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Toutefois, la publication susmentionnée est un compte rendu textuel des délibérations et, en tant que tel, est transcrite dans l'une ou l'autre des deux langues officielles, compte tenu de la langue utilisée par le participant à l'audience.
TRANSCRIPT OF PROCEEDINGS
FOR THE CANADIAN RADIO-TELEVISION AND
TELECOMMUNICATIONS COMMISSION
TRANSCRIPTION DES AUDIENCES DU
CONSEIL DE LA RADIODIFFUSION
ET DES TÉLÉCOMMUNICATIONS CANADIENNES
SUBJECT/SUJET:
TABLE-RONDE/
ROUNDTABLE
HELD AT: TENUE À:
Chambre de Commerce et Chambre de Commerce et
d'industrie du Québec d'industrie du Québec
métropolitain métropolitain
17 Saint-Louis Street 17, rue Saint-Louis
Quebec, Quebec Québec (Québec)
July 23, 1998 23 juillet 1998
tel: 613-521-0703 StenoTran fax: 613-521-7668
Transcripts
In order to meet the requirements of the Official Languages Act,
transcripts of proceedings before the Commission will be bilingual
as to their covers, the listing of the CRTC members and staff
attending the public hearings, and the Table of Contents.
However, the aforementioned publication is the recorded verbatim
transcript and, as such, is taped and transcribed in either of the
official languages, depending on the language spoken by the
participant at the public hearing.
Transcription
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officielles, les procès-verbaux pour le Conseil seront bilingues en
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personnel du CRTC participant à l'audience publique ainsi que la
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Toutefois, la publication susmentionnée est un compte rendu textuel
des délibérations et, en tant que tel, est enregistrée et
transcrite dans l'une ou l'autre des deux langues officielles,
compte tenu de la langue utilisée par le participant à l'audience
publique.
StenoTran
Canadian Radio-television and
Telecommunications Commission
Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes
Transcript / Transcription
Table-ronde / Roundtable
PARTICIPANTS/PARTICIPANTS:
Françoise Bertrand Présidente du Conseil/
Chairperson of the Commission
Anne-Marie Murphy Conseillère juridique/
Legal Counsel
Caroline St-Jacques Conseillère en communication/
Communication Advisor
Robert Perrault Président de la Chambre de commerce
Président de Air Alliance/President,
Chamber of Commerce
Rychard Thériault Vice-président de l'Union des
Artistes/Vice President, Union des
Artistes
Stéphane Rochon Directeur général de la Sodec
(Québec)/Director General, la Sodec
(Québec)
François Paquette Directrice régionale pour le ministère
de la Culture et Communications (Québec)/
Regional Director, Quebec Department of
Cultural Affairs and Communications
Pierre-Denis Cloutier Conseiller, développement
culturel et Patrimoine/Advisor,
Cultural Development and Heritage
Michel Choquette Directeur, Culture, loisirs et vie
communautaire à la ville de
Québec/Director, Culture, leisure and
community living, Ville de Québec
Robert Goldrick Coordonnateur du GRAPPE/
Coordinator, GRAPPE
Eric Etter Consultant/Consultant
Jacques Turgeon Producteur indépendant/Independent
producer
Sylvie Pagé Producteur indépendant/Independent
producer
Michel Laliberté Producteur indépendant/Independent
producer
Lorraine Boily Directrice du bureau du film (Québec)/
Director, Québec Film Board
Lilianne Tremblay Directrice du bureau du film
de la région de Québec (sortante)/
Director, Québec Region Film Board
(outgoing)
Claude Thibodeau Directeur général de Télé 4 Québec,
responsable des stations régionales
de TVA/Director General, Télé 4
Québec, responsible for TVA regional
stations
Louise Lagacé CCAP TV (Charlesbourg)/
CCAP TV, Charlesbourg
André Marcoux Représentant du RPCVRQ/
Representative of RPCVRQ
HEARING HELD AT: AUDIENCE TENUE À:
Chamber of Commerce and Chambre de Commerce et
Industry of Metropolitain d'industrie du Québec
Quebec métropolitain
17 Saint-Louis Street 17, rue Saint-Louis
Quebec, Quebec Québec (Québec)
July 23, 1998 23 juillet 1998
StenoTran
1
1 Québec (Québec)
2 --- L'audience débute le jeudi, 23 juillet 1998 à 1500/
3 Upon commencing on Thursday, July 23, 1998 at 1500
4 1 M. ROBERT PERRAULT, président de la
5 Chambre de Commerce et président du GRAPPE : Alors,
6 permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à Québec,
7 Madame Bertrand. Nous sommes très honorés de vous
8 avoir, vous et votre équipe, avec nous.
9 2 Heureusement pour nous, le soleil
10 s'est pointé vers l'heure du midi, mais il y a quelques
11 nuages de pluie qui partent, qui reviennent. Enfin,
12 Québec est tellement une belle ville quand il fait
13 beau.
14 3 Cette rencontre se veut informelle,
15 malgré le nombre de personnes que nous sommes. Je vais
16 laisser monsieur McGoldrick expliquer un petit peu
17 pourquoi un si grand nombre.
18 4 Nous disposons de combien de temps,
19 madame Bertrand, sans vouloir exagérer sur votre
20 agenda?
21 5 Mme FRANÇOISE BERTRAND: Bien,
22 écoutez, il est quoi, là? Trois heures (1500).
23 Disons, qu'à cinq heures (1700)...
24 6 M. ROBERT PERRAULT: Ah bon! Grâce à
25 la collaboration de monsieur McGoldrick, on a préparé
StenoTran
2
1 un petit agenda.
2 7 Alors, sans prétention, madame
3 Bertrand, si vous me permettez, je pense qu'on devrait
4 peut-être faire un tour de table pour que chacune des
5 personnes se présente. Déjà en soi, ça va prendre
6 quelques minutes. Et si vous acceptez, on a préparé un
7 petit déroulement ou un petit agenda. On laissera les
8 gens s'exprimer.
9 8 On va commencer avec Rychard.
10 9 M. RYCHARD THÉRIAULT : Rychard
11 Thériault, vice-président de l'Union des artistes.
12 10 M. ÉRIC ETTER : Éric Etter, je
13 travaille pour la Table sur les invités culturels.
14 11 M. JACQUES TURGEON : Jacques
15 Turgeon, producteur indépendant.
16 12 M. STÉPHANE LAROCHE : Stéphane
17 Laroche, directeur général du bureau de la capitale
18 nationale de la SODEC, la Société de développement des
19 entreprises culturelles du Québec.
20 13 M. FRANÇOIS PAQUETTE : François
21 Paquette, je suis le directeur régional pour le
22 ministère de la Culture et des Communications, de la
23 région de Québec.
24 14 M. PIERRE-DENIS CLOUTIER :
25 Pierre-Denis Cloutier, responsable des programmes de
StenoTran
3
1 développement culturel, et des industries culturelles
2 pour le ministère du Patrimoine canadien, dans l'est du
3 Québec.
4 15 M. MICHEL CHOQUETTE : Michel
5 Choquette, je suis à la Ville de Québec en tant que
6 directeur culture, loisirs et vie communautaire.
7 16 M. ROBERT McGOLDRICK : Robert
8 McGoldrick, coordonnateur du Grappe.
9 17 Mme ANNE-MARIE MURPHY : Anne-Marie
10 Murphy, conseillère juridique.
11 18 Mme CAROLINE ST-JACQUES : Caroline
12 St-Jacques, directrice des communications du CRTC.
13 19 Mme SYLVIE PAGÉ : Sylvie Pagé,
14 producteur indépendant.
15 20 M. MICHEL LALIBERTÉ : Michel
16 Laliberté, producteur indépendant.
17 21 Mme LORRAINE BOILY : Lorraine Boily,
18 directrice du bureau du film de la région de Québec.
19 22 Mme LILIANE TREMBLAY : Liliane
20 Tremblay, directrice du bureau du film sortante de la
21 région de Québec.
22 23 M. CLAUDE THIBODEAU : Claude
23 Thibodeau, directeur général de Télé 4 à Québec et
24 responsable des stations régionales de TVA.
25 24 Mme LOUISE LAGACÉ : Louise Lagacé,
StenoTran
4
1 C.C.A.P. TV station locale de Charlesbourg.
2 25 M. ANDRÉ MARCOUX : André Marcoux, je
3 suis représentant du regroupement des professionnels en
4 vidéo cinéma dans la région de Québec.
5 26 M. ROBERT PERRAULT: Bien, merci
6 beaucoup tout le monde. Je suis Robert Perrault,
7 président de la Chambre depuis maintenant quelques
8 semaines, encore sous la garantie. Je fais ça à temps
9 plein depuis quelques semaines, mais à temps partagé je
10 suis aussi président de Air Alliance, depuis quelques
11 semaines.
12 27 À l'item numéro 3, je vais demander à
13 monsieur McGoldrick qui va vous expliquer un petit peu
14 le rôle du GRAPPE, le rôle de la Chambre.
15 28 M. ROBERT McGOLDRICK : Évidemment,
16 je vais être bref, parce que l'essentiel de notre
17 rencontre porte sur autre chose. Mais auparavant, je
18 dois m'excuser auprès de madame St-Jacques, à qui,
19 hier, je disais on va être une demi-douzaine. Sauf
20 qu'évidemment, la nouvelle s'est ébruitée.
21 29 Finalement, monsieur Djamil Moussaoui
22 le président de la Table étant absent et puis madame
23 Lilianne Tremblay, qui n'était pas disponible. Donc, à
24 ce moment-là, je ne savais pas, que c'était tous les
25 gens qui étaient disponibles de la Table. Et comme
StenoTran
5
1 vous voyez, on a une Table bien garnie, qui représente
2 tous les secteurs de la... enfin des secteurs culturels
3 et d'audio-visuel.
4 30 La Chambre de commerce qui remonte à
5 1809, donc, on parlait de nos problèmes à l'époque,
6 c'était probablement le blocus contre Napoléon. Ça
7 remonte loin, mais la Chambre était présente avec les
8 problèmes de l'heure.
9 31 Alors, depuis ce temps-là,
10 évidemment, les dossiers ont évolué et puis depuis cinq
11 (5) ans maintenant, la Chambre, à un moment donné, a
12 pris un sens de leadership du développement économique
13 de la région de Québec et on en avait besoin à
14 l'époque.
15 32 Et puis un des secteurs qui a été
16 retenu a été l'industrie culturelle. Alors, il y a une
17 vingtaine de Tables qui ont été mises sur pied par la
18 Chambre, sous le nom du Grand réseau des acteurs et
19 promoteurs de partenariat économique, donc, le GRAPPE.
20 Un genre de clin d'oeil à Gérald Tremblay et ses
21 GRAPPES industrielles de l'époque.
22 33 Et c'est à ce moment-là qu'un plan de
23 développement du côté culturel s'est développé. Et
24 puis depuis ce temps-là, cette Table-là et les autres
25 Tables ont mis sur pied d'ailleurs un document, que je
StenoTran
6
1 vous ai fait parvenir, sur le GRAPPE, et caetera,
2 indique évidemment que peut-être soixante-quinze (75)
3 réalisations finalement de concertation, de
4 développement, de mise sur pied des choses, et caetera
5 grâce aux différentes Tables du GRAPPE évidemment,
6 patronnées par la Chambre de commerce.
7 34 Alors, pour en venir finalement à la
8 Table des industries culturelles, en l'absence de
9 monsieur Moussaoui le président de la Table depuis la
10 fondation. Rychard Thériault ici va parler de la Table
11 de l'industrie culturelle.
