuy address the
15 Canadian ethnic-language specialty services.
16 349 Mme VERTHUY: CJNT est
17 particulièrement préoccupée par le fait que les
18 services spécialisés de troisième langue n'ont pas les
19 mêmes conditions de licences, qu'ils ne sont pas requis
20 d'avoir un contenu canadien au même niveau que les
21 autres radiodiffuseurs canadiens. Ça veut dire que ces
22 services normalement viennent importer de la
23 programmation à un coût presque dérisoire en troisième
24 langue et contribuent très peu, donc, à l'intégration
25 des nouveaux Canadiens à la société canadienne.
StenoTran
89
1 350 CJNT croit que ces services devraient
2 être requis... on devrait leur demander justement de
3 faire une contribution par exemple à la production
4 ethnique parce que ces services de troisième langue se
5 concentrent exactement dans une troisième langue et non
6 pas dans plusieurs. Donc ils ne devraient pas, en
7 fait, pouvoir faire concurrence directe avec les
8 télévisions multilingues, qui, elles, doivent desservir
9 un plus grand auditoire.
10 351 MS GRIFFITH: The 60-40 rule.
11 352 CJNT supports the existing 60-40
12 formula which allows multilingual television stations
13 to devote up to 40 per cent of their programming time
14 to the broadcast of mainstream English- or
15 French-language programming. This rule is no different
16 than the Canadian content rules governing mainstream
17 television stations that can carry a certain proportion
18 of imported, mainly U.S. programming, such as CFCF,
19 Global, TVA, et cetera. This programming helps pay the
20 cost of either Canadian content or the third-language
21 programming shown by multilingual stations such as CJNT
22 and CFMT.
23 353 This is an important policy that
24 reflects the business reality of operating television
25 stations in Canada. It allows national advertisers to
StenoTran
90
1 place ads in mainstream programming that they know and
2 understand and thereby be slowly introduced to
3 ethnic-language broadcasting. All of the mainstream
4 stations in Canada such as those operated by Global,
5 CTV, TVA and the CBC rely on foreign U.S. programming
6 to help generate revenues needed to pay the costs of
7 Canadian-produced programming. This situation is no
8 different to that of multilingual stations.
9 354 Definitions of types of ethnic
10 programming.
11 355 In its public notice, Public Notice
12 CRTC 1998-135, the Commission asked about its current
13 definitions of types of ethnic programs. This is
14 because there are very few programs produced in Types
15 B, C and E. We sit there and do a schedule, and what
16 we enjoy about them -- actually, I am very comfortable
17 with it. I don't know how our colleagues at Rogers
18 feel about it; we are the only two that really use
19 them.
20 356 I think they are good. They are old.
21 It is the first groundwork that was set by Therrien and
22 the Commission then, but it is nice when you can look
23 at your schedule, and she sits with her department and
24 puts the categories down for us, and you can look and
25 you know right away, you know what's only third
StenoTran
91
1 language and you know which one is third language avec
2 un anglais ou français; you know which one is a
3 category where they are using either English or French
4 but it is acceptable as ethnic because their country of
5 origin has that language.
6 357 So our opinion on that is we are more
7 or less very comfortable with the categories and really
8 don't see any need for change. They serve us very
9 well.
10 358 Mme AUDET: Je vais devoir vous
11 demander de conclure.
12 359 Mme GRIFFITH: Oui.
13 360 Let me stress the importance of Type
14 E programming in creating a bridge between new
15 Canadians and the Canadian society in general.
16 Nonetheless, multilingual stations are not allowed to
17 count Type E programming towards their ethnic-language
18 content. This acts as a disincentive for these
19 stations to carry this important programming.
20 361 What we would like to put on your
21 drawing board is, if we can maybe do 10 to 15 per cent
22 in E that would not be counted against our 40 per cent
23 U.S. -- we will get more into detail in our written
24 comments to you, but there is a method to the madness
25 in the sense of E programming, because I don't have
StenoTran
92
1 much time to get into it. If you have any questions,
2 we feel it is very, very important in general in the
3 Canadian Broadcasting Act.
4 362 Cross-subsidization of smaller
5 communities, we are all for it, we are doing it now.
6 In Montreal we have three to six large communities;
7 they can fund the small ones because U.S. programming
8 is what funds the big ones for that super competitive
9 quality broadcast production that you want to end up
10 with. So, to us, it is a simple equation: the 40 per
11 cent finances the big productions for the large
12 communities; what we can get from the local side in
13 advertising from the large groups, we use to
14 cross-subsidize the small ones that definitely need to
15 be on air. As far as we are concerned, it is not
16 something you should even be looking at, at cutting
17 groups off. Every community needs to have its moment
18 and its representation. Thank you very much.
19 363 I have a note here, by the way, from
20 My Lord that says, "If you get the idea that the
21 Commission is getting impatient, please wrap it up as
22 quickly as possible."
23 364 Thank you very much.
24 365 MR. BLAIS: I just want to note first
25 that it seems that everyone got their fair chance to
StenoTran
93
1 push the subject, but I do have one question.
2 366 National network, I take it from your
3 comments you favour that. Some people have suggested
4 that it is inconsistent with the specificity of each
5 market. I don't know if you would care to comment on
6 that issue.
7 367 MS GRIFFITH: I like overall to look
8 at all Canadians as equal viewers. We all have
9 different tastes, that's for sure, but I think Quebec
10 should be not only part of the network, an ethnic
11 national network, I think it should play a leading
12 role, like Quebec always does, in what Canada moves
13 ahead and what Canada develops.
14 368 I see absolutely no problem in
15 working out at the drawing board with colleagues a way
16 to make viable or to maybe fine-tune certain areas
17 because there are differences, but if anything, I think
18 it will bring us all together.
19 369 Originally we had an idea of one day
20 not only being part of it but being able to have, you
21 know, your live screens like you see on "Canada A.M."
22 and that, and have an ethnic journalist here talking
23 and comparing with an ethnic journalist in Vancouver of
24 the same community or not, depending on what the news
25 item or topic would be.
StenoTran
94
1 370 So, yes, we think it is part of the
2 evolution for Canadians in general.
3 1800
4 371 MR. BLAIS: But the point being made
5 is that what is needed in Vancouver is different from
6 what might be needed in Toronto because the local
7 reality is quite different and, therefore, you couldn't
8 program to all that group on a network basis.
9 372 MS GRIFFITH: I don't think a
10 national network's programming is intended to focus on
11 the city or the community itself. I think each station
12 or each local station that's part of the network is
13 responsible for reflecting its city and the local or
14 the everyday life of its viewer in the radius it
15 covers. I think a national network, what it would do
16 in its programming is bring us together on the common
17 points across Canada. I can't see a national
18 production centre thinking of doing just local things.
19 It wouldn't make sense; it would be a little
20 self-defeating.
21 373 MS VERTHUY: If I could speak to that
22 just for a second, j'aimerais adresser la question
23 aussi parce que je pense que la question ne se pose pas
24 de la même façon, disons, pour les réseaux anglophones
25 ou francophones. D'ailleurs TVA tout récemment, on lui
StenoTran
95
1 a permis de diffuser de façon nationale justement pour
2 rejoindre les communautés à travers le Canada.
3 374 Il reste qu'il y a des spécificités,
4 c'est sûr et certain, d'une province à l'autre mais il
5 reste aussi qu'il y a des points en commun entre
6 communautés; autrement dit, des questions de nature
7 plus large qui vont être peut-être adressées dans leur
8 spécificité différemment, mais il reste que la question
9 est importante pour tout le monde. Donc, ce qui est
10 intéressant, c'est de savoir pourquoi, par exemple, au
11 Québec on l'adresse d'une façon différente qu'en
12 Colombie-Britannique.
13 375 Donc je pense qu'il y a un rôle...
14 peut-être pas immédiat mais à un moment donné dans
15 l'évolution de la radiodiffusion ethnique il y aurait
16 un rôle pour un réseau national.
17 376 Me BLAIS: Merci.
18 377 Madame la Présidente, c'était mes
19 questions.
20 378 LA PRÉSIDENTE: Il n'y a pas d'autres
21 questions. Alors merci beaucoup.
22 379 Madame Audet.
23 380 Mme AUDET: En douzième lieu nous
24 entendrons Mr. Taras Hukalo from Télé Ukraine et
25 M. George Kulycky from the Congrès des Ukrainiens
StenoTran
96
1 canadiens.
2 PRÉSENTATION / PRESENTATION
3 381 M. KULYCKY: Si vous me permettez je
4 vais aller en premier.