12 35 M. RYCHARD THÉRIAULT: Alors, on va
13 essayer de juste vous expliquer un petit peu, faire le
14 point, avoir un regard sur les travaux que la Table a
15 faits depuis le début et comment on en est venu assez
16 rapidement finalement à faire une Table sur la
17 production audio-visuelle.
18 36 Lorsque la Chambre de commerce nous a
19 invité, il y a déjà plusieurs années, à se réunir, ça
20 fait facilement quatre (4), cinq (5) ans, à se réunir
21 et à réfléchir sur les industries culturelles, on était
22 à ce moment-là, je pense cinq (5) ou six (6)
23 partenaires. Il y avait déjà... les gens du ministère
24 étaient là, il y avait des gens de la Ville, tout ça.
25 Et il y avait à ce moment-là, si je me souviens, un
StenoTran
7
1 monsieur de Quatre-Saisons, le vice-président de Quatre
2 Saisons qui était là.
3 37 On était un petit groupe et
4 rapidement, c'est large les industries culturelles, on
5 aurait pu parler de beaucoup de choses, et on se
6 disait, bon, on ne peut pas courir tous les lièvres à
7 la fois. Et il y a eu un consensus autour de la table
8 rapidement pour dire; il y a un chaînon manquant à
9 Québec et ça s'appelle la production audio-visuelle, ça
10 s'appelle tout ce pôle de production-là qu'on essaie de
11 consolider chacun de notre côté et pour lequel on a
12 certaines difficultés.
13 38 Donc, on a décidé, on est parti sur
14 cette base-là, en sachant très bien qu'on allait
15 abandonner certains secteurs pour se concentrer,
16 privilégier nos efforts sur la production
17 audio-visuelle.
18 39 Et à partir de ce moment-là, on a
19 décidé de grossir nos rangs, d'aller chercher des gens
20 qu'on croyait indispensables autour de la table; bon,
21 bien sûr le Bureau du film, bien sûr les producteurs
22 indépendants, les gens de la SODEC. Bon. On a
23 réussi... les télédiffuseurs également.
24 40 Et petit à petit, la Table a grandi.
25 Vous arrivez à une période où je dirais qu'on est,
StenoTran
8
1 j'espère, à notre maturité, parce qu'on va avoir
2 certains problèmes...
3 41 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Si vous
4 voulez agrandir, fermez la rue.
5 42 M. RYCHARD THÉRIAULT : Et en même
6 temps, c'est... bon, c'est sûr ça réunit beaucoup de
7 monde, on est très heureux de compter sur la Table, les
8 quatre (4) télédiffuseurs à Québec sont présents:
9 évidemment Télé Québec, Radio Canada, TVA et Quatre
10 Saisons et d'avoir les producteurs, les associations,
11 les techniciens pigistes sont là, les artistes, bon,
12 tout ça. Et de pouvoir échanger, on s'aperçoit en
13 discutant avec les gens qu'on arrive à avoir une espèce
14 de force de concertation qui est beaucoup plus
15 difficele d'avoir, par exemple, à Montréal.
16 43 Moi, je parle des collègues qui me
17 disent: "Vous êtes chanceux d'avoir cette espèce de
18 concertation-là; si on arrivait à pouvoir faire ça à
19 Montréal, on réglerait peut-être une partie de nos
20 problèmes."
21 44 Donc, on essaie de solutionner nos
22 problèmes de cette façon-là. Et tous ensemble, on
23 s'est mis d'accord pour pousser et trouver des actions
24 qui allaient être structurantes pour l'industrie de
25 l'audio-visuel.
StenoTran
9
1 45 Il y a quelques années, on a ensemble
2 mis sur pied une journée qu'on a appelée: "Le forum de
3 l'industrie de l'audio-visuel", où on a réuni environ
4 cent vingt-cinq (125) personnes, qui étaient, on
5 pourrait dire, les décideurs au niveau de la production
6 de l'industrie de l'audio-visuel. Donc, les têtes de
7 réseaux, bien sûr, les gens qui soutiennent la
8 production, tout ça.
9 46 On voulait non pas... faire une
10 espèce de bilan. Tout le monde connaît la situation de
11 Québec. Tout le monde sait qu'il y a un lieu ici de
12 création, que la création est active et tout ça. Puis
13 tout le monde sait aussi qu'il y a une espèce d'érosion
14 qui se fait de façon, je dirais, cyclique. Les gens
15 quittent parce qu'ils ont besoin d'une autre
16 plate-forme. Et l'industrie revient à zéro très
17 souvent, tombe à plat.
18 47 Donc, on a posé certaines questions.
19 On a travaillé une journée complète en se demandant
20 tous ensemble, là, en faisant une espèce de portrait de
21 la situation, en proposant des actions et en disant
22 qu'est-ce que vous, individuellement, les gens, vous
23 pouvez faire pour apporter des gestes qui vont
24 structurer cette industrie-là?
25 48 Il y a, en partie, des réponses qui
StenoTran
10
1 sont venues de ce forum-là, des choses extrêmement
2 intéressantes, de la part des télédiffuseurs, de la
3 part de différents organismes. Il y a des choses qui
4 ont bougé. Je pense que les producteurs indépendants
5 pourront en témoigner tout à l'heure.
6 49 Depuis, bon, bientôt un an et demi
7 que le forum a eu lieu, on sent les effets de ça et on
8 a l'intention de poursuivre bien sûr nos actions et nos
9 dialogues avec, à la fois, les télédiffuseurs, les
10 producteurs indépendants et finalement tout le milieu.
11 50 Alors, dans cette dynamique-là aussi,
12 on a convenu à la Table de se présenter, d'être entendu
13 devant le CRTC. Vous savez que depuis deux (2), trois
14 (3) ans, lorsqu'il y a eu des audiences qui
15 concernaient Québec, on s'est présenté expliquant la
16 position de la Table sur, que ce soit l'acquisition de
17 TQS par Québécor, ou par le renouvellement de CFTM TV,
18 la licence.
19 51 Bon. Et on va également être là
20 l'automne prochain sur les audiences qui ont lieu sur
21 le contenu canadien, tel que le CRTC nous avait invités
22 de le faire en nous disant que ça serait peut-être le
23 meilleur créneau pour faire entendre toutes les
24 propositions.
25 52 Donc, c'est un peu ça l'histoire de
StenoTran
11
1 la Table, c'est notre concentration. Et même si le
2 Québec est le deuxième pôle de production en Amérique
3 du Nord, francophone en Amérique du Nord, on veut bien
4 consolider et on voudrait trouver cette synergie, ce
5 dynamisme qui va faire que les choses vont s'ancrer.
6 53 Et on est pris constamment avec
7 différentes difficultés qui font que le sol s'effrite
8 au niveau de la production. On a discuté... on a fait
9 aussi un travail, je dirais, on a répertorié tout ce
10 qu'il y avait ici autant avec le ministère, avec le
11 bureau du film et tout ça. Et on est arrivé à pouvoir
12 faire une analyse assez, je dirais, réaliste du
13 potentiel qu'il y a ici et de la capacité de
14 production.
15 54 On arrive à voir là où sont les
16 faiblesses véritablement, là où sont les forces et
17 comment on peut justement combler certaines faiblesses,
18 bon, soit par la coproduction, soit... pour finalement
19 agrandir.
20 55 Ce qu'on essaie de faire c'est de
21 faire en sorte que les gens qui ont du talent et qui
22 ont de la créativité et qui décident de travailler ici,
23 de s'installer ici ne soient pas obligés au bout de dix
24 (10) ans de pratique dans la vieille capitale, de
25 s'exiler, mais puissent bien décider de faire du
StenoTran
12
1 partenariat, aller travailler à Montréal, aller
2 travailler à Québec. Mais qu'il y ait un pôle ici qui
3 soit en activité et qui puisse comme générer son propre
4 dynamisme.
5 56 J'ai l'impression d'avoir fait le
6 tour des objectifs de la Table. Je pense que vous
7 comprenez bien notre volonté à l'intérieur de ça. Et
8 cette rencontre-là, cet après-midi, qui a été initiée
9 par madame Tremblay justement, visait à avoir une
10 discussion tout à fait informelle sur justement les
11 différentes possibilités de travail qu'il peut y avoir
12 de notre part.
13 57 Et comment on peut, avec vous,
14 explorer les pistes de solutions finalement sur cette
15 problématique-là par rapport à l'industrie.
16 58 Alors, je remets la parole à mes
17 collègues. Enfin, j'invite mes collègues à...
18 59 M. ROBERT PERRAULT : Peut-être
19 demander à madame Bertrand.
20 60 M. RYCHARD THÉRIAULT : Oui, bon, je
21 saute par-dessus le point de madame Bertrand.
22 61 Mme FRANÇOISE BERTRAND : O.k.
23 62 M. RYCHARD THÉRIAULT : Vous tombez
24 en vacances bientôt, je voulais vous aider un peu.
25 63 Bien sûr, madame Bertrand, je vous
StenoTran
13
1 laisse la parole bien entendu. Puis après ça, on va
2 demander aux gens de bien vouloir échanger, là, sur ce
3 sujet.
4 64 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Je serai
5 brève.
6 65 Bien, merci. Écoutez, moi aussi, je
7 veux qu'on passe du temps davantage à dialoguer. Donc,
8 je n'ai pas l'intention de faire une longue
9 présentation.
10 66 J'ai cependant apporté des documents
11 qui présentent la planification stratégique qu'on a
12 faite pour les trois (3) prochaines années. Parce que
13 vous parlez de l'audience qui vient sur la télévision,
14 elle est absolument cruciale. Mais tout de suite après,
15 c'est celle sur les nouveaux médias qui, à mon avis,
16 est tout aussi cruciale pour la région et qui est très
17 près. J'imagine, on va en parler plus tard, les liens
18 que vous avez avec ces univers-là qui sont très proches
19 parents. Enfin, c'est des questions qu'on se posera à
20 cette audience-là.
21 67 Et après, on va arriver avec les
22 renouvellements de licences, en passant, tout seigneur,
23 tout honneur, par la télévision et la radio publique.
24 68 Et là aussi, je pense que ça
25 interpelle certainement la région de Québec. Alors,
StenoTran
14
1 j'aimerais ça pouvoir vous distribuer la planification
2 en termes de ces grands principes et de ces beaux mots.
3 Je vous remets tout de suite le plan de travail qui est
4 le soutien pour les trois (3) prochaines années, qui
5 illustre bien les pôles où on va avoir plusieurs
6 occasions de se rencontrer et de discuter, espérant
7 avoir aussi des actions concrètes pour faire en sorte
8 de faire avancer les objectifs communs.
9 69 Et donc, on aura certainement la
10 chance de parler... je sais que vous voulez parler plus
11 lié à ce qu'est l'audience de la télévision canadienne.
12 Je dois dire que nous, on est entrés en processus
13 formel, ce qui explique que nous sommes accompagnés.
14 70 Ça reste tout aussi informel en
15 termes du ton, mais ça implique que je ne veux pas être
16 la seule à pouvoir bénéficier de vos commentaires. Je
17 me dois, pour s'assurer que le processus n'est pas
18 simplement transparent, mais bénéficie à tout le monde,
19 c'est ce qui explique que madame va nous aider à faire
20 un rapport écrit de notre rencontre.