5 382 Bonjour, mesdames, messieurs du
6 Conseil et tous présents. Permettez-moi de me
7 présenter, George Kulycky, attaché du bureau du Congrès
8 des Ukrainiens canadiens, section de Montréal. Notre
9 congrès représente un vaste éventail d'organisations
10 communautaires et culturelles ukrainiennes dans la
11 grande région de Montréal, et le point de vue que je
12 vais vous donner est un point de vue non de
13 professionnels de broadcasting mais plutôt du public en
14 général, qui sont la majorité des membres de notre
15 congrès.
16 383 En premier lieu nous voudrions
17 féliciter le Conseil pour le travail de consultation
18 dans la préparation de la révision de sa Politique sur
19 la programmation à caractère ethnique. Une écoute
20 attentive donnera sûrement une politique qui continuera
21 d'aider les groupes minoritaires dans l'accès aux
22 médias de diffusion.
23 384 La communauté ukrainienne de la
24 grande région de Montréal consiste en citoyens de
25 première à quatrième génération se chiffrant à près de
StenoTran
97
1 20 000, dont les intérêts et préoccupations retrouvent
2 beaucoup de points communs, surtout dans la
3 préservation du patrimoine culturel et de la langue.
4 385 L'accès aux médias de communication,
5 non seulement comme consommateurs mais aussi comme
6 participants, assure un sentiment de bien-être dans une
7 société où la diversité et sa libre expression font
8 partie du quotidien. Le besoin de la grande région de
9 Montréal est d'une programmation qui reflète
10 premièrement et avant tout la vie et les préoccupations
11 locales dans le contexte social unique de Montréal. Il
12 y a aussi un besoin de programmation de nouvelles de
13 l'Ukraine ainsi que de communautés ukrainiennes
14 établies partout dans le monde, ces catégories de
15 nouvelles étant plutôt rares dans la presse et les
16 médias dominants.
17 386 Concrètement, les diffusions de
18 programmes ukrainiens à caractère local atteignent les
19 objectifs suivants cités comme exemples parmi tant
20 d'autres: elles servent de plate-forme aux divers
21 organismes d'informer sur leurs activités et à être
22 informés de ce qui se passe culturellement dans la
23 grande région de Montréal, par exemple comme des
24 rencontres d'église à rencontres d'associations de
25 jeunes, de clubs sportifs, et caetera. Ces programmes
StenoTran
98
1 facilitent la diffusion d'informations auxquelles les
2 réseaux principaux consacrent moins ou pas d'attention.
3 Ces programmes donnent un moyen aux gens âgés de rester
4 informés dans leur langue maternelle sur des questions
5 relatives à leur vie quotidienne. Ils donnent un moyen
6 aux nouveaux immigrants de combattre l'isolement et de
7 débuter le processus d'intégration. Ils donnent aux
8 jeunes un sens de validation en voyant ou entendant des
9 diffusions de leurs activités culturelles, scolaires,
10 théâtrales ou autres.
11 387 Concernant la situation spécifique de
12 programmation en langue ukrainienne à Montréal
13 aujourd'hui, voici quelques observations.
14 388 Nous avons le privilège d'avoir
15 depuis plus de 35 ans un programme de radio en langue
16 ukrainienne sur les ondes de CFMB. Ce programme,
17 produit en grande mesure par M. Simon Kucklauski (ph),
18 répond très bien aux besoins de la communauté
19 ukrainienne de Montréal de par son professionnalisme,
20 d'une attitude ouverte aux besoins de tous les secteurs
21 de la communauté et de la qualité de la programmation
22 toujours en évolution.
23 389 Nous avions aussi pendant huit ans le
24 programme de télévision "Télé Ukraine", qui avait connu
25 un succès au réseau TEQ, qui fut malheureusement retiré
StenoTran
99
1 des ondes de CTEQ en septembre 1997. Ce programme fut
2 remplacé par un programme ukrainien produit à Toronto
3 diffusé plus ou moins régulièrement et, depuis ce
4 temps, le manque d'informations locales et de
5 reportages sur les événements locaux se fait sentir.
6 La grande majorité du public appréciait la spontanéité
7 du programme "Télé Ukraine" et ne ressentait aucun
8 manque de standard betacam ou standard vidéo.
9 390 La situation idéale serait la remise
10 en ondes du programme "Télé Ukraine" et le maintien du
11 programme de Toronto, ce qui donnerait à la communauté
12 ukrainienne de Montréal un plus grand éventail de choix
13 de programmation en ukrainien et une programmation
14 comprenant du contenu local.
15 391 Concernant la politique en matière de
16 radiodiffusion reflétant la diversité linguistique et
17 culturelle du Canada, nous aurions les observations
18 suivantes.
19 392 Vu le nombre croissant d'immigrants
20 au Canada dans toutes ses régions, la politique du CRTC
21 devrait continuer à faciliter l'accès des communautés
22 culturelles aux ondes de radio et de diffusion.
23 393 Dans sa politique de distinction de
24 cinq types d'émissions, une catégorie devrait inclure
25 l'anglais et le français plus une tierce langue dans
StenoTran
100
1 une programmation trilingue. Cette catégorie semblait
2 manquer à ma compréhension des documents qu'on a lus.
3 Cette catégorie refléterait toujours aussi
4 l'agrandissement d'une population qui est effectivement
5 trilingue à Montréal et au Québec.
6 394 La politique devrait favoriser les
7 programmes produits localement dans les marchés plus
8 restreints. Cela éviterait la tendance à la
9 centralisation que les économies d'échelle de
10 production encouragent. Cette politique éviterait
11 l'aliénation inévitable que la centralisation produit.
12 395 Le contenu produit au Canada devrait
13 être favorisé pour éviter l'importation trop importante
14 et facile de programmes déjà produits à l'extérieur.
15 396 La politique devrait favoriser le
16 soutien financier de programmation ethnique provenant
17 de dons qui donneraient droit à des réductions d'impôt
18 pour les donateurs.
19 397 La politique devrait continuellement
20 structurer les licences de façon à encourager les
21 détenteurs à prendre une part plus active au
22 développement du contenu de programmation en tierce
23 langue, en offrant par exemple leur équipe technique,
24 studio, équipement et savoir-faire aux producteurs de
25 programmes ethniques, qui travaillent souvent avec des
StenoTran
101
1 ressources très restreintes.
2 398 La politique doit continuer à
3 encourager une vaste accessibilité au plus grand nombre
4 de groupes en continuant d'imposer des minimums de
5 représentation des divers groupes aux stations à
6 caractère ethnique. Le Conseil pourrait continuer
7 l'élaboration d'une politique qui encourage les médias
8 en général, non seulement les services spécialisés, à
9 diffuser en tierce langue.
10 399 Ces quelques observations vont être
11 suivies par une opinion écrite plus élaborée avant le 4
12 mars.
13 400 Merci.
14 401 MR. HUKALO: TV is us.
15 402 My name, first of all, is Taras
16 Hukalo. I am the producer of the "Tele Ukraine"
17 program. We have not been asked to participate in the
18 latest CFMT programming. So I will tell you what we
19 have done and elaborate a little bit on who we are.
20 403 TV touches us all. It is a cultural
21 thing. There is much on television that is worthwhile
22 watching. It is a mirror of society. The best TV
23 connects to its audience, to you, because it tells your
24 story, good or bad. Whatever your feelings, it is
25 impossible to stay neutral when facing such a powerful
StenoTran
102
1 medium.
2 404 But TV is much more impressive when
3 it depicts reality, when it lets you watch Berliners
4 tear down the Wall or men walk on the moon, and for us,
5 one million Ukrainian Canadians, to hear the Parliament
6 of Ukraine declare full independence after 350 years of
7 occupation. One month later the Chairman of Ukraine's
8 Parliament, Leonid Krawchuk (ph), visits Canada, where
9 Tele Ukraine gets a chance to film and show Ukrainians
10 and Canadian Foreign Minister signing a declaration of
11 future relations broadening its ties in the spheres of
12 politics, the economy, science, technology,
13 education --
14 405 MS AUDET: Mr. Hukalo, could you slow
15 down a little, please.
16 406 MR. HUKALO: Am I going too fast?
17 407 MS AUDET: Yes.
18 408 MR. HUKALO: Okay.
19 409 -- and then to be honoured by flying
20 with his entourage to Toronto and following him,
21 representing a free Ukraine at the United Nations.
22 410 Also, we were a member of the press
23 on the first visit of President Leonid Krawchuk to
24 Canada and the United States. We organized the first
25 hour-long satellite program between Ukraine and Canada,
StenoTran
103
1 which was viewed throughout Ukraine at 10:00 p.m. on
2 July the 7th, 1992. I think that's a rarity that very
3 few people get to do. It was also shown here in
4 Canada, so we had a live satellite show.
5 411 We helped organize Ukraine's first
6 Independence Day celebration on the ship Gruzia (ph)
7 with Ukraine's Ambassador to Canada, Levko
8 Lukinenko (ph), and arranged to change its symbols and
9 flag, making it the first ship in the world, August the
10 21st, 1992, to bear Ukraine's national colours and
11 trezo (ph).
12 412 Our big event was the accompanying of
13 the Governor General Hnatyshyn of Canada on his first
14 visit as Head of State to Ukraine. This was a very
15 interesting thing for our community and for Canada
16 because it was the first western country to recognize
17 Ukraine, and here we had the actual footage. So we
18 were doing on-the-spot reporting. I don't think
19 anybody else has done that.
20 413 We flew with Leonid Kutchma (ph), who
21 was the second Premier, during his visit to Ottawa,
22 Toronto, Edmonton, Regina and Winnipeg on October the
23 23rd to the 27th in 1994, and attended the G-7 Meeting
24 in Winnipeg on October the 23rd to the 24th. We also
25 covered the Ukrainian athletes at the 1996 summer
StenoTran
104
1 Olympics, who participated for the first time.
2 414 So we did a lot of firsts. I can't
3 say that CFMT did it, there was no other Ukrainian
4 television that did it. Even the other major
5 television stations didn't do it. We had opened up a
6 door to our general public which let them view in
7 actuality history in the happening. It couldn't have
8 been more accurate that they saw what was developing.
9 The Ukrainians in Ukraine received our help in turn and
10 they were very grateful for this.
11 415 So we have great communications with
12 the country of Ukraine, we have great communications
13 with -- I have even done a show for CFMT. Our quality
14 is just as good as CFMT's; so, if they complain about
15 our quality, that is not true.
16 416 If the CRTC wants us to improve on
17 quality, I think, after 50 years of television, where
18 the CBC, which is being funded to billions of dollars,
19 the other networks were given monopolies -- we have
20 never been given those opportunities. How are we
21 supposed to play on the same level playing field?
22 417 MS AUDET: Mr. Hukalo, could you
23 conclude now, please?
24 418 MR. HUKALO: Yes.
25 419 So, seeing that I have worked for
StenoTran
105
1 CFMT, I was asked to work for them, our quality cannot
2 be inferior. So if we are not asked to participate
3 here, there must be something wrong from the other
4 side.
5 420 I would like to conclude on the fact
6 that I think probably we can even go to Ukraine because
7 Ukraine as a country, even though it is in deep
8 economic crisis, does have a role for its minorities;
9 it does provide television, it does provide radio, it
10 does provide newspapers, it provides cultural centres,
11 and maybe we should look to a poorer country for some
12 examples as to what should be done in Canada.
13 421 COMMISSIONER PENNEFATHER: Could I
14 ask you to follow up a little more?
15 422 MR. HUKALO: Yes.
16 423 COMMISSIONER PENNEFATHER: I heard
17 you talk about programming and content, and you
18 described international events that occurred in Canada
19 with players coming from outside Canada.
20 424 MR. HUKALO: Even in Ukraine.
21 1815
22 425 COMMISSIONER PENNEFATHER: Yes. You
23 talked about distribution of that programming outside
24 of Canada. I have heard and we have all heard this
25 afternoon and this evening a great deal of talk about
StenoTran
106
1 ethnic programming being highly and essentially local,
2 about local events.
3 426 Can you combine these two for me and
4 tell me about what you think a national ethnic network
5 would do then in terms of -- the kind of programming
6 you are describing I think would be watched by
7 Ukrainians in Winnipeg, let alone some of us Canadians
8 who might like to have a different view of things, and
9 seemed to speak to a larger audience and a larger
10 programming approach, let's say, than local. I am not
11 saying it is an either-or, I am just trying to fix
12 these two elements together in this discussion tonight.
13 427 MR. HUKALO: Yes, it was more
14 national, and I will give you an example.
15 428 In the national scope, when we
16 travelled with the Presidents, we did meet with Premier
17 Filmon of Manitoba who is Ukrainian, we met with Roy
18 Romanow, who is Ukrainian, we met with Mr. Kline, who
19 is German, we met with his Cabinet Ministers. So, from
20 that point of view, we did have the doors open, we did
21 interview all of them, we put them in context of Canada
22 and Montreal, because all Montrealers are interested in
23 the success stories of their fellow Ukrainians; they
24 were interested when Governor General Hnatyshyn went
25 over to Ukraine as the first official delegation from
StenoTran
107
1 any western country. I was privileged to be the only
2 journalist on the plane who filmed all of the events,
3 including his home town.
4 429 Knowing all of these people has been
5 a help also to them because, seeing that they had just
6 come out of a Communist system, being a command system,
7 not having the aggressivity that we have here in
8 Canada, they have always asked me to accompany them to
9 open up the doors so that they could get further
10 information about Canada.
11 430 COMMISSIONER PENNEFATHER: But the
12 programming you are talking about, are you doing that
13 just for a Montreal audience or for an audience across
14 the country?
15 431 MR. HUKALO: Some of it was shown in
16 Toronto. There is a question of timing, a question of
17 money, a question of when you produce a one-hour show
18 every week that's original, there is an awful lot of
19 work involved.
20 432 COMMISSIONER PENNEFATHER: What do
21 both of you gentlemen think about the national network
22 concept? There were two differing views on that
23 tonight, and in some ways I may be imposing a thought
24 on you, but you may be referring to that. Vous pouvez
25 parler...
StenoTran
108
1 1815
2 433 MR. KULYCKY: Actually, the national
3 network concept generally equals economies of scale,
4 generally equals produced in one office, in one region
5 of the country, generally equals a point of view that
6 may try to take into account regional points of view
7 but inevitably will be written and produced by people
8 within one region and reflect their concerns and will
9 not reflect the sensibilities of people in the region.
10 434 We just don't have much faith -- as a
11 matter of fact, since the program from Toronto has been
12 broadcast here in Montreal the feeling of the community
13 is generally maybe the technical standard is more
14 professional and higher, but it does not reflect our
15 activities here, it does not reflect our concerns here
16 in Montreal and it is sort of alienating a part of our
17 Montreal population.
18 435 COMMISSIONER PENNEFATHER: So that's
19 more important to you than programming which is, can'
20 say just for the sake of discussion, plus généraliste,
21 even on the visit of the Ukrainian President?
22 436 MR. KULYCKY: Ideally, programming
23 that would cover both of those aspects and do the whole
24 scope would be the most interesting all around.
25 437 COMMISSIONER PENNEFATHER: That's why
StenoTran
109
1 I am trying to put the pieces together.
2 438 MR. HUKALO: Yes, we did cover local.
3 As a matter of fact, George is a band leader, he plays
4 the Manka (ph), which is Ukrainian New Year's. He does
5 sing in Ukrainian.
6 439 MR. KULYCKY: Should I give out
7 business cards?
8 440 MR. HUKALO: So if there was an
9 anniversary, a 50th anniversary of a certain
10 organization, or -- children are performing our
11 Christmases later, we have St. Nicholas, we would show
12 this, we would show the children, we would show the
13 participants. So we did have a mix of local plus
14 national plus international.
15 441 COMMISSIONER PENNEFATHER: Thank you
16 for helping me out on this. Thank you.
17 442 LA PRÉSIDENTE: Alors merci beaucoup.
18 443 Peut-être qu'on pourrait faire une
19 pause d'une dizaine de minutes et reprendre à 6 h 25.
20 --- Courte suspension à / Short recess at 1816
21 --- Reprise à / Upon resuming at 1828
22 444 LA PRÉSIDENTE: Si vous voulez vous
23 rasseoir, on va continuer avec Celya Lister de
24 Caribbean TV.
25 PRÉSENTATION / PRESENTATION
StenoTran
110
1 445 Mme LISTER: Bonjour. Mon nom est
2 Celya Lister. Je vous remercie... I thank you very
3 much for inviting me especially on this first day of
4 Black History Month. It is a great honour to be here,
5 Madam Chair and Members of the Commission.
6 446 The present broadcasting system, as
7 you ask in your question, how does it adequately serve
8 Canada's ethnocultural community? My answer to that
9 is, only marginally, and in the sense of a virtual
10 afterthought, given the role that the ethnic
11 communities have played and still continue to play in
12 the development of this country.
13 447 Given the demographic changes that
14 have taken place in Canada, the best way, I think, in
15 my opinion, to improve the situation would be to permit
16 ethnic broadcasting network perhaps that would surpass
17 the present attempts at giving the ethnics a bit of
18 airtime and see how they do. That attitude seems to
19 have produced the hapless CJNT and destroyed the former
20 TEQ, which, despite all the vicious restrictions placed
21 upon it by the machiavellian cable companies, still
22 managed to do an excellent job for many years.