21 71 Aussi que je suis accompagnée de
22 Caroline et d'Anne-Marie qui vont faire en sorte que
23 nous puissions nous assurer que c'est vraiment parti,
24 disons, informel, au sens où ce n'est pas avec les
25 salles telles qu'on les connaît et avec tous les
StenoTran
15
1 éléments, mais il faut absolument que ce soit un
2 élément qu'on partage.
3 72 Ce qui m'amène aussi à être plus
4 réservée dans mes commentaires, parce que nous sommes
5 entrés en phase d'exploration et de compréhension.
6 Donc, mes commentaires seront pour la fin et non pas à
7 ce moment-ci.
8 73 Là où je pense qu'on peut avoir
9 cependant un dialogue très actif, c'est comment on peut
10 s'aider pour pointer là où on peut se rencontrer à
11 nouveau et sous quelle forme, pour faire en sorte que
12 votre travail puisse vraiment nous aider à aller plus
13 loin et mieux répondre à vos besoins.
14 74 C'est-tu assez bref, ça?
15 75 Le rapport jaune c'est vraiment la
16 planification dans ses mots plus théoriques, si on
17 veut, comme toute entreprise fait. Et le document
18 blanc, c'est le document de l'action qui aurait fait
19 autrement que notre document serait resté sur les
20 tablettes.
21 76 Mais c'est ce qui fait l'engagement
22 que nous avons pris avec l'ensemble de la population
23 pour dire: Voici les rendez-vous par rapport aux
24 grandes questions. On l'a fait sur une planification
25 de trois (3) ans. Ce qui donne donc le temps aux gens
StenoTran
16
1 de voir venir, de s'organiser.
2 77 On sait que de participer aux
3 audiences du Conseil ce n'est pas toujours aussi
4 informel qu'on le souhaiterait. Donc, il faut avoir le
5 temps de se réunir, d'en parler, de faire des études.
6 Et donc, c'est dans cet esprit-là que nous avons fait
7 le travail.
8 78 Il y a beaucoup de choses en
9 télécommunication, mais surtout beaucoup de choses en
10 radiodiffusion. Parce qu'en télécommunication beaucoup
11 du travail de refonte de l'architecture en téléphonie
12 se complétait. Il s'agit maintenant de vraiment faire
13 en sorte que tout arrive, de telle sorte que la
14 concurrence ne soit pas simplement une architecture,
15 mais une réalité.
16 79 Dans le domaine de la radiodiffusion,
17 c'est de dire: Le monde a tellement évolué, il est
18 important qu'on en prenne compte et qu'on fasse en
19 sorte qu'on se requestionne sur l'ensemble des
20 dimensions. On vient de faire la revue en radio, en
21 radio commerciale. On entame celle de la télévision,
22 avec la même vigueur, puis la même détermination.
23 80 Voilà.
24 81 M. RYCHARD THÉRIAULT : Dans toute
25 cette analyse-là, bien sûr, le rôle des régions,
StenoTran
17
1 comment les régions vont pouvoir participer à cette
2 nouvelle vision de la télévision, je pense qu'on est
3 dans le coeur du sujet, là. Je ne sais pas s'il y a
4 des gens qui veulent débuter la discussion.
5 82 Mme LILIANNE TREMBLAY : Oui, je
6 voudrais ouvrir la discussion là-dessus d'une façon
7 extrêmement informelle, parce qu'on est toujours amenés
8 à peu près au même point. C'est-à-dire on parle de
9 programmes faits hors Montréal ou hors des grands
10 centres, étant entendu que les grands centres sont,
11 d'un point de vue canadien, Vancouver, Toronto,
12 Montréal et Halifax, en tout cas d'un point de vue
13 canadien.
14 83 Et ce qui est intéressant pour nous
15 c'est de voir effectivement comment les choses se sont
16 jouées, parce qu'on a beaucoup discuté de ça depuis les
17 deux (2) dernières années, sur le plan industriel. Et
18 comment les centres de décisions et donc, l'argent
19 également, et l'argent investi dans la programmation,
20 les décideurs sont entièrement, contrôlent l'argent à
21 partir des grands centres seulement.
22 84 Alors on a eu à faire face depuis les
23 deux (2) dernières années, parce que suite au forum,
24 bien sûr, une demande de la part des producteurs
25 indépendants, un meilleur arrimage entre les
StenoTran
18
1 producteurs indépendants et nos télédiffuseurs locaux,
2 d'essayer de trouver des projets qui pourraient trouver
3 une place dans la grille horaire.
4 85 On a toujours été confrontés à la
5 même chose, c'est-à-dire finalement le financement des
6 projets se fait toujours à la même place et les
7 décisions de grille horaire sont toujours prises
8 également par les mêmes personnes. Sinon... et s'il y
9 a des grilles horaire qui deviennent disponibles pour
10 Québec, les argents ne vont pas suivre.
11 86 O.k. Si, par exemple, un projet est
12 accepté, il va y avoir toute une série de négociations
13 à la baisse. Et le producteur va se retrouver
14 finalement à devoir en financer une beaucoup plus
15 grande partie que ce qui est habituel.
16 87 Très souvent on rencontre ce type de
17 problématique-là, c'est-à-dire qu'on en est venu à un
18 moment donné à se poser des questions comme... la
19 solution du problème et c'est une question, dans un
20 sens, là, et j'ouvre le débat là-dessus, est-ce que par
21 exemple, si on se disait que si nos directeurs
22 régionaux bénéficiaient d'une voix au chapitre, par
23 exemple, dans la grille horaire, ou s'il y avait une
24 ouverture dans la grille horaire faite aux produits
25 hors des grands centres, et qu'en conséquence, s'il y
StenoTran
19
1 avait des argents qui devenaient disponibles pour des
2 produits faits à l'extérieur des grands centres
3 effectivement, et là, -- peut-être qu'on n'est pas
4 rendus à l'étape où on explorera à qui cet argent-là
5 serait donné -- mais dans une alternative, par exemple,
6 comme celle qu'on considérait, on se disait, dans le
7 fond, nos directeurs régionaux connaissent bien les
8 producteurs indépendants, ils savent qui est en mesure
9 de produire la meilleure chose, par exemple, la
10 programmation la plus intéressante qui serait et les
11 meilleurs producteurs aussi.
12 88 Pourquoi ces gens-là, par exemple,
13 qui connaissent bien le milieu ne disposeraient-ils pas
14 d'une enveloppe budgétaire? Et on se disait, c'est
15 inouï parce que ça prendrait de très petites sommes,
16 compte tenu du pourcentage de licence qui est demandé
17 de la part du télédiffuseur, pour déclencher tout un
18 processus, en tout cas, et toute une catégorie de
19 productions qui pourrait se solder par quelques
20 millions de productions à Québec.
21 89 Si par exemple, je regarde, si chacun
22 des directeurs régionaux bénéficiaient d'une somme d'à
23 peu près cinq cent mille dollars (500 000,00 $) par
24 année, et donc, en provenance des grandes stations,
25 c'est plusieurs millions de productions qu'on verrait
StenoTran
20
1 l'année suivante produites dans la région de Québec.
2 90 Et je pense... c'était une des
3 avenues qu'on explorait et qui mérite, je pense, d'être
4 considérée ou d'être étudiée plus avant. Il y a
5 peut-être d'autres solutions également, là, mais c'est
6 sûr que l'ouverture, des ouvertures dans la grille
7 horaire, si on veut parler sérieusement des productions
8 hors des grands centres, il faut que la grille-horaire
9 en tienne compte et donc, également que les argents
10 soient disponibles.
11 91 Et on pensait que dans la mécanique,
12 les directeurs régionaux avaient un rôle intéressant à
13 jouer pour ça, d'un point de vue industriel. C'était...
14 92 Ah! j'ajouterais aussi que depuis
15 l'an dernier, il y avait toute une série de
16 propositions au forum, une série d'actions également
17 qui devaient être menées, qui vont toutes dans le sens,
18 qui convergent toutes dans le sens d'une réorganisation
19 du milieu de la production, d'une restructuration.
20 93 Notamment, je pense, par exemple, à
21 l'inventaire de tout ce qu'on a de disponible dans la
22 région, l'édition du deuxième guide de tournage de la
23 région de Québec aussi, je pense à l'inventaire des
24 équipements également qui doit être fait de concert
25 avec le ministère de la Culture et des Communications.
StenoTran
21
1 94 Et je pense également à la naissance
2 du regroupement des producteurs indépendants, là, de la
3 région de Québec aussi, qui se sont donnés une voix,
4 puisque leur situation n'est pas la même qu'un
5 producteur qui se trouve dans la métropole.
6 95 Maintenant, il y a aussi des
7 dialogues engagés avec les associations nationales, à
8 partir de ce regroupement-là et il y a des dialogues
9 surtout engagés avec tous les télédiffuseurs. Tour à
10 tour que ce soit Téléfilm, le Fond des câblos, que ce
11 soit TVA, Télé 4 ou Télé-Québec, chaque année,
12 maintenant ont pris plus l'habitude, là, d'un voyage
13 vers la capitale et il y a des liens qui sont établis
14 de façon plus durable, alors...
15 96 Et je veux souligner également le
16 fait que dans les derniers mois, il y a eu énormément
17 de projets présentés. Monsieur Poirier, qui est le
18 directeur régional de la Société Radio-Canada, disait à
19 une des dernières réunions qu'il avait reçu un nombre
20 impressionnant de projets, là, et que là-dessus, il y
21 en aurait, je dirais, au moins une trentaine, là, qui
22 auraient pu aller en production, pour lui, là, très
23 facilement. Mais sur la centaine reçus, qu'il y aurait
24 une trentaine qu'il aurait envoyés immédiatement en
25 production.
StenoTran
22
1 97 Alors, ils ont reçu... étant donné
2 leur rôle de télédiffuseur public, je pense que ça a
3 été pris extrêmement au sérieux les engagements de
4 Michèle Fortin, l'an dernier, quand elle est venue au
5 forum, là, du cinq (5) mars.
6 98 Alors, je pense qu'il faut... je
7 pense que la situation des régions, en tout cas, repose
8 très très entièrement, là, sans réglementation à cet
9 effet-là, j'ai l'impression que cette dynamique, en
10 tout cas, de concentration, c'est très difficile à
11 inverser comme processus.
12 99 M. RYCHARD THÉRIAULT : À partir de
13 ce point-là, Lilianne soulève une question
14 fondamentale, là. Le rôle... bien sûr, il y a un
15 ensemble de facteurs qui fait qu'on essaie de remettre
16 l'industrie... comment on peut faire pour remettre
17 l'industrie, je dirais même mettre l'industrie, la
18 faire rouler convenablement.
19 100 Mais comment on peut avec... dans le
20 partenariat avec le CRTC, comment on peut penser que
21 travailler pour trouver... c'est-à-dire on se retrouve
22 toujours en... je regardais ce que vous avez mis sur la
23 table pour les audiences de l'automne et toute la
24 partie de... je dirais la mosaïque canadienne qu'on
25 essaie de créer et on se retrouve toujours
StenoTran
23
1 inévitablement dans des débats un peu, je dirais, de
2 vains débats où on est en train d'essayer de prendre...
3 comme si on voulait prendre une partie de terrain de ce
4 que les centres de production ont.
5 101 Alors qu'il y a une contribution qui
6 devrait venir et qui devrait être naturelle de la part
7 des centres régionaux forts. On pense que Québec dans
8 cette dynamique-là pourrait compter, avec la qualité de
9 création qui se fait ici de production, pourrait
10 compter participer à cette espèce de mosaïque-là.
11 102 Et Lilianne soulève la question
12 clairement à savoir, quelles sont les avenues possibles
13 finalement pour penser à ouvrir une certaine fenêtre,
14 qui permettrait à la production d'ici et qui
15 donneraient un certain souffle à la production d'ici.