23 448 The development of Canadian
24 ethnocultural services was already in progress, as I
25 noticed, until the intervention of the unholy trinity
StenoTran
111
1 of Videotron, Rogers and the ersatz President of CJNT
2 collaborated to turf out the successful ethnic
3 producers and replace their productions with
4 second-rate offerings from the Rogers stable which
5 alienated the ethnic communities and the sponsors in
6 one fell swoop.
7 449 As a former producer and CEO of
8 Caribbean TV on the late TEQ Cable 24, I never had any
9 difficulty in the acquisition of major sponsors such as
10 Sony, Bank of Montreal, Transat Tours, Air Canada,
11 Barbados Tourism, Western Union and Bell Sympatico, the
12 reason being that I produce quality programming, as
13 would be expected from my European training and
14 practical experience at CFCF.
15 450 I relate to this in this 60-40
16 formula. I can't see why it is necessary, we aren't
17 babies that need to have our hands held, and if you
18 produce a good product the sponsors will literally come
19 to you. There is no need, from my experience, to have
20 this 60-40 donut type ring whereby we, the ethnics,
21 have to be supported by second-rate American
22 programming.
23 451 In the absence of specific policy,
24 the ethnic population will continue to be ignored, I
25 fear, if not humiliated, by what passes for an ethnic
StenoTran
112
1 channel in Toronto -- second-rate, cheap
2 programming/high profits.
3 452 Your idea about linking programming
4 that serves as a link to the origination of your
5 listeners I think is top notch. To inform the ethnic
6 viewers about Canada is of primordial importance.
7 Promotion, as in your section b) of Question 3,
8 promotion of cross-cultural understanding, makes for
9 harmonious relations. In d) you ask information about
10 community events. That's a given. That was already
11 being well served by the late great TEQ in Montreal,
12 and the various ethnic publications and alternative
13 newspapers, also broadcasting, would fill the gap, but
14 for the non-literate, as always a picture is worth a
15 thousand words.
16 453 Also, government information and on
17 human rights, information is always essential for the
18 newcomer when you come to a new country, whether it be
19 for ethnics or non-ethnics alike. Many Canadians are
20 unaware of their rights. In my own programs I always
21 had discussions with people who could inform both
22 Canadians and non-Canadians of their rights and thereby
23 make people feel that they were part of this.
24 454 Entrepreneurship was something we
25 also played heavily in our programs. It is also
StenoTran
113
1 possible to be encouraged, especially for the young,
2 and it should be the goals of ethnic broadcasting.
3 455 Specific changes necessary would be a
4 removal of the ambiguity in the Commission's rules
5 because there aren't a myriad forms of interpretation.
6 Guidelines are meant to clarify issues and not
7 obfuscate. The cable companies seized upon the
8 shortcomings in clarity and used them as loopholes to
9 subjugate their viewers and subscribers alike as well
10 as producers.
11 456 Also, for Question 5, I notice you
12 asked about what is the importance of third-language
13 ethnic programming. To me, I see that as less
14 dependence on U.S. programming. The face of Canadian
15 ethnic TV should not reflect our neighbours to the
16 south of the border with this all-pervasive American
17 way of life. Localized information, entertainment as
18 well as linking ethnic populations with the cultural
19 aspects of their homelands, it serves as a two-way
20 street, helping people to understand the new country
21 and the host country to understand where the ethnics
22 are coming from.
23 457 The existing framework marginalizes
24 everything that is not Anglo-Saxon or American. The
25 policy framework for ethnic broadcasting should let go
StenoTran
114
1 of the idea that community broadcasting must be
2 substandard. The current generation is very well
3 exposed to the most advanced technology, including
4 digitization, coupled with artistic offerings which you
5 can download from the Internet, will show production
6 distribution of ethnic programming is very, very
7 viable. The need was well served by TEQ, the late
8 great TEQ, until it was axed by a commercial licence
9 landing in the hands of an incompetent organization
10 with no funding.
11 458 The reason for Toronto Ethnic
12 Channel's dilemma, this 60-40, is its disregard for
13 high quality in its ethnic programming and its
14 voracious appetite for obscene profits with minimal
15 cost outlay. Their experience is not a benchmark for
16 ethnic programming but like an often-repeated lie it
17 passes into the lexicon of acceptability.
18 459 Thank you very much.
19 460 THE CHAIRPERSON: Thank you very
20 much.
21 461 We will now go to Caroline Côté,
22 National Campus and Community Radio.
23 462 MS AUDET: Just for the record,
24 Pontian Association of Montreal doesn't wish to appear.
25 PRÉSENTATION / PRESENTATION
StenoTran
115
1 463 Mme CâTÉ: Bonsoir. Mon nom est
2 Caroline Côté. Je suis la présidente de l'ANREC, la
3 NCRA. L'ANREC est l'Association nationale des radios
4 étudiantes et communautaires. Aujourd'hui je
5 représente 42 stations de campus, campus communautaires
6 et huit communautaires anglophones.
7 464 J'aimerais avant de commencer
8 mentionner tout simplement, dans votre documentation
9 que vous avez faite, votre recherche, que dans les
10 stations de campus, il y en a seulement 11 qui sont
11 mentionnées et qu'il y a plus de 40 stations de radio,
12 comme je vous ai mentionné, de campus et campus
13 communautaires qui sont licenciées et, de ces 11 qui
14 sont considérées présentement dans la recherche il y en
15 a cinq qui viennent juste d'avoir leur licence ou qui
16 viennent juste d'être renouvelées. On avait beaucoup
17 parlé pendant les recherches que la plupart de nos
18 stations de radio vont être renouvelées bientôt; donc
19 ce n'est pas vraiment la réalité de la programmation
20 ethnique dans nos stations de radio.
21 465 Aujourd'hui je suis devant vous parce
22 qu'on veut que notre programmation de caractère
23 ethnique soit protégée et que le maximum de 15 pour
24 cent soit élevé à 20 pour cent avant de faire une
25 demande pour une exemption. On veut que notre
StenoTran
116
1 programmation ethnique soit protégée car elle est très
2 différente de celle qui est offerte par la radio
3 commerciale.
4 466 On est différents parce que notre
5 programmation est locale, personne n'est payé, personne
6 ne paie pour leur temps d'antenne, nous produisons des
7 émissions à caractère ethnique qui sont primordialement
8 de création orale, et aussi toutes nos émissions de
9 musique ont un bon pourcentage d'expression orale, de
10 création orale; les gens qui participent à ces
11 émissions sont de cette communauté et sont connus par
12 celle-ci et souvent choisis par celle-ci. Aussi, parce
13 que les radios de campus sont à l'université, il y a
14 plusieurs étudiants internationaux qui participent à
15 ces émissions, ce qui est différent aussi des stations
16 de radio commerciales ethniques.
17 467 J'aimerais mentionner que le
18 pourcentage d'étudiants internationaux est à la hausse
19 dans toutes les universités au Canada. Comme vous avez
20 mentionné, le multiculturalisme a beaucoup changé au
21 Canada, et avec le pourcentage d'étudiants
22 internationaux qui est à la hausse, c'est pour les
23 mêmes raisons qu'on demande que notre maximum de 15
24 pour soit élevé à 20 pour cent avant de demander pour
25 une exemption.
StenoTran
117
1 468 On aimerait juste avoir plus de
2 flexibilité, parce que ça prend plusieurs années avant
3 que vienne le temps de renouveler nos licences, et
4 justement pour vos statistiques et aussi pour nous...
5 les gens voient ça comme un empêchement. Ça les
6 décourage d'aller plus loin dans la programmation
7 ethnique, et on veut encourager tous nos membres,
8 toutes les radios campus communautaires et
9 communautaires, à en avoir, à être aussi diversifiés
10 qu'ils peuvent et à suivre vraiment les communautés,
11 les nouvelles communautés, et caetera, dans leur
12 marché.
13 469 D'autres choses que je voulais
14 mentionner sont les catégories de musique et les A, B,
15 C, D, E. Nous, on n'a pas de problème avec les A, B,
16 C, D, E; on avait des problèmes avec le glossaire des
17 termes, mais celles que vous avez mises dans l'avis
18 public sont plus spécifiques, sont plus faciles à
19 suivre et on les aime bien.
20 470 Pour nous, on en fait beaucoup, du E,
21 et parce qu'on est limités dans la programmation
22 ethnique qu'on peut faire on ne voudrait pas
23 nécessairement que le E soit inclus dans la
24 programmation ethnique. Si oui, on va vous demander
25 pour avoir encore un plus haut montant de programmation
StenoTran
118
1 ethnique avant d'avoir une exemption.
2 471 Ça, c'est pour les A, B, C, D, E.
3 472 Pour les catégories de musique, tel
4 que Bernard Roux a mentionné... je voudrais surtout
5 parler justement du contenu canadien, que j'ai déjà
6 mentionné aux consultations campus, communautaires,
7 commerciales. Au niveau de notre 7 pour cent de
8 contenu canadien dans la programmation ethnique, la
9 plupart des stations de radio, on ne se cache pas de
10 ça, on ne le fait pas. On ne le fait pas; on ne le
11 fait pas. On essaie, on dépense de l'argent là-dessus,
12 de l'argent qu'on n'a pas, on se met au téléphone, et
13 caetera, on court après le monde.
14 473 On veut cette musique, on la veut "au
15 boutte" mais on n'y a pas accès. Montréal et Toronto,
16 c'est beaucoup moins pire, mais même à Ottawa on avait
17 de gros problèmes, et même Calgary et Vancouver. Ça
18 dépend vraiment des communautés, mais si ce n'est pas
19 Toronto, Montréal il y a des problèmes. Même à
20 Montréal un groupe espagnol qui connaît deux stations
21 de radio à but non lucratif sur quatre va amener son
22 matériel là-bas et va oublier les autres parce qu'il ne
23 connaît pas ces gens-là dans ces stations de radio là
24 personnellement. Donc ce ne sont pas des disques qui
25 vont se rendre partout au Canada, et on n'y a pas accès
StenoTran
119
1 dans d'autres stations de radio.
2 474 Comme je vous ai dit, ce n'est pas
3 qu'on ne veut pas jouer cette musique, on veut "au
4 boutte" jouer cette musique, et ça nous aiderait si
5 l'argent qui est donné à FACTOR et à MusicAction aille
6 vers ces communautés.
7 475 Certaines suggestions, c'est qu'ils
8 achètent... je sais qu'ils n'ont pas de budget pour ça,
9 mais ce serait le fun, s'ils en avaient, de mettre un
10 petit peu d'argent de côté pour acheter du temps de
11 publicité dans nos stations de radio pendant ces
12 émissions à caractère ethnique qui parlent à leur
13 communauté... "Si vous faites de la musique, apportez
14 vos démos, venez nous voir, on a des bourses pour
15 vous", et aussi dans les journaux communautaires, comme
16 Little Burgandy ou n'importe quelle communauté; il y a
17 plein de journaux communautaires, surtout quand on
18 parle des grosses villes, mais justement pour rejoindre
19 les artistes dans ces communautés-là qui ne pensent pas
20 à MusicAction et qui ne connaissent probablement pas
21 MusicAction ou qui voient MusicAction en arrière,
22 justement, d'un disque de Lara Fabian et ne pensent
23 pas: "C'est une place pour moi, ça va me donner de
24 l'argent." Donc on aimerait bien voir ça.
25 476 Aussi, une autre chose qu'ils
StenoTran
120
1 pourraient faire -- j'ai mentionné plein de choses --
2 serait peut-être même d'exiger de donner un certain
3 pourcentage de leur budget à ces artistes de ces
4 communautés-là. S'il faut qu'on joue 7 pour cent -- et
5 on veut le jouer et même le dépasser -- pourquoi ne pas
6 dire: Il faut que vous produisiez 14 pour cent
7 d'artistes, ou je ne sais pas comment on ferait ça,
8 parce que c'est sûr que ce ne sera pas tous les
9 artistes qui vont être joués partout, et on ne veut pas
10 non plus être obligés de jouer tout ce qui nous est
11 envoyé, on aimerait ça avoir un certain choix, et ça
12 dépend de la sorte d'émission, justement, si ce sont
13 les plus traditionnelles ou les très mixtes, et
14 caetera.
15 477 Donc si on pouvait mettre peut-être
16 un pourcentage, demander un minimum de pourcentage de
17 leurs fonds qui sont mis envers certaines communautés,
18 ces communautés, au moins pour la distribution, parce
19 que MusicAction et FACTOR n'ont pas argent de
20 distribution à donner à ces artistes-là. Alors une
21 fois même qu'ils ont leur 500 CDs, ils n'ont pas
22 nécessairement l'argent pour les distribuer, ils n'ont
23 pas la liste de distribution pour envoyer ça aux
24 radios, et caetera. Si au moins il pouvait y avoir un
25 peu d'argent mis de côté, même des bourses à part, pour
StenoTran
121
1 ces artistes-là pour la distribution, quelque chose d'à
2 part, que si vous êtes accepté, je ne sais pas, au plus
3 haut niveau vous avez le CD, le temps d'enregistrement
4 et la distribution, ou vous avez seulement la
5 distribution, dépendamment des besoins de ces
6 artistes-là.
7 478 C'est tout ce que j'ai pour vous ce
8 soir.
9 479 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Juste pour
10 clarifier certaines choses, je prends pour acquis que
11 vous dites que le campus a vraiment un rôle à jouer
12 dans la programmation à caractère ethnique.
13 480 Mme CâTÉ: Oui.
14 481 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Je pense
15 que j'ai entendu plus tôt que, si vous allez trop loin,
16 disons, là-dedans -- vous voulez aller "au boutte" avec
17 ce genre de musique -- est-ce que ça ne met... pas en
18 péril, mais est-ce que ça fait une compétition avec la
19 radio dite ethnique?
20 482 Mme CâTÉ: C'est ce que j'essaie de
21 dire, c'est qu'on n'est pas du tout de la compétition,
22 on est très différents de la radio commerciale en
23 général; aussi du côté ethnique, j'ai mentionné toutes
24 les façons dont on est différents et aussi qu'on donne
25 une programmation alternative. Les nouvelles sont
StenoTran
122
1 alternatives. On va jouer les petites cassettes, on va
2 amener des groupes en studio. Ce sont vraiment des
3 gens de la communauté qui vont dans la communauté. On
4 va faire la programmation de la communauté pendant des
5 fêtes, pendant... pour n'importe quelle raison on va se
6 rendre dans la communauté.
7 483 Notre programmation est très
8 différente et même complémentaire à une radio
9 commerciale, et on est très contre qu'il y ait même de
10 la programmation achetée d'ailleurs, de d'autres pays,
11 ce qu'on voit beaucoup dans la radio commerciale
12 ethnique; je pense surtout à Calgary ou des choses
13 comme ça. C'est sûr que c'est différent de CINQ, qui
14 est communautaire.
15 484 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Si on met
16 le côté le chapeau de radio campus, en général, est-ce
17 que vous pensez que le système de radiodiffusion
18 canadien sert les besoins des communautés ethniques au
19 Canada?
20 485 Mme CâTÉ: J'ai bien de la misère à
21 enlever mon chapeau.
22 486 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Laissez-le,
23 alors.
24 487 Mme CâTÉ: J'ai souvent entendu des
25 stations de radio dire: "On est rendus presque à notre
StenoTran
123
1 15 pour cent, il faut arrêter", dire ça même aux
2 groupes: "Ah, non, non, on est presque rendus à notre
3 15 pour cent, on ne peut plus en accepter." Je trouve
4 que c'est important d'ouvrir cette porte.
5 488 Nos communautés changent, elles
6 changent beaucoup. Même, je vous demanderais d'avoir
7 jusqu'à 40 pour cent sans avoir d'exemption, mais je
8 commence peu à peu. On va commencer peut-être avec 20,
9 mais même ce serait le fun d'avoir le 40 pour cent et
10 d'ouvrir cette porte à toutes les communautés.
11 1845
12 489 Pour nous, la diversité, c'est le
13 numéro un, et notre programmation ethnique, c'est ça
14 qui aide à nous démarquer. Surtout avec la hausse des
15 étudiants d'ailleurs, ils ont besoin d'une place, eux
16 autres aussi et ils viennent à nous, et on aimerait ça
17 que la porte soit ouverte. Qu'il y ait une bonne
18 diversité dans la radio en général, aux audiences
19 publiques de la radio commerciale j'ai pas mal dit ce
20 que je pensais de la radio commerciale, et, non,
21 qu'elle n'est pas diversifiée et c'est pour ça que je
22 suis en radio communautaire; je crois en la radio
23 communautaire, pas en la radio commerciale. Il y a
24 encore mon gros chapeau.
25 490 Je comprends pourquoi les groupes
StenoTran
124
1 communautaires se présentent et disent qu'ils ont peur
2 d'avoir une télé nationale parce que, même si on
3 regarde le Québec avec Radio Énergie... j'habite à
4 Ottawa et j'écoute CKTF, et les "parties" de Montréal,
5 c'est ce qu'ils annoncent. Je ne suis pas à Montréal.
6 Je ne suis pas là. On est à Ottawa, l'Outaouais, qui a
7 quand même une grande population francophone, et on
8 n'entend pas de nouvelles de la région. Ça ne reflète
9 pas du tout la culture même francophone de cette
10 région-là.