16 103 On a un peu l'impression qu'on est
17 dans un... on est encarcanés dans un jeu de pouvoir, où
18 les décisions sont basées sur des considérations qui
19 sont toutes autres que des considérations disons
20 l'apport à la culture, de créations ou de contenus
21 artistiques.
22 104 Alors, évidemment, il y a différentes
23 solutions qui sont envisagées. C'est dans cet
24 esprit-là, là, qu'on cherche.
25 105 M. CLAUDE THIBODEAU : Moi, j'ai
StenoTran
24
1 participé aux activités de la Table, madame la
2 présidente, depuis à peu près deux (2) ans. Et je me
3 souviens pour un, lorsqu'on a tenu, au mois de mars
4 dernier, un forum à Québec, où étaient, comme
5 l'expliquait Richard, tout à l'heure, réunis autour de
6 la Table plus d'une centaine de gens qu'on pourrait
7 qualifier d'acteurs dans l'industrie audio-visuelle et
8 culturelle de la région de Québec.
9 106 J'ai dégagé quelques observations.
10 Je relisais l'ensemble des notes, là, de deux (2)
11 années de travail avant de me présenter ici pour vous
12 rencontrer aujourd'hui. Ce qui me frappe pour un,
13 c'est que ce que je crois que le milieu essaie de dire
14 ici, à Québec, le mot clé pour moi en tout cas, et je
15 crois que ça devrait certainement être répété
16 clairement, il y a à Québec toute une classe ou toute
17 une industrie finalement qui aimerait, je crois, que
18 les décisions du CRTC aient ce que ces gens-là se
19 plaisent à appeler des effets structurants.
20 107 Et lorsqu'à la Table, on a préparé en
21 groupe la comparution de cette même Table lors des
22 audiences de renouvellement de la station que je
23 représente, j'ai encouragé chaleureusement mes
24 collègues de la Table à tester avec le CRTC très
25 clairement lors de cette audience, l'importance nulle
StenoTran
25
1 ou relative que le Conseil pouvait éventuellement
2 accorder à ce que les gens de la région appellent les
3 effets structurants.
4 108 J'ai invité mes collègues de la Table
5 à dire au Conseil: Posez clairement la question à la
6 personne qui présidera l'audience, monsieur Bélanger en
7 l'occurrence et demandez au représentant du CRTC si le
8 Conseil se soucie, dans les renouvellements de licences
9 des stations régionales, Québec étant une région au
10 sens du Québec, de ces effets structurants-là.
11 109 Et monsieur Bélanger, évidemment, a
12 longuement discuté avec plusieurs intervenants sur ces
13 questions-là. Ce que moi, j'ai décodé des propos de
14 monsieur Bélanger, c'est que le Conseil ne peut pas --
15 c'est ma compréhension à moi -- vraiment assortir
16 chacune de ces décisions dans le cas des
17 renouvellements de licences des stations régionales ou
18 des stations comme celle de Québec, de contraintes
19 véritablement beaucoup plus pointues que ce qu'il
20 imposerait, par exemple, à d'autres stations dans les
21 marchés comparables à Québec. On parle de Calgary ou
22 de Vancouver ou de d'autres marchés du Canada.
23 110 Et je ne suis pas certain pour un,
24 que l'on ait bien testé auprès du CRTC ou qu'on se soit
25 bien assuré de la probité ou de l'intérêt que le
StenoTran
26
1 Conseil accorde à cette notion-là des effets
2 structurants.
3 111 Parce que vous le savez fort
4 probablement, je ne veux pas être très long, je termine
5 mon propos, nos employés dans les stations de
6 télévision, partout au Canada, sont souvent très
7 fortement syndiqués. Ils sont souvent les premiers
8 lors d'audiences publiques à venir récriminer du
9 Conseil plus d'heures de production, plus d'engagements
10 de la part des stations. Et c'est très correct, je ne
11 conteste pas ça.
12 112 Mais ce que ces employés-là voient
13 dans une pareille directive qui viendrait de la part du
14 Conseil dans un renouvellement de licence, c'est ce qui
15 leur apparaît eux et elles une garantie que de telles
16 heures de productions vont se solder par le maintien
17 des emplois.
18 113 Mais ces mêmes employés syndiqués ne
19 perçoivent pas des contraintes de productions assorties
20 à une licence régionale comme étant une obligation pour
21 ladite station de transférer une partie de ses
22 activités à des gens qui opèrent à l'extérieur de la
23 station, pour atteindre lesdits effets structurants.
24 114 Je suis de ceux qui disent à mes
25 collègues autour de la Table que le Conseil n'a pas, au
StenoTran
27
1 cours des dernières années, envoyé des signaux très
2 clairs -- et corrigez-moi si je vous ai mal lu -- à
3 l'effet qu'ils se souciaient de façon très précise de
4 ces préoccupations-là d'effets structurants.
5 115 Monsieur Bélanger, à l'audience de la
6 station qu'il représente, n'a pas non plus, à ma
7 connaissance, exprimé très clairement que oui, ça
8 serait une grande préoccupation du Conseil d'aller dans
9 le sens des effets structurants.
10 116 Et dernier point que je voudrais
11 mentionner en terminant, je ne veux pas monopoliser le
12 débat, mais c'est qu'il y a beaucoup de gens dans le
13 milieu local et régional qui sont souvent aliénés, et
14 avec raison sans doute, par le fait que les stations
15 remplissent souvent leurs obligations en faisant
16 essentiellement des émissions de nouvelles et
17 d'affaires publiques.
18 117 Le Conseil a, très rarement dans le
19 passé, à ma connaissance, émis des directives très
20 pointues dans ces règlements de licences, on disant:
21 Vous devrez faire tant d'heures de ceci, tant d'heures
22 de cela. Généralement, il s'est contenté d'accueillir
23 les propositions des diffuseurs.
24 118 Et le Conseil a rarement, je crois,
25 là, dicté de façon très précise ce que ça devait être.
StenoTran
28
1 Et comme on parle souvent d'accès au prime time, je
2 pense que ce n'est pas à vous qu'on va apprendre que la
3 bataille du prime time se fait à coût de méga séries de
4 Omerta et de Cher Olivier, et caetera.
5 119 Et, passez-moi l'expression, la mafia
6 de la production en cette matière semble habiter
7 beaucoup à Halifax, Toronto ou Montréal et quelques
8 autres villes canadiennes, mais pas Québec. Alors, en
9 tant que membre de cette Table-là...
10 120 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Ni Calgary.
11 121 M. CLAUDE THIBODEAU : Sans aucun
12 doute.
13 122 Mme LILIANNE TREMBLAY : Ni Calgary.
14 123 M. CLAUDE THIBODEAU : Alors, en tant
15 que membre de la Table, je me sens un peu, je ne dirais
16 pas mal à l'aise, mais j'ai souvent l'impression que je
17 porte deux (2) chapeaux à la fois. Je dirige une
18 station de Québec, mais qui appartient à un groupe
19 montréalais, qui fait la guerre des cotes d'écoute
20 contre ses collègues de Radio-Canada et d'autres
21 antennes, à grands coups de millions dans le prime
22 time.
23 124 Je ne suis pas sûr que le Conseil ait
24 jusqu'ici pris des décisions qui vont gérer les effets
25 structurants, là, que cherchent à obtenir mes collègues
StenoTran
29
1 autour de la Table.
2 125 M. RYCHARD THÉRIAULT : Est-ce que
3 vous vouliez rajouter quelque chose sur ça?
4 126 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien,
5 c'est-à-dire sur la décision ou sur les échanges
6 survenus au mois de janvier dont je n'étais pas, j'ai
7 lu la transcription. C'est certain que l'exercice n'a
8 peut-être pas permis les effets structurants
9 recherchés, parce qu'on travaillait à l'intérieur d'un
10 cadre donné.
11 127 Je pense que l'opportunité qui nous
12 est donnée est justement dans un document quand on a
13 fait la décision, on a référé au fait qu'on ne pouvait
14 pas... quand on a choisi de ne pas poursuivre chacune
15 des dimensions et qu'en effet, tout ce qui était plus
16 apparenté à toutes les questions structurantes étaient
17 référées à l'audience qu'on va faire, soit en
18 septembre, qui est vraiment l'exercice auquel on va
19 convier tout le monde.
20 128 Donc, il n'y aura pas que les effets
21 structurants liés à la région de Québec, mais chacun
22 doit venir avec... parce que c'est ça la question qu'on
23 pose, c'est de quoi avez-vous besoin pour vous
24 développer compte tenu que c'est vous qui savez ce dont
25 vous avez besoin?
StenoTran
30
1 129 Et vos besoins vont être différents
2 de fait que dans le milieu anglophone. Dans le milieu
3 anglophone il y a eu des différences. Et c'est ça, on
4 a besoin absolument que vous ayez une part active pour
5 nous dire ce que vous voyez. Est-ce qu'on pourra
6 arriver à donner la réponse à tous? Certainement pas.
7 130 Mais j'applaudis le fait que vous
8 ayez fait ce travail-là, parce que ça va nous aider
9 beaucoup à pouvoir être dérangés dans nos vues. C'est
10 évident, il y a quelque part ou même je dirais que dans
11 les agoras qu'on a faits, on a tenu beaucoup
12 d'audiences à ce jour avec les citoyens sur une base
13 très informelle, où les gens n'avaient pas de mémoires
14 à venir nous porter.
15 131 Et la question c'est: Dites-nous ce
16 que vous voulez nous dire par rapport au contenu de
17 télévision. Et la plupart des gens, ce dont ils nous
18 ont parlé c'est le besoin de se retrouver dans leur
19 télévision. Ils n'ont pas parlé tellement du contenu
20 canadien au sens où on en parle habituellement.
21 132 Ce dont ils ont parlé, c'est qu'ils
22 veulent se retrouver et donc, ils vont parler de
23 télévision locale, régionale, probablement davantage
24 dans des genres plus près d'informations d'affaires
25 publiques, de magazines. Mais au fond, c'est parce
StenoTran
31
1 qu'on n'a pas poursuivi sur d'autres éléments.
2 133 Je pense bien que l'importance de se
3 retrouver reste un élément très important de la
4 télévision. Et donc on a eu un écho par ces
5 audiences-là déjà, qui certainement a un écho par
6 rapport à ce que vous nous parlez et c'est une autre
7 manière.
8 134 On n'ira pas gérer à travers la
9 réglementation, les réseaux. Il est certain que le
10 lieu pour nous faire des propositions est celui de
11 l'automne, il n'y a aucun doute. Et le plus vous serez
12 structurés vous-mêmes dans vos suggestions, le plus ça
13 nous aidera. Sans aller gérer les groupes même de
14 radiodiffusion à adopter une architecture qui sera
15 propice au meilleur développement possible.
16 135 Parce que c'est certain que nous,
17 notre objectif, ce n'est pas le développement de
18 Québec. C'est comment faire pour que nous allions plus
19 loin en télévision de langue française, en télévision
20 de langue anglaise, qu'on mette à profit le plus
21 possible les talents, pour qu'on gagne le plus ici,
22 puis qu'on soit de plus en plus capables à aussi
23 prendre notre place sur le marché international.
24 136 C'est ça la loi sur la
25 radiodiffusion, a des objectifs très précis, besoin
StenoTran
32
1 d'une dualité, d'une diversité. C'est ça qu'on
2 recherche. Mais sur les façons structurantes de le
3 faire, c'est sûr que nous avons besoin que vous nous
4 disiez comment vous voyez ça pour votre propre
5 développement.