11 491 Donc si je regarde pour la radio
12 ethnique et télévision ethnique, quelque chose de
13 national, si on voit ça d'un niveau provincial radio,
14 je n'ai pas de difficulté du tout à imagine que, oui,
15 ça va arriver à un niveau national télé et radio
16 ethniques; on le voit, ça arrive, et il n'y a rien qui
17 empêche ça d'arriver.
18 492 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Une
19 dernière question. L'avis public mentionne -- et je
20 pense que quelqu'un ce soir l'a mentionné -- les
21 nouvelles technologies. Quand on parle de nouveaux
22 médias, nouvelles technologies, on parle surtout de
23 l'Internet, mais il y en a d'autres; mais certainement
24 c'est un moyen d'avoir accès, de promouvoir et de
25 supporter la distribution de types de programmation...
StenoTran
125
1 ça peut être la musique, ça peut être un programme
2 complet, un film à caractère ethnique.
3 493 Quel sera l'impact de ces nouvelles
4 technologies sur cette politique-là? Encore une fois,
5 je parle de la politique sur laquelle on demande des
6 questions pour l'avenir. Les choses changent vite.
7 494 Quel devrait être le positionnement
8 de ces nouvelles technologies dans notre réflexion sur
9 la programmation ethnique au Canada?
10 495 Mme CâTÉ: Plusieurs personnes ont dit
11 qu'il y a des problèmes de fonds, et effectivement il y
12 a des gros problèmes de fonds, quand on parle de... en
13 tout cas, ici. Au niveau campus communautaire on a
14 beaucoup parlé d'avoir une radio sur l'Internet,
15 justement, où les gens pourraient mettre leurs
16 programmes, et la communauté de Vancouver pourrait
17 aller sur ce site-là et entendre cette émission-là et
18 comparer, admettons, les nouvelles internationales de
19 cette émission-là aux nouvelles internationales
20 d'Ottawa, Montréal, n'importe quelle région.
21 496 On aimerait ça qu'il y ait une
22 station de radio Internet, parce que ça coûte des
23 peanuts, mais on n'a pas l'argent, on n'a pas ces
24 peanuts d'extra là. On aimerait ça, avoir un réseau de
25 ce genre, et je vois l'Internet comme étant une place,
StenoTran
126
1 comme je vous ai dit, qui n'est pas chère, et on
2 pourrait plus développer ce côté-là. Là, je vois plus
3 le national.
4 497 Aussi, les gens pourraient choisir...
5 c'est national, c'est international, et on met nos
6 programmes dans une place et on peut entendre les
7 programmes d'ailleurs ou juste de notre place; les gens
8 ont un choix. C'est ça que je vois plus comme projet
9 national pour différentes émissions.
10 498 Et, oui, ça nous aide. Je ne vois
11 pas l'Internet nous nuire, pas du tout.
12 499 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Merci,
13 Carole.
14 500 Mme CâTÉ: Merci.
15 501 LA PRÉSIDENTE: Merci beaucoup.
16 502 Alors on va passer à Lorna Roth et Fo
17 Niemi, Centre for Research Action on Race Relations.
18 PRÉSENTATION / PRESENTATION
19 503 M. NIEMI: Bonsoir, mesdames et
20 messieurs. Il me fait grand plaisir de participer à
21 cette consultation publique ce soir. Ceci constitue,
22 depuis les huit derniers mois, notre quatrième
23 intervention devant vous sur toute une gamme de
24 politiques en matière de radiodiffusion, et c'est un
25 très grand honneur pour nous de continuer cette
StenoTran
127
1 tradition.
2 504 Vous savez que nous ne sommes pas le
3 seul groupe à intervenir sur la question. En fait,
4 notre organisme va tenir au cours des six prochains
5 mois sept réunions dans les grandes villes canadiennes
6 à travers le pays sur la question de la diversité dans
7 la radiodiffusion canadienne, de Vancouver à Halifax,
8 culminant en un forum national ici, à Montréal, sur la
9 question pour permettre au plus grand nombre de
10 personnes, surtout les intervenants qui ne sont pas de
11 l'industrie et des syndicats de la radiodiffusion, de
12 participer dans le processus national de façonner un
13 nouveau système de radiodiffusion canadien pour le
14 vingtième siècle.
15 505 Notre intervention ce soir se situe
16 dans un contexte que Marsha McGloon (ph) a appelé il y
17 a des années le village global. Nous sommes un peu
18 inquiets d'entendre qu'il y a des gens qui ont fait des
19 interventions en oubliant le mot "global" ou
20 "international" tout en restant coincés avec le mot
21 "village". Donc ce soir on aimerait rappeler les
22 grands principes de la question de radiodiffusion et
23 peut-être soulever des questions qui n'ont peut-être
24 pas encore été soulevées jusqu'à maintenant pour
25 peut-être enrichir la réflexion et pour revenir
StenoTran
128
1 éventuellement avec un mémoire beaucoup plus détaillé
2 en nous basant sur les recherches des données
3 empiriques sur les sujets que nous allons soulever.
4 506 Let me start first by introducing
5 Dr. Lorna Roth, who is a former board member of our
6 organization, who is also an expert in broadcasting in
7 Canada for the last almost 30 years, without revealing
8 her age, particularly multicultural and broadcasting
9 policy.
10 507 We would like to focus on several
11 themes at issue. First of all, we would like to
12 address the need for a national framework for the
13 twenty-first century. Je crois qu'il faut se rappeler
14 que depuis l'adoption de sa politique en 1985 il y a eu
15 beaucoup de développements, surtout au niveau
16 législatif, au niveau fédéral et dans un sens au niveau
17 national en matière de radiodiffusion, tel que
18 l'adoption de la Loi sur l'équité en matière d'emploi
19 en 1986, qui lie un grand nombre de radiodiffuseurs
20 nationaux qui sont directement impliqués dans cette
21 question, et aussi la Loi sur le multiculturalisme en
22 1988, qui énonce aussi de grands principes desquels il
23 faut s'inspirer pour peut-être refaçonner la politique
24 actuelle.
25 508 One of the things we find interesting
StenoTran
129
1 in the way these policy discussions have taken place --
2 because at the time we raised it when we intervened on
3 the Broadcasting Act -- is the racial dimension seems
4 to be neglected. Effectivement, on semble évacuer la
5 question de la dimension raciale quand on parle de la
6 diffusion multi-ethnique et multilingue, et on croit
7 que c'est une question importante parce que la question
8 actuelle repose sur quelques grands principes:
9 509 Le principe d'accès équitable, fair
10 access, non seulement les questions d'emplois au sein
11 de ces radiodiffuseurs mais aussi accès à la propriété
12 des stations multi-ethniques. So fair access is an
13 issue.
14 510 Fair representation is the other
15 issue, non seulement la représentation qualitative mais
16 aussi quantitative de la programmation ethnique dans
17 les services divers.
18 511 Nous croyons aussi qu'il est
19 important de situer le contexte actuel dans un débat de
20 renforcer le caractère multiculturel, multiracial et
21 bilingue de la société canadienne et renforcer aussi le
22 caractère multiculturel et multiracial de la société
23 québécoise dans un monde de mondialisation, tant
24 économique que culturelle.
25 512 Dernièrement, c'est important que
StenoTran
130
1 nous situions ce débat sur la notion de renforcer la
2 diversité des éléments publics, privés et
3 communautaires du système de radiodiffusion canadien et
4 des objectifs de diversité contenus dans la Loi sur la
5 radiodiffusion afin de réaliser un système complet et
6 intégré.
7 513 Of course, the emphasis on the
8 multiracial dimension in order to eliminate what we
9 consider is a very strong ethnic mosaic within the
10 ethnic broadcasting constituency is of primordial
11 experience and priority because we are concerned that
12 people of colour are being neglected right here in
13 Quebec from the process and from the industry of ethnic
14 broadcasting and mainstream broadcasting. So, if you
15 focus on multicultural, don't forget the multiracial
16 dimension.
17 514 I would like to invite now Dr. Roth
18 to discuss some of the broader issues, perhaps some of
19 the technical policy issues with regard to broadcasting
20 that can help bring the discussion back to the broader
21 issue of creating a system adapted for the twenty-first
22 century.
23 515 DR. ROTH: Thank you, Fo.
24 516 I am very happy to be here before
25 you. I have been away for a while and I am pleased to
StenoTran
131
1 be able to present some of our ideas to you.
2 517 As Fo recorded in the public record,
3 I have been around for a long time doing broadcasting
4 policy studies. I was a wee one when I started but I
5 have been able to manage to develop an overview over
6 the period of time that I have been interested in
7 broadcasting. So I was not surprised at all to hear
8 that the CRTC is re-evaluating the Ethnic Broadcasting
9 Policy at this time. I suspected after 1991, with the
10 enshrinement of multicultural and multiracial
11 broadcasting in the Broadcasting Act, that this would
12 happen a little sooner, but I am pleased that it is
13 happening now.