6 137 M. RYCHARD THÉRIAULT : Michel
7 Laliberté avait demandé la parole. Ensuite, François
8 Paquette.
9 138 M. MICHEL LALIBERTÉ : Merci. Moi ce
10 que je voulais dire finalement c'est que j'ai eu
11 l'occasion de regarder ça un petit peu aussi sur
12 Internet jusqu'à maintenant, c'est qu'on risque
13 d'augmenter notre problème un petit peu. Est-ce qu'on
14 veut consolider les grandes entreprises? On veut être
15 d'attaque pour l'international.
16 139 Ça risque de nous éloigner encore
17 d'une participation peut-être un petit peu plus
18 avantageuse aux structures actuelles de la
19 radiodiffusion. C'est une inquiétude.
20 140 C'est que j'essaie aussi de trouver
21 une solution pour qu'on soit inclus dans la démarche à
22 la fois canadienne et aussi dans la démarche
23 internationale. Et là, jusqu'à maintenant, c'est sûr,
24 on a eu des difficultés ici au Québec, avec les réseaux
25 même à Montréal.
StenoTran
33
1 141 Alors, on se dit: Si les grandes
2 entreprises s'attaquent aux marchés internationaux, la
3 préoccupation, par exemple, d'une production régionale
4 ou quoi que ce soit, bien, on va s'éloigner de plus en
5 plus d'un accès à la diffusion.
6 142 O.k. Alors ça, ça c'est une chose,
7 d'autant plus qu'on est dans un petit marché et qu'on
8 nous case souvent dans des petites productions. Parce
9 que le prime time, on le sait, c'est les lois du marché
10 qui dirigent le prime time, ce n'est pas nécessairement
11 la réglementation comme telle.
12 143 Alors, comme les lois du marché, on
13 est un peu exclus parce qu'on est dans un marché assez
14 restreint, alors c'est difficile d'avoir accès aux
15 grands espaces de diffusion, puis à une certaine
16 prospérité de notre propre industrie locale.
17 144 L'autre constatation que je fais,
18 c'est qu'à Québec, on n'a plus de propriété sur les
19 moyens de diffusion, sauf peut-être une station ou deux
20 (2) en radio. De telle sorte que tout ce qu'on peut
21 générer comme argent à Québec sur la production, on ne
22 touche jamais les profits.
23 145 Jamais les profits ne sont réinvestis
24 à Québec. O.k. Parce que toutes les stations de
25 télévision sont complémentaires aux besoins du réseau.
StenoTran
34
1 Alors, si par exemple, les exercices de la télévision
2 de Québec avaient un certain profit, bien
3 malheureusement on ne peut jamais se développer et
4 c'est avec des profits qu'on peut relancer, qu'on peut
5 donner de la croissance.
6 146 Or, on n'y a pas accès. C'est une
7 chose qui, je pense, un jour, il faudrait changer.
8 147 Alors, grosso modo, là, c'est les
9 premières observations que j'ai. J'ai une crainte, si
10 on ne réussit pas à s'inclure actuellement dans la
11 structure qui est faite, ça va être d'autant plus
12 difficile de s'inclure dans la structure qu'on est en
13 train de mettre en place, qui est la structure du début
14 du prochain siècle et tout ça.
15 148 Parce que je pense qu'avec ça, on
16 parle de la télévision des dix (10) prochaines années,
17 on ne parle plus de celle du passé. Et puis il y a des
18 nouveaux moyens de communication aussi. On ne sait pas
19 trop où ça va aller. On ne sait pas comment... quelle
20 sorte d'affiliation il va y avoir avec les moyens de
21 diffusion.
22 149 Alors, ce n'est pas facile de se
23 placer quand on est dans un petit marché avec des
24 petites ressources pour s'attaquer aux gros marchés.
25 Voilà.
StenoTran
35
1 150 M. FRANÇOIS PAQUETTE : Puisque les
2 intervenants de la région se préparent à soit faire une
3 intervention devant le Conseil, peut-être que je
4 pourrais vous demander, Madame la Présidente, de
5 peut-être nous aider à clarifier un peu le fond de
6 scène dans lequel on travaille. Ça va peut-être nous
7 aider à clarifier notre réflexion.
8 151 J'aurais deux (2) questions à vous
9 poser. D'une part, dans un contexte où on parle de
10 déréglementation, est-ce qu'il y a de l'avenir pour
11 stimuler ou encourager les marchés régionaux ou des
12 marchés spécifiques, alors que l'on tente de moins
13 réglementer?
14 152 Alors que nous, on espérait et on
15 voit souvent la possibilité de favoriser nos marchés ou
16 notre industrie par une réglementation qui en prendrait
17 compte, dans un contexte de déréglementation, est-ce
18 qu'on n'est pas en train de se raconter des histoires?
19 153 Et ça vous voyez mieux que nous la
20 situation, vous êtes peut-être capable de nous donner
21 un point de vue.
22 154 Le deuxième point de vue que... en
23 tout cas, la deuxième chose sur laquelle je
24 souhaiterais vous entendre, si c'est possible, c'est,
25 est-ce que dans la réglementation qui demeurera --
StenoTran
36
1 parce que ça ne sera jamais complètement déréglementé
2 au complet, je ne pense pas qu'on va vivre le open sky
3 dans les ondes -- dans la réglementation, est-ce que le
4 conseil est capable d'envisager un concept de
5 réglementation à géométrie variable?
6 155 Je pose la question en prenant un peu
7 appui sur ce que Claude vous a dit tout à l'heure.
8 Bien sûr, le Conseil ne peut pas prendre des règlements
9 pour Québec et ne pas pouvoir les appliquer à Calgary
10 ou... Mais est-ce que c'est vraiment si impossible que
11 ça? Est-ce que de la réglementation à géométrie --
12 moi, j'appelle ça à géométrie variable, au gouvernement
13 de Québec, maintenant, on utilise souvent le terme de
14 la modulation régionale -- est-ce que c'est pensable de
15 penser à une réglementation qui tient compte de
16 particularités sous régionales, compte tenu que les
17 régions sous l'angle fédéral c'est des provinces
18 généralement, sous régionales, est-ce que c'est
19 envisageable?
20 156 En tout cas, c'est la question que je
21 vous pose, parce que ça va nous permettre, nous, de
22 voir si on est -- passez-moi l'expression --
23 complètement à côté de nos pompes, lorsqu'on va
24 réfléchir à des moyens qu'on pourrait vous soumettre.
25 Ou si, comment je pourrais dire, on est encore dans
StenoTran
37
1 l'ordre de la réalité et du faisable.
2 157 Mme FRANÇOISE BERTRAND : O.k.
3 Alors, si vous prenez le cahier jaune, à la page 6,
4 vous allez voir qu'il y a encore de la place pour de la
5 réglementation, parce qu'on dit que le Conseil doit
6 prendre compte de l'ensemble des aliments
7 environnementaux et qui font en sorte qu'on doive se
8 transformer et qu'on dit que notre boîte à outils, elle
9 doit donc se promener sur un continuum. Mais c'est un
10 continuum et ça implique tous les outils.
11 158 Et dans ça, on s'aperçoit bien qu'il
12 y a des moments où en effet, on aura des éléments
13 beaucoup plus larges et donc beaucoup moins tatillons,
14 si on veut parler de la réglementation dans son sens le
15 plus désagréable. Mais en même temps, on gardera de la
16 réglementation plus pointue.
17 159 Et je donnerais l'exemple de la
18 décision qu'on a rendue à la radio, en radio, ce n'est
19 pas une vieille décision de quatre-vingt-douze (92)
20 ans, là, ça a été au mois d'avril. On a, à la fois, pu
21 amener une plus grande concentration, dans les plus
22 grands marchés. Donc, en ce sens-là, on déréglemente,
23 mais en même temps, sur le contenu canadien et sur la
24 musique vocale de langue française, on a resserré les
25 exigences.
StenoTran
38
1 160 Parce qu'il nous apparaissait qu'il y
2 avait encore une opportunité pour aller plus loin, au
3 sens culturel, mais aussi au sens de dire, il y a
4 encore une opportunité pour les marchés, puis pour le
5 plan industriel, pour économiquement ensemble aller
6 plus loin. Et on a fait des distinctions en termes des
7 marchés francophones, des marchés anglophones.
8 161 Quant à la diversité, est-ce qu'il
9 est possible d'avoir des solutions? Je ne pense pas
10 qu'on ne peut pas arriver à des solutions par
11 communautés ou par villes. Mais présentement, dans la
12 réglementation, on a de la géométrie variable ou de la
13 modulation régionale.
14 162 Parce que dans la loi comme c'est
15 présentement inscrit, au chapitre des objectifs de la
16 loi, on nomme précisément la question de la dualité
17 linguistique et on nomme précisément les questions de
18 diversité.
19 163 Et quand vous regardez des situations
20 concrètes, par exemple, la question des canaux
21 spécialisés, on a été beaucoup plus, disons, frileux
22 sur la façon de faire développer les canaux spécialisés
23 en langue française, parce que les marchés étaient
24 différents. Pas simplement pour la question des
25 nombres, mais pour la réalité comme telle.
StenoTran
39
1 164 Si on prend la télévision
2 conventionnelle de langue anglaise et de langue
3 française, comment le téléspectateur se comporte en
4 français et en anglais au Canada? C'est très très
5 différent.
6 165 Conséquemment, on ne peut pas, quand
7 on arrive dans la génération des canaux spécialisés,
8 avoir une approche identique. Et vous verrez dans les
9 prochaines semaines, qu'on a une approche encore très
10 différente dans les marchés francophones et
11 anglophones.
12 166 Et dans l'avis public qu'on a fait
13 paraître sur la télévision pour l'architecture à
14 laquelle on convie tout le monde, il est nommément dit
15 que nous allons le regarder de façon différente.
16 167 Est-ce qu'on va faire une mesure ou
17 une réglementation particulière pour Québec, une pour
18 Trois-Rivières? Non, mais on va prendre en contre que
19 si on veut vraiment se développer, nous pensons, c'est
20 ça, évidemment on est en réglementation, on ne cherche
21 pas à perdre nos jobs, on est dans un travail
22 davantage, je pense, de finesse, pour essayer de voir
23 comment peut-on utiliser la réglementation pour aller
24 plus loin, en faisant en sorte que les objectifs de la
25 Loi sur la radiodiffusion, évidemment, soient bien
StenoTran
40
1 servis, mais que ça nous permette économiquement,
2 culturellement, socialement, politiquement d'aller plus
3 loin. C'est ça qu'on essaie de faire.
4 168 Et on se dit, on ne les a pas les
5 réponses. Mais c'est à vous à prendre une part active,
6 à nous dire de quelle manière ça pourrait vous aider.
7 Et vous ne pouvez pas parler, vous ne pouvez pas nous
8 demander de dire: Demandez aux stations de faire en
9 sorte qu'ils nous réservent un budget. Ce n'est pas
10 possible.
11 169 Ce que vous pouvez nous demander,
12 c'est dire: Pour nous développer, ce dont nous aurions
13 besoin, c'est des réglementations de type de contenu
14 canadien ou de contenu régional. Vous dites, par
15 exemple, sur le genre en télévision, on fait toujours
16 une distinction entre l'information, puis les genres
17 fiction, divertissements.
18 170 Bien, il faut que vous nous
19 l'exprimiez en disant, vous ne voulez pas être
20 cantonnés strictement, c'est ça que je comprends, à
21 l'information et aux affaires publiques. Vous voulez
22 avoir la possibilité que les grands centres ne soient
23 pas les seuls artisans des budgets, par exemple, dans
24 le domaine de la fiction et du divertissement. Vous
25 voulez que ça soit quelque chose qui soit beaucoup plus
StenoTran
41
1 partie prenante.
2 171 C'est dans ce sens-là où je pense
3 qu'on a besoin de votre connaissance de ces métiers-là
4 et de ces industries-là pour nous dire comment vous le
5 voyez. On n'ira pas gérer en lieu et place, mais il y
6 a certainement de la capacité de notre part à vous
7 écouter et à faire en sorte qu'on n'ait pas des mesures
8 universelles. Ce n'est pas ça qu'on cherche.
9 172 Anne-Marie me faisait remarquer
10 qu'ici dans les questions qu'on précise dans l'avis
11 public en télévision, on disait au paragraphe 23:
12 Existe-t-il des incitatifs ou autres mécanismes
13 garantissant que les dépenses engagées par tous les
14 télédiffuseurs au type d'émissions canadiennes, en
15 particulier des télévisions de divertissements sont
16 appropriées équitables.
17 173 Alors, on peut pousser plus loin et
18 dire, est-ce qu'elle ne pourrait pas être dépensée pas
19 strictement par les grands centres? Et ce n'est pas
20 juste ici, j'entends ça partout et dans bien des cas,
21 on s'en réfère à Radio-Canada. C'est Radio-Canada qui
22 devrait être ce joueur qui permet aux régions.
23 174 Bien, peut-être qu'on est rendus,
24 nous, en langue française, à une autre étape si on veut
25 que cette activité-là soit à la fois du domaine privé
StenoTran
42
1 et du domaine public, parce qu'on ne fait pas la même
2 télévision, c'est complémentaire.
3 175 Alors, oui, il y a de la place pour
4 la diversité. Et de penser aujourd'hui que les mesures
5 universelles, ça serait la réponse. Moi, je pense
6 qu'on va être moins riche au bout de la ligne. Parce
7 que la diversité, c'est la survie de un. Mais
8 deuxièmement, c'est ça qui va nous permettre d'avoir
9 des créneaux, puis des réponses différentes.
10 176 Et c'est prévu dans la loi. Ce sont
11 des objectifs de la loi, la diversité et la dualité
12 des... la diversité comme telle des contenus et des
13 publics à desservir et la possibilité donc à avoir des
14 approches différentes.
15 177 Et je ne suis pas une grande
16 spécialiste de toutes les décisions qu'on a rendues
17 dans le passé, mais il est certain, en radio, en
18 télévision, nous avons des réponses très différentes
19 pour la langue française et la langue anglaise. C'est
20 deux (2) réalités et c'est d'autant vrai, je dirais,
21 avec les années, parce qu'on a absolument des courbes
22 différentes de comportements et d'habitudes.
23 178 M. RYCHARD THÉRIAULT : Alors, madame
24 Pagé m'a demandé la parole.
25 179 Mme SYLVIE PAGÉ : Oui, en fait, bien
StenoTran
43
1 moi, ma préoccupation c'est dans le même sens que
2 François, évidemment, comme le CRTC a eu à prendre une
3 décision de base, dire: Est-ce qu'on légifère ou on ne
4 légifère pas? Hein, on est par rapport au monde, on
5 fait de la télévision par rapport à la planète.
6 180 La planète est très accessible par
7 tous les réseaux et les canaux du monde entier.
8 Qu'est-ce qu'on fait, nous, en tant que télévision
9 canadienne? Est-ce qu'on réglemente ou bon?
10 181 Il y a des positions de base qui ont
11 été prises. Donc, il y a de la réglementation. Et
12 moi, ce que je... je suis contente d'entendre ça, parce
13 que ma préoccupation c'est de dire, à partir du moment
14 où on prend le choix de réglementer donc, réglementer
15 la télévision, effectivement, on ne fait pas de la
16 télévision anglaise de la même façon qu'on fait de la
17 télévision française, les marchés sont différents, les
18 contextes et les opportunités de développement sont
19 différents.
20 182 Moi ce que je... ce qui me préoccupe
21 beaucoup c'est à partir du moment où on dit, oui, on a
22 une espèce de tableau de réglementation, on a séparé la
23 production française, la production anglaise.
24 183 Bon. La production française est
25 dans un tel état. Voilà, on réglemente de telle façon.
StenoTran
44
1 Mais il y a des sous-réglementations qui doivent venir
2 avec. À partir du moment où on réglemente la
3 télévision au Canada au complet et qu'on segmente déjà,
4 il faut aller jusqu'à la ramification effectivement des
5 couches qui vont nous permettre une plus grande
6 diversité.
7 184 Puis la plus grande diversité se
8 trouve dans toutes les régions francophones du Canada.
9 Alors, je pense que ça, moi, si on articule, en tout
10 cas, ce que je comprends, c'est que si on articule
11 davantage sur la possibilité de dire, oui, on veut
12 s'exprimer, parce qu'on fait partie de cette
13 télévision-là, parce qu'on fait partie de la diversité
14 canadienne, je pense qu'on... ce que je comprends, il y
15 a une certaine ouverture, puis il y a une préoccupation
16 d'aller jusqu'au bout.
17 185 Moi, je dis, à partir du moment où on
18 réglemente, en résumé, il faut aller, il faut être
19 logique, on ne peut pas... si on réglemente la
20 télévision française par rapport à l'anglaise, on ne
21 peut pas rendu en bas laisser les bébés, que ça n'a pas
22 marché, puis arrangez-vous avec le morceau de steak
23 dans le milieu, tu sais.
24 186 Alors, grosso modo, d'une façon
25 caricaturale c'est un peu ça. Mais je pense
StenoTran
45
1 qu'effectivement, il y a une préoccupation aussi pour
2 arriver à cet objectif général en haut, qu'est la
3 diversité.
4 187 En tout cas, moi, je pense que c'est
5 ce qui me préoccupe le plus. Parce que évidemment,
6 parce qu'elle est réglementée au départ, je suis donc
7 assujettie... dans les ramifications où je me trouve,
8 moi, assujettie à la réglementation qui est là et les
9 ramifications, là, le sang, là, dans le poumon, il a de
10 la misère à se rendre jusqu'à chez nous, tu sais.
11 188 Alors, il faut être capable de faire
12 un réseau où la pompe est assez imposante, grosso modo.
13 189 M. MICHEL LALIBERTÉ : Oui, en appui
14 à ce que Sylvie vient de dire, concrètement ce que ça
15 veut dire, c'est que par exemple, les canaux
16 spécialisés pourraient avoir des contraintes de
17 production régionale. O.k.
18 190 De telle sorte que c'est vrai pour la
19 télévision conventionnelle, mais il n'y a aucune
20 contrainte de production régionale pour les canaux
21 spécialisés. Ils seront diffusés partout dans la
22 province ou presque.
23 191 Et puis l'autre question que j'ai,
24 c'est le prime time. C'est que à force des canaux
25 spécialisés, finalement, plus il y a de canaux, plus il
StenoTran
46
1 y a de joueurs dans le prime time. Parce que la
2 télévision finalement, ça se déroule entre six heures
3 (1800) et onze heures (2300) le soir. Ça ne se déroule
4 pas ailleurs.
5 192 Ce qui fait que plus on élargit les
6 canaux spécialisés... finalement tout le monde
7 travaille sur la même enveloppe qui est celle du prime
8 time. Et puis tout le monde se bat, puis ceux qui sont
9 déjà là, ils veulent avoir encore un petit peu plus
10 pour avoir accès à la publicité, puis d'autres, là.
11 193 Ça fait que finalement on tourne un
12 petit peu en rond malgré tout, là. On développe, mais
13 on ne développe pas la télévision dans son ensemble,
14 sur un créneau de toute la journée. On développe...
15 194 O.k. C'est rendu que presque tous
16 les canaux spécialisés font entre cinq (5) et six (6)
17 heures de programmation originale par jour. Les
18 stations conventionnelles en font un petit peu plus.
19 Mais c'est des créneaux quand même bien modestes le
20 matin et tout ça.
21 195 Mme SYLVIE PAGÉ : C'est à mon tour?
22 196 M. RYCHARD THÉRIAULT : Madame
23 Tremblay.
24 197 Mme LILIANNE TREMBLAY : Oui, c'est
25 un peu une question dans le but de préparer bien sûr
StenoTran
47
1 l'intervention de l'automne au niveau du contenu
2 canadien. Je regarde par exemple dans les forces de
3 Québec et bien évidemment, le domaine culturel a
4 beaucoup d'importance dans la région de Québec.
5 198 Est-ce que c'est quelque chose qui
6 serait perçu de façon favorable? Parce qu'on sait et
7 on se l'est dit, nous, à plusieurs reprises d'abord,
8 c'est toute la culture. Si effectivement, la culture
9 n'est pas visible à la télévision ou n'est pas annoncée
10 ou n'est pas mise en marché via la télévision, c'est
11 toute la culture même de la région de Québec qui est en
12 danger.
13 199 O.k. Et c'est connu, même Montréal
14 met sa culture en marché via la télévision. Et ça a
15 beaucoup plus d'importance qu'il n'y paraît, en tout
16 cas, sur d'autres secteurs d'activités. Et là,
17 j'englobe la culture et je pense que c'est quelque
18 chose de vital pour Québec et je pense...
19 200 Et je cherche, sous le couvert de la
20 diversité bien sûr, culturelle, de quelle manière et
21 comment on pourrait amener, hein, dans le débat qui va
22 avoir lieu bien sûr sur l'augmentation et la
23 possibilité d'augmentation de produire hors Montréal,
24 parce que dans notre cas c'est de ça, s'il s'agit de
25 télévision francophone, il s'agit de produire hors
StenoTran
48
1 Montréal, de faire échec, donc bien sûr, aussi à toute
2 la concentration, hein, qui est sur le plan industriel,
3 mais ce ne sont pas des petits lobbys non plus.
4 201 Est-ce que cette dimension de la
5 culture -- et je vais aller un peu plus précisément,
6 là -- est-ce que ça nous servirait bien, par exemple,
7 de miser sur des niches comme ça?
8 202 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Je ne suis
9 plus consultante.
10 203 Écoutez, ce qui est vrai pour vous,
11 ce dont vous avez besoin, oui...
12 204 Mme LILIANNE TREMBLAY : Oui, oui.
13 205 Mme FRANÇOISE BERTRAND : ... je veux
14 dire, on va... et écoutez bien...
15 206 Mme LILIANNE TREMBLAY : Oui.
16 207 Mme FRANÇOISE BERTRAND : ... ce qui
17 va être ressenti et dont vous avez vraiment besoin,
18 puis que vous sachiez articuler en termes de dire:
19 Avec ça, nous autres, voici le chemin que ça nous
20 permet de faire.
21 208 Je ne peux pas vous dire ça c'est ça.
22 C'est vous qui connaissez vos réalités. Ce que je peux
23 vous dire c'est que mes collègues, qu'ils soient du
24 personnel ou qu'ils soient conseillers, on est à la
25 recherche avec vous des meilleures façons pour aller
StenoTran
49
1 plus loin.
2 209 On ne peut pas avoir... c'est
3 certain, on regardait les objectifs du Conseil, c'est
4 sûr que c'est dans l'intérêt public, donc dans
5 l'intérêt public, on a plusieurs dimensions. C'est
6 toujours des décisions que nous pensons balancées.