14 518 I would like to focus on some of the
15 broader questions. As Fo mentioned, we will be writing
16 an intervention in print and submit it to you at the
17 March 4th deadline with all the details.
18 519 The first question I would like to
19 look at is whether or not there is need for retention
20 of the policy. I think it is very important to note
21 that Canada was the first country in the world to
22 develop a broadcasting policy focusing on cultural and
23 racial diversity and linguistic diversity. I think
24 that it has set a mark for Australia, for example; it
25 is a model for Australia, and it has made ethnic
StenoTran
132
1 broadcasting have an international kind of profile
2 within the U.N., for example, and within the academic
3 literature and industry literature.
4 520 We definitely think, at CRARR, that
5 there is a need to continue the Broadcasting Policy in
6 this regard. It has been enshrined in the Act; that
7 makes it a policy but not necessarily a strong policy.
8 Having an extra or a second policy focusing on
9 specialty services related to ethnic broadcasting makes
10 the enshrinement of multiculturalism and multiracialism
11 in the Broadcasting Act much stronger a policy and much
12 stronger an imperative for the industry to follow.
13 521 We believe there is a need for
14 third-language broadcasting as well for all sorts of
15 reasons, some of which we will detail in our written
16 proposal but some of which I will mention now. Elders
17 of a particular cultural community or racial community
18 tend to speak the language, but the youth don't. They
19 watch English and French television in Canada, and very
20 few of them have access to third-language broadcasting.
21 522 Should they have access to
22 third-language broadcasting, this would enable them to
23 develop better familiarity with their mother tongue, it
24 would give them a certain amount of self-esteem in
25 relation to speaking their mother language, and it
StenoTran
133
1 would also build inter-generational relationship and a
2 certain kind of social cohesion within their community.
3 523 This is important in terms of social
4 cohesion related to becoming a Canadian citizen as
5 well. If you have a strong social and cultural
6 identity at home, you will have a strong basis on which
7 to become a serious and strong Canadian citizen.
8 524 So those are some of the initial
9 reasons.
10 525 We think there is a need for a fair
11 portrayal in all aspects of the broadcasting system.
12 Having a specialty service as well as having that
13 principle enshrined in the Act will make fair portrayal
14 and employment equity a much stronger element of the
15 Canadian broadcasting system.
16 526 The second question we would like to
17 look at is the question of whether or not there should
18 be a national service. We know this has been very
19 contentious in Canada, there have been several attempts
20 at applying for such services and all have failed in
21 the past.
22 527 I just have returned from Australia,
23 and one of the best services in Australia is their
24 ethnic broadcasting service. It is absolutely
25 exquisite as a service. It has all sorts of national
StenoTran
134
1 and international programming and it has subtitles, so
2 that when there are international films or
3 international programming sourced from another country
4 anybody can watch it and anybody can gain access to the
5 program information that's being conveyed. I found
6 that a particularly interesting model.
7 528 They, of course, used our country as
8 a model for thinking about ethnic broadcasting, but
9 they went ahead and, rather than just focus on the
10 local and regional, they went national. We might take
11 a look at some of what they have to say to us as well
12 at this point.
13 529 At CRARR we have thought long and
14 deeply about this question and we believe that there
15 should be a national service but that it should not
16 break up with the existing services. We see or we
17 envision a national service with affiliates, with local
18 affiliates, with regional affiliates. It would be a
19 national service that would allow for Quebec co-op
20 programming, that would allow for programming from
21 across the country.
22 530 It is the way to go, we think, the
23 details of which have not been ironed out, and we are
24 not going to express those details at this point, but
25 the idea of setting up a national service with
StenoTran
135
1 affiliates so that local and regional existing services
2 are not bypassed is probably a feasible solution to
3 some of the problems and complexities of building an
4 infrastructure for ethnic broadcasting.
5 531 We see the national service as having
6 subtitling similar to that in Australia so that people
7 from across the country who are watching programming
8 from Italy, sourced from Italy, can actually understand
9 what is going on in the program and can appreciate
10 foreign product.
11 1900
12 532 We believe also that the national
13 service should have a kind of multicultural/
14 intercultural kind of focus, that it should be
15 anti-racist in explicit ways, not just as is indicated
16 in the policies to build cross-cultural understanding.
17 Building cross-cultural understanding is one thing, but
18 it is not an explicit activity, it happens through
19 exposure over time. But explicit kind of anti-racist
20 programming slotted in at particular times might be a
21 very useful way of addressing some of the issues of
22 racism in Canada.
23 533 MS AUDET: Mrs. Roth, could I ask you
24 to conclude?
25 534 DR. ROTH: Just two other minor
StenoTran
136
1 things.
2 535 One is funding proposals that we
3 would suggest, that perhaps an ethnic program fund be
4 set up for production of programming and music in order
5 to facilitate an easier development of the industry.
6 536 Finally, I would like to raise a
7 couple of points about the title of the policy, which
8 to me is a little confusing. It is not clear, for
9 example, to most people whether or not aboriginal
10 peoples are represented in this title, in this policy.
11 I know for example that there is a little confusion in
12 the field about that.
13 537 Secondly, we, at CRARR, have pointed
14 out on several occasions -- and Fo has reinforced it --
15 the issue of multiracial as opposed to just
16 multicultural.
17 538 Thirdly, I just want to point out
18 that the word "ethnic" itself has this kind of
19 invisible norm imbedded in it which assumes that
20 anglophones and francophones don't have ethnicity and
21 that only other people have ethnicity. That might be
22 an issue that the Commission might want to look at and
23 clarify.
24 539 Thank you very much for hearing our
25 opinions.
StenoTran
137
1 540 COMMISSIONER PENNEFATHER: Can I ask
2 you a couple of questions?
3 541 On the funding proposal, you say an
4 ethnic programming fund for programming -- you mean
5 television programming?
6 542 DR. ROTH: Television programming and
7 radio programming, music.
8 543 COMMISSIONER PENNEFATHER: Where is
9 this fund coming from?
10 544 DR. ROTH: We were sort of
11 contemplating this, and one of the ways in which we
12 thought about it was that, certainly for the television
13 programming, the cable operators that are going to be
14 carrying the service might be required to donate a
15 couple of cents per subscriber for the development of
16 this fund. The music organizations as well might be in
17 a position to donate a couple of cents per sale of
18 record or whatever for the establishment of a fund like
19 this.
20 545 COMMISSIONER PENNEFATHER: In terms
21 of the cable, this would be in addition to the current
22 commitments to Canadian programming? It is in addition
23 to that?
24 546 M. NIEMI: Il y a aussi peut-être
25 l'autre question qu'il faut voir, et ce qu'on va faire
StenoTran
138
1 aussi dans les semaines à venir, c'est faire une
2 vérification des fonds publics et privés de production
3 pour la télévision, radio et musique pour examiner
4 l'accessibilité de leurs fonds aux personnes d'origine
5 ethnique. Selon nos expériences préliminaires et
6 surtout nos collaborateurs de Toronto et de Vancouver,
7 ces fonds, qui sont souvent gérés par les gens de
8 l'industrie, ne sont pas accessibles. En fait, nous
9 avons développé un cas dans le cadre de l'article 15 de
10 la Charte canadienne afin de voir si ces fonds-là, dans
11 leur application et selon les critères de la
12 définition, par exemple, de ce qu'est la culture ou la
13 musique canadienne avec toute leur dimension
14 "eurocentrique", représentent une forme de racisme
15 systémique.
16 547 Nous allons aussi proposer dans le
17 mémoire que nous allons vous soumettre peut-être une
18 possibilité d'imposer une exigence de la part de ce
19 fonds-là d'inclure dans leur rapport annuel le montant
20 des ressources qui seront allouées à la production de
21 ce qu'on appelle la programmation ethnique... je
22 mettrais ça entre guillemets parce que, si nous
23 reprenons le principe et la procédure de la Loi sur
24 l'équité en matière d'emploi, on exige d'une part un
25 rapport public sur la représentation des groupes
StenoTran
139
1 désignés par la Loi et, deuxièmement, des mesures pour
2 corriger la sous-représentation. Donc, si ce principe
3 s'applique à des fonds de production, je crois que ça
4 ouvrirait la porte pour encourager, entre autres, la
5 disponibilité des opportunités économiques pour les
6 stations de radiodiffusion.
7 548 Je voudrais peut-être insérer aussi
8 la nécessité de voir... parce que nous avons déjà
9 discuté avec certains radiodiffuseurs ethniques dont
10 nous ne mentionnerons pas le nom la possibilité de
11 peut-être des pratiques discriminatoires dans la
12 publicité de la part des annonceurs nationaux
13 mainstream, dont l'argent est souvent peut-être réservé
14 de manière très conditionnelle à ces radiodiffuseurs
15 ethniques.