7 Dans l'ensemble, elles sont balancées, je pense bien,
8 mais c'est... il faut regarder des objectifs culturels,
9 il faut regarder des objectifs économiques.
10 210 Je vous entends bien sur ce que vous
11 dites, mais on va écouter aussi les radiodiffuseurs qui
12 vont nous dire: On ne peut pas faire autant de régions
13 qu'on en faisait, parce que ça nous coûte plus cher,
14 puis on est en concurrence avec d'autres, à qui on a
15 permis...
16 211 Alors, c'est certain, c'est ça un
17 processus public, chacun vient. Alors, c'est à vous à
18 trouver la façon de l'exprimer très collé à vos
19 besoins. Venez pas sur quarante (40) affaires, on ne
20 pourra pas vous suivre. Venez plus près que vous serez
21 des choses avec une idée assez claire de ce dont vous
22 avez besoin. Ayez en tête qui sont les joueurs chez
23 vous.
24 212 Sachant qu'après les audiences sur la
25 télévision, on fera le renouvellement des licences de
StenoTran
50
1 Radio-Canada. Je veux dire, c'est ça, il me semble,
2 que vous devriez préparer. Comment allez-vous pouvoir
3 tirer, puis oui, c'est certain que la loi sur la
4 radiodiffusion fait en sorte que le CRTC se rapporte au
5 parlement, à travers le ministre du Patrimoine.
6 213 Donc, il est certain que les
7 objectifs culturels, c'est extrêmement important, mais
8 c'est certain que ce ne sont pas les seules dimensions.
9 Mais il faut que ça soit mis en réconciliation avec
10 aussi des réalités économiques. C'est évident. C'est
11 évident.
12 214 M. RYCHARD THÉRIAULT : Juste un
13 commentaire, madame Bertrand, dans ce que vous dites.
14 215 Évidemment, on ne va pas se... je
15 n'ai pas la prétention de définir ce que c'est la
16 télévision, mais on est conscients tout le monde que la
17 télévision joue un tel rôle social présentement. Il y
18 a une telle polarisation qui se fait autour de la
19 télévision.
20 216 Je vous entendais dire tout à l'heure
21 qu'à Calgary les gens se plaignent aussi qu'ils ne se
22 reconnaissent pas et tout ça.
23 217 Et je ne peux pas m'empêcher de poser
24 clairement la question, est-ce que c'est normal?
25 Est-ce que c'est normal dans une capitale provinciale,
StenoTran
51
1 avec... puis là, on ne fera pas la nomenclature, là, de
2 l'opéra, des orchestres symphoniques, des compagnies de
3 théâtre et tout ça, que les gens ici ne puissent jamais
4 se voir à travers la télévision et que l'ensemble du
5 Québec ne puisse pas se voir, ne puisse pas voir ce qui
6 se fait et que l'ensemble du Canada ne puisse voir non
7 plus ce qui se fait.
8 218 On a une vision de la francophonie au
9 Canada et c'est Montréal. Et s'il y a une chose qui
10 est claire et nette pour tout le monde, c'est que les
11 choses se font différemment ici à Québec. Et je ne dis
12 pas qu'elles se font mieux, là, je vous dis qu'elles se
13 font juste différemment.
14 219 Ne serait-ce que par la concentration
15 des gens, le fait que le bassin francophone est
16 nettement plus serré, plus fort ici, les influences...
17 moins il y a de l'influence de l'extérieur, tout ça, il
18 y a une façon différente de faire les choses.
19 220 Si on suit simplement l'activité
20 théâtrale dans l'ensemble du Québec et qu'on suit ce
21 qui se fait à Montréal, ce qui se fait à Québec, c'est
22 étonnant de voir la façon... la différence que les
23 auteurs ont pour s'exprimer, la différence que les
24 metteurs en scène ont pour signer leurs oeuvres et tout
25 ça. Et ça se reflète à tous les niveaux, dans tous les
StenoTran
52
1 milieux.
2 221 La question, elle est simple et on
3 pose la question, puis on donne la réponse. Est-ce que
4 c'est normal qu'une partie de la population qui forme
5 un pôle important ne puisse pas présenter à l'ensemble
6 des gens au Canada leurs produits, ne puisse pas faire
7 bénéficier l'ensemble de la collectivité, de leur
8 spécificité.
9 222 Moi, dans ce que vous dites, je
10 trouve que tout ça se recoupe et je me dis, j'ai
11 l'impression qu'on est près d'une solution où
12 finalement on a dépassé l'espèce d'hypnotisme qu'on
13 avait par rapport à la télévision et on veut s'en
14 servir comme un outil de relation, comme un outil de
15 communication, ce qu'elle est véritablement. Elle est
16 là d'une façon extrêmement présente.
17 223 Et là, on s'aperçoit qu'on n'est pas
18 dans un dialogue, on est dans un monologue, si je
19 pouvais prendre cette image-là. Et pour moi, un
20 dialogue, il existerait un dialogue en télévision à
21 partir du moment où on aurait... on recevrait de
22 partout et on pourrait échanger.
23 224 Et là, pour l'instant, on a des pôles
24 et tout doit passer par là. Moi, je peux vous dire à
25 toute heure, à tout moment de l'année, je peux vous
StenoTran
53
1 dire ce qui se passe à Montréal, qui joue dans quel
2 théâtre et quel est le concert qu'on présente, qui va
3 diriger l'orchestre symphonique demain soir.
4 225 Et pour le savoir chez moi, il faut
5 bien sûr que je prenne le journal, que je regarde dans
6 le cahier Ce Soir à Québec, et là, je descends la
7 colonne.
8 226 Il y a comme un non-sens par rapport
9 à un outil tellement moderne, tellement présent, qui
10 joue un rôle, puis on n'est pas sans parler de tout
11 l'impact que ça a sur le public direct, que finalement
12 de par une division du marché, on se trouve à exclure
13 des gens de ce marché-là.
14 227 Alors, Sylvie, tu avais demandé de...
15 228 Mme SYLVIE PAGÉ : J'avais juste une
16 petite remarque qui me passait à l'esprit. Dans le cas
17 où justement... il faut être vigilant, c'est vrai qu'il
18 faut trouver des solutions innovatrices, créatrices,
19 là, puis génératrices aussi.
20 229 Dans le cas, par exemple, de la
21 radio, c'est sûr que quand on réglemente, il y a
22 toujours des portes de sortie pour, tu sais, des twists
23 commerciaux qui font qu'on évite certaines... on
24 aplanit certaines réglementations. Je pense, par
25 exemple, à la réglementation à la radio, qui obligeait
StenoTran
54
1 tant de pourcentage francophone.
2 230 On se rendait compte qu'à un moment
3 donné, les gens "pluguaient" leurs chansons
4 francophones, puis ils rétrécissaient un peu... ils
5 dénaturaient l'objectif de la réglementation.
6 231 O.k. On arrive toujours par des
7 détours, des astuces, c'est ça, à aplanir un peu des
8 effets d'une réglementation qui se voulait de bonne foi
9 et tout ça. Et il faut faire attention, on a peur un
10 petit peu, tu sais, il faut être capable d'être
11 vigilants là-dessus.
12 232 Ceci dit, par contre, je...
13 233 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Pardon,
14 vous voulez dire quoi, là? Parce que là, on vient de
15 la changer cette réglementation-là...
16 234 Mme SYLVIE PAGÉ : Oui, c'est ça.
17 235 Mme FRANÇOISE BERTRAND : ... à cause
18 de cette délinquance-là.
19 236 Mme SYLVIE PAGÉ : Oui, bien, c'est
20 pour ça qu'il faut être vigilant aussi, il faut être
21 vigilant au niveau de la télé. Alors, si on invente
22 d'autres solutions, il faut faire attention justement à
23 des effets pervers qu'on n'aurait pas pu imaginer.
24 237 C'est ça. Je veux dire, je ne parle
25 pas de vous, c'est notre devoir commun, là. C'est dans
StenoTran
55
1 ce sens-là. Il faut être vigilant dans ce sens-là,
2 parce qu'il y en a toujours des détours à un moment
3 donné.
4 238 Ceci dit, par contre, je pense que
5 depuis quelques années, où on travaille à la Table
6 aussi, où on fait des représentations au CRTC, on s'est
7 rendu compte déjà qu'il y a quand même une notion, déjà
8 un vocabulaire qui est modifié, une écoute différente.
9 239 Quand on va au CRTC, par exemple,
10 puis qu'on parle de la région, on parle de... j'allais
11 dire des régions, mais là, on va parler de nous autres,
12 là, on est chez nous, là, on parle de la région, on
13 parle du vouloir justement de s'exprimer au niveau
14 artistique, de montrer notre diversité culturelle et
15 notre abondance de culture, puis de création et
16 d'artistes et d'artisans ici, effectivement, d'entrée
17 de jeu, vous l'avez dit aussi, puis ça c'est
18 satisfaisant, on ne parle pas uniquement, là... le
19 CRTC, je pense, est très conscient maintenant, est très
20 au fait qu'on a besoin d'être écouté autrement que par
21 les bulletins d'informations.
22 240 Ça, pour moi, c'est quelque chose
23 d'important, qui semblait très très loin autrefois.
24 241 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Mais ça,
25 là, je vais vous... ça il faut que vous en reparliez.
StenoTran
56
1 Parce que là-dessus, la réalité francophone en
2 télévision est différente de la réalité anglophone. Et
3 je pense que c'est à vous de prendre la responsabilité
4 de...
5 242 Puis j'ai dit la même chose à des
6 radiodiffuseurs, c'est vraiment très différent. Et
7 conséquemment, le fait qu'il y a en régions
8 présentement vraiment une maturité de productions, de
9 créations, qui est prête à aller dans tous les
10 créneaux, ce n'est pas la réalité partout, parce qu'il
11 ne s'est pas fait autant de productions, si on regarde
12 proportion gardée entre les milieux anglophones et
13 francophones.
14 243 Donc, c'est très important que vous
15 nous reparliez de ça au moment des audiences. Parce
16 que si on veut qu'il y ait des réponses distinctes et
17 différentes, puis qu'on accepte que ce ne soit pas un
18 modèle pour tous, la seule façon de le faire c'est de
19 démontrer à quel point les choses sont différentes et
20 conséquemment, les façons de nous aider à les
21 développer sont différentes.
22 244 Mme LILIANNE TREMBLAY : Ça serait
23 donc à dire que les trois (3)...
24 245 M. RYCHARD THÉRIAULT : Madame
25 Tremblay.
StenoTran
57
1 246 Mme LILIANNE TREMBLAY : Oui, c'est
2 ça. Que par exemple, la grande... il y en a trois
3 cents (300), je pense, Rychard, des comédiens dans la
4 région de Québec, membres de l'Union des artistes?
5 247 M. RYCHARD THÉRIAULT : Si on parle
6 au niveau des comédiens, on était tout près de deux
7 cents (200). On parle de cinq cents (500) artistes
8 interprètes en tout dans la région de Québec.
9 248 Mme LILIANNE TREMBLAY : La région de
10 Québec, membres de l'Union des artistes. Je pense aux
11 techniciens pigistes également, je pense aux
12 producteurs indépendants de la région de Québec.
13 249 Et ce que je comprends bien
14 effectivement, c'est ce poids-là également, là, cette
15 spécificité-là de Québec également qu'il est importante
16 de faire ressortir, là, au moment des audiences.
17 250 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien, c'est
18 très important qu'on comprenne la vitalité. Ce qu'on
19 cherche c'est des moyens pour aider que cette
20 vitalité-là, elle s'accroisse. Hein, ce n'est pas pour
21 la diminuer.
22 251 Donc, forcément, quand on fait
23 l'espèce d'état de faits, on dit: On est rendus là.
24 Si on veut aller plus loin, ça va prendre quelque chose
25 qui va tirer vers le haut et non pas vers le bas.
StenoTran
58
1 252 Et en ce sens-là, je pense que si on
2 prend région par région, même ville par ville, si on
3 prenait au Québec, il y a des distinctions. Québec est
4 certainement une ville par son nombre et ses... Bon.
5 253 Mme LILIANNE TREMBLAY : Et son
6 rayonnement.
7 254 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Il y a eu
8 l'activité certainement... je ne veux pas dire qu'il
9 n'y en a pas ailleurs dans le Québec, je ne veux pas
10 blesser personne, mais coudonc c'est certain qu'il y a
11 des villes qui sont plus de pointe, c'est normal.
12 255 Mme LILIANNE TREMBLAY : Et si on
13 parle, par exemple, du rayonnement jusque dans l'est du
14 Québec, parce que Québec effectivement rayonne, là,
15 jusque dans l'est du Québec et a un pouvoir
16 d'attraction sur toutes les autres villes qui sont plus
17 à l'est, je pense que c'est un phénomène qui est aussi
18 particulier, là.
19 256 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Important.
20 Absolument.
21 257 Mme LILIANNE TREMBLAY : Ce n'est pas
22 la même situation par exemple que Rimouski ou que
23 Chicoutimi à cet égard-là.
24 258 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Mais il y a
25 comme deux (2) dimensions. C'est de dire, on est
StenoTran
59
1 différents, puis voici pourquoi on est différents, puis
2 voici où on est rendus et voici ce dont on aurait
3 besoin pour aller plus loin. Pas juste dire, par
4 exemple, la télévision aide à être une voix, qui fait
5 un haut-parleur par rapport à d'autres activités
6 culturelles. Ce n'est pas suffisant.
7 259 M. RYCHARD THÉRIAULT : Je comprends.
8 260 Mme LILIANNE TREMBLAY : Parfait.
9 261 M. RYCHARD THÉRIAULT : Monsieur
10 McGoldrick.
11 262 M. ROBERT McGOLDRICK : Oui, moi, je
12 suis moins dans le milieu culturel, puis dans le milieu
13 de la Chambre traditionnel, disons, mais dans notre
14 monde actuel évidemment il y a un état de fusion, take
15 over, et caetera, dans les médias et les
16 télécommunications comme ailleurs.
17 263 Maintenant, je voudrais savoir
18 jusqu'à quel point vous êtes sensibles ou vous écoutez
19 cet argument toujours: Ah! la concurrence nous force à
20 ceci. On ne peut pas faire ça parce que les coûts vont
21 être élevés, et caetera.
22 264 Est-ce que vous êtes sensibles à ça?
23 Parce qu'on sait que dans bien des domaines, qu'une
24 entreprise peut être grosse, mais ça ne veut pas dire
25 que tous ses produits doivent être standards, ça ne
StenoTran
60
1 peut pas être divers, et caetera.
2 265 Mais on voit aussi un tas
3 d'entreprises qui sont en difficulté et justement parce
4 que leurs produits ne sont pas assez variés pour tenir
5 compte des variations régionales.
6 266 On sait que Coca-Cola, évidemment,
7 ils ont commencé avec une petite bouteille de six onces
8 et demi (6 1/2), un produit standard. C'était la belle
9 vie. Maintenant, ça n'existe plus comme ça.
10 267 J'ai l'impression que dans les autres
11 milieux, ça aussi, la diversité des besoins des gens
12 pourrait être justement l'occasion de développement et
13 d'enrichissement plus grand.
14 268 Alors, est-ce que lorsque l'argument
15 est amené de la concurrence, si les coûts, et caetera,
16 on ne peut pas se permettre ça, est-ce que vous prenez
17 ça avec un grain de sel?
18 269 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien,
19 écoutez, je pense qu'on essaie de moduler, hein, on n'a
20 pas de livre de recettes. Même si on est dans le
21 domaine de la réglementation, il y a quelques éléments
22 très clairs.
23 270 Mais dans la plupart des cas, on fait
24 des processus publics. On essaie d'avoir les points de
25 vue des uns et des autres. Alors, ce n'est pas nous
StenoTran
61
1 qui le prenons en compte, c'est-à-dire oui, on le prend
2 en compte parce que ce sont des points de vue qui sont
3 amenés à la Table.
4 271 Il est certain qu'on a un regard pour
5 les considérations économiques. Parce qu'on peut bien
6 avoir tous les impératifs culturels qu'on voudra, si on
7 n'est pas capable de se les payer comme collectivité.
8 272 Alors, on essaie de mettre ça en
9 équilibre autant qu'on peut et de façon la plus juste
10 et intelligente possible. Et ça nous amène à avoir
11 toutes sortes de modulations.
12 273 Si on regarde par exemple quand l'an
13 passé, Quatre-Saisons était à vendre et puis que CF
14 Câble et Vidéotron voulaient se mettre ensemble, on a
15 permis CF et Vidéotron ensemble, on n'a pas permis que
16 Vidéotron achète Quatre-Saisons.
17 274 On a permis à Québécor d'acheter
18 Quatre-Saisons, pour amener un autre joueur, qui par
19 ailleurs avait les poches profondes. Il pouvait donc
20 amener une voix intéressante, une capacité
21 intéressante.
22 275 On a, par la suite, sur d'autres
23 éléments, par exemple, on vient de prendre une décision
24 dans le domaine des canaux spécialisés. On avait un
25 regard assez favorable jusqu'à date sur l'intégration
StenoTran
62
1 verticale dans les entreprises. En disant, c'est bon,
2 la consolidation va permettre justement à des joueurs
3 d'être plus structurés, d'être plus solides.
4 276 Mais on vient de refuser qu'une
5 compagnie de câble anglophone Shaw (sic) puisse
6 augmenter sa participation dans un canal spécialisé.
7 Pas parce qu'on est contre en soi, parce qu'à ce
8 moment-ci, on se rend compte qu'il n'y a pas assez de
9 concurrence dans le domaine de la câblodistribution.
10 277 Donc, si on maintient cette approche
11 d'intégration verticale tant qu'il n'y aura pas de
12 réelle concurrence, ce qu'on fait c'est qu'on crée des
13 goulots d'étranglement. Donc, on dit tant qu'il n'y
14 aura pas assez de joueurs, on ne peut pas permettre
15 d'aller vraiment encore de l'avant. Donc, pour un
16 certain temps, on prend un certain recul par rapport à
17 ça.
18 278 Alors, on module, on essaie au-delà
19 des principes, si on veut, même si on est sympathique à
20 certains éléments, et toujours inspiré par notre loi,
21 on essaie de moduler nos décisions de telle sorte qu'on
22 puisse, oui, prendre en compte des besoins
23 d'entreprises, mais à la fois ne pas dévier du mandat
24 qui nous est confié par rapport à la Loi sur la
25 radiodiffusion.
StenoTran
63
1 279 Alors, je ne sais pas si ça répond à
2 votre...
3 280 M. ROBERT McGOLDRICK : Oui, en fait,
4 c'est-à-dire que l'argument toujours "concurrence ou
5 les coûts" n'est pas un argument massue vous savez...
6 281 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Ça ne peut
7 pas être le seul. Ça ne peut pas être le seul.
8 282 M. ROBERT McGOLDRICK : D'accord.
9 Merci.
10 283 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Mais il
11 faut que ça soit pris en considération...
12 284 M. ROBERT McGOLDRICK : Oui, oui.
13 285 Mme FRANÇOISE BERTRAND : ...
14 forcément, parce qu'au bout de la ligne, ça prend une
15 entreprise qui est saine et qui est capable
16 économiquement de soutenir l'effort. Mais on ne peut
17 pas. Mais il y a des limites.
18 286 M. ROBERT McGOLDRICK : Merci.
19 287 M. RYCHARD THÉRIAULT : Maintenant,
20 vous parliez de TQS, vous avez accordé la possibilité à
21 Québécor, là, d'en faire l'acquisition. Sauf erreur,
22 il y a un montant qui a été... vous avez, on dit: Le
23 Conseil a assujetti à la licence à T.Q.S.
24 288 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Comme
25 producteur indépendant.
StenoTran
64
1 289 M. RYCHARD THÉRIAULT : Comme
2 producteur indépendant, à un montant de six point huit
3 millions (6.8 M).
4 290 Mme FRANÇOISE BERTRAND : O.K.
5 291 M. RYCHARD THÉRIAULT : Est-ce que
6 c'est complètement déraisonnable de penser que dans
7 cette forme de réglementation-là que le CRTC, parce que
8 c'est de la réglementation assez précise, dise oui,
9 vous allez faire ça, mais vous allez prendre six point
10 huit millions (6.8 M) pour les indépendants.
11 292 Donc, il y avait une façon, un souci
12 je dirais de partage dans l'industrie. Il y avait un
13 souci pour permettre à l'industrie de se développer
14 sainement. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus
15 loin en disant que le CRTC aurait pu, par exemple, à
16 TQS, lui dire: L'argent que vous allez dépenser chez
17 les indépendants, vous allez tenir compte de vos
18 stations régionales et vous allez, j'invente une
19 formule, au prorata, vous allez dépenser un nombre "X"
20 d'argent, selon les stations régionales que vous
21 possédez.
22 293 Dans une dynamique comme celle-là,
23 c'est sûr que votre préoccupation demeure et en même
24 temps, elle soutient toute une industrie régionale, où
25 les télévisions sont là avec des stations régionales.
StenoTran
65
1 294 Est-ce que c'est complètement
2 utopique? Est-ce qu'on erre complètement? Ou bien
3 c'est quelque chose qui peut être envisagé?
4 295 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Je ne le
5 sais pas, vraiment en termes de ce qui est possible au
6 niveau des règlements, et caetera. Tout ce que je peux
7 dire par ailleurs, c'est que lorsque l'an passé, on a
8 considéré la possibilité d'un troisième réseau national
9 au Canada, on est arrivé à des réponses qui
10 permettaient la diversité.
11 296 En anglais, on a dit: Il n'y a pas
12 de place. En français, on a dit: Il y aurait de la
13 place. On a entendu TVA lundi. Et pour les
14 autochtones, on a dit: On est prêts à vous entendre,
15 si vous venez avec une demande.
16 297 Donc, quand on a fait ça, on a dit:
17 Par ailleurs, reconnaissons qu'à travers les ensembles
18 des décisions du Conseil, on a tranquillement consolidé
19 des grands groupes en matière de radiodiffusion. Et
20 peut-être qu'on devrait faire, plutôt que de faire des
21 réseaux nationaux, ça serait de faire des... comment on
22 appelle ça, des réseaux plus régionaux ou enfin, des
23 grands groupes de radiodiffusion pour lequel on
24 pourrait probablement faire des renouvellements d'une
25 licence sur une base plus globale, mais où on
StenoTran
66
1 demanderait des attentes très précises en matière
2 locale et régionale.
3 298 Et certainement, donc, si c'est
4 possible dans cette perspective-là, il y a certainement
5 possibilité d'aligner d'une manière ou d'une autre
6 certaines attentes plus précises en termes de
7 collaboration avec des milieux, avec des montants
8 d'argent, avec des heures, j'imagine.
9 299 M. RYCHARD THÉRIAULT : Mais là, à ce