16 549 You may know that the Federal
17 Communications Commission in the United States has
18 recently conducted a study about the practice that is
19 very present in the advertising industry in the United
20 States for minority-owned stations or
21 minority-programmed stations. The practice has been
22 one into no-urban -- is no-Spanish dictate, meaning
23 that if the minority owns it, then a lot of advertisers
24 were pressured not to fund or advertise, or the other
25 one is basically a cheaper minority advertising rate
StenoTran
140
1 because they don't believe that some ethnic groups have
2 that economic consumption potential.
3 550 So I believe this issue should be
4 looked at because, in an early intervention, when we
5 talked about Canadian content for television review, we
6 raised the fact that the study in 1994 done by the
7 Advertising Standards, Canada showed that a lot of
8 advertising and marketing executives in Canada's
9 companies are still very reluctant to include visible
10 minorities in their ads. So, if we are going to look
11 at it closely, we may look at the fact that possibly
12 there is some sort of discrimination that can prevent a
13 lot of ethnic stations from getting their due share of
14 the advertising revenues, and I believe that it is an
15 issue that is very important to enable ethnic stations
16 and ethnic producers and programmers to obtain the
17 economic ability to produce high-quality programs and
18 more accessible programs for the communities and for
19 the rest of Canadian society.
20 551 COMMISSIONER PENNEFATHER: Thank you.
21 Just a final point of clarification.
22 552 Ms Roth, you were talking about a
23 national service. I want to make sure I understood.
24 Did you say in addition to existing services or were
25 you referring to those services becoming affiliates of
StenoTran
141
1 a national network?
2 553 DR. ROTH: I was referring to those
3 services becoming affiliates of the national service.
4 554 COMMISSIONER PENNEFATHER: Retaining
5 their local aspect. But what are the advantages of
6 their being affiliated as a national service?
7 555 DR. ROTH: I think, if there would be
8 a national service that would bypass the local and
9 regional services, that the local and regional services
10 would eventually lose some of their advertising revenue
11 which would be going to the national service because
12 there would possibly be a larger audience. I think
13 that there would be a kind of interprovincial
14 portability; broadcasters from Ontario could possibly
15 find it easier to go work elsewhere, et cetera, in
16 terms of employment opportunities.
17 556 I think, given the history of the
18 debate around ethnic broadcasting, that there cannot be
19 a national service imposed on the existing structures
20 without taking into account the needs of the local
21 populations, without taking into account the various
22 individual languages of the local populations, and
23 giving them more time in their provinces than in other
24 provinces.
25 557 MR. NIEMI: I think the question was
StenoTran
142
1 also raised, when we looked at the Aboriginal Peoples'
2 Television Network, of how do you deal with reconciling
3 regional differences, cultural differences, linguistic
4 differences. C'est pour ça que nous avons proposé une
5 approche différente, une nouvelle approche, parce que
6 souvent c'est comme si chaque communauté ethnique va
7 regarder ou entendre seulement la programmation pour sa
8 communauté ethnique et de sa communauté ethnique.
9 558 Dans un contexte pour renforcer
10 l'identité canadienne et le caractère multiracial et
11 multiculturel de la société, il faut peut-être
12 envisager un autre niveau de programmation qui permet
13 la "transférabilité" ou la réduction de barrières
14 culturelles, linguistiques et régionales aussi pour
15 permettre que des gens de telle souche puissent
16 regarder des émissions des gens d'autres souches avec
17 des sous-titres et avec une meilleure qualité, ceci
18 pour réduire entre autres ce qu'on appelle les deux
19 solitudes, ou peut-être maintenant la multitude de
20 solitudes.
21 559 Je crois que c'est pour ça que dans
22 l'avis public du CRTC il y a des questions qui ont été
23 soulevées qui, dans un sens, sous-entendent la
24 nécessité d'avoir une nouvelle approche dans laquelle
25 il y a un système un peu plus mixte et plus innovateur
StenoTran
143
1 pour faire la transmission de ces programmes à travers
2 les frontières, à travers les langues, à travers aussi
3 les différences culturelles.
4 560 DR. ROTH: I think it is really
5 important that a national station be multicultural in
6 terms of approaching the programming as a
7 cross-cultural tool and that, rather than the model
8 used in ethnic broadcasting, which is broadcasting in
9 your language to your own cultural community and not
10 across communities, a national service should broadcast
11 and focus across communities to build constituency
12 support across the country, to build a Canadian
13 national identity based on a recognition of diversity,
14 which is the Multicultural Policy -- unity and
15 diversity.
16 561 Having the co-operation at the local
17 level and the regional level as affiliates I think
18 would serve to accommodate the people who are
19 interested in only local and regional programming, but
20 having the national umbrella programming would allow
21 for those moments of cross-cultural communications,
22 when somebody in the Chinese community out West can
23 understand somebody in the Italian community in Quebec
24 or can understand the Québécois in Quebec.
25 562 There was a history meeting this
StenoTran
144
1 weekend in Montreal at which Mark Starwicz (ph), who is
2 one of the star producers, so to speak, of CBC talked
3 about the isolation that is emerging from watching
4 broadcasting as it exists in Canada, and his critique
5 was that the broadcasting system is reinforcing the
6 separate cultural communities because it is not
7 cross-cultural in nature. The people out West have no
8 idea what is going on within Quebec or have no
9 communication whatsoever with anyone in Quebec, and
10 vice versa.
11 563 The two isolated communities are
12 being reinforced by not setting up a broadcasting
13 system that intends to promote cross-cultural
14 communications and understanding.
15 564 COMMISSIONER PENNEFATHER: You are
16 opening the doors on many long, interesting questions
17 which I am sure we will pursue.
18 565 My final comment/question is, you
19 started by using the term "global" and I think let us
20 feel that perhaps we hadn't referred to that enough --
21 global in the sense too that we all will have access to
22 a multitude of programs, let alone direct conversation,
23 with our neighbours here and around the world.
24 566 Is that the twenty-first century you
25 are talking about? It is in that context that I am
StenoTran
145
1 hearing your ideas, and I wonder if you had a comment
2 on how global this proposal is.
3 567 MR. NIEMI: The issue of the global
4 dimension is one of the four fundamental pillars or
5 components that -- we suggest, when we review this
6 policy addressing multicultural, multiracial,
7 multilingual diversity of Canada, we should look at how
8 this policy can help strengthen the sort of cultural,
9 linguistic and racial as well as the bilingual nature
10 of Canadian identity in all its diversity, because if
11 we are moving at the national level we have the
12 French-language national television, the
13 English-language, and hopefully soon the aboriginal,
14 the APTN.
15 568 So we believe that there may be a
16 missing element there, that multicultural, multiracial,
17 multi-dimension, the so-called ethnic -- we will find a
18 word to it so we can complete what we call the national
19 identity, or identities, and its ongoing quest. We
20 don't want to get into the question of what is Canadian
21 culture, who is Canadian, but we believe it is through
22 sharing of the sense of common values and the sense of
23 citizenship values in a single space within the
24 community of communities, which is what this country is
25 really becoming, and then that can be used to
StenoTran
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1 strengthen our national broadcasting policy, which
2 fundamentally includes what we call now an ethnic
3 broadcasting policy.
4 569 COMMISSIONER PENNEFATHER: Thank you
5 very much.
6 570 Thank you, Madam Chair.
7 571 LA PRÉSIDENTE: Merci beaucoup.
8 572 Alors il nous reste un dernier
9 intervenant, M. Gustavo Santos, de l'Église chrétienne
10 Manne.
11 573 Mme AUDET: Est-ce que M. Santos est
12 dans la salle?
13 574 Dernier appel pour M. Gustavo Santos.
14 --- Courte pause / Short pause
15 575 Mme AUDET: À ce moment-là je ferais
16 un dernier appel pour M. Hyman Glustein.
17 576 Est-ce que M. Glustein serait arrivé?
18 --- Courte pause / Short pause
19 577 Mme AUDET: Je ne le vois pas, et je
20 note pour le dossier que nous n'avons pas de nouvelles
21 inscriptions à la liste que nous avions déjà, ce qui
22 semble conclure.
23 578 LA PRÉSIDENTE: Alors je vous
24 remercie tous de votre présence ce soir. Thank you
25 very much for coming in such a big crowd. Maybe we
StenoTran
147
1 chose a small room so that we felt more at home.
2 579 We will be hearing from you for the
3 written arguments or the written answers before
4 March 4th. Thank you very much et bonsoir.
5 580 CONSEILLÈRE PENNEFATHER: Bonsoir et
6 merci.
7 --- L'audience se termine à / Whereupon the hearing
8 concluded at 1916
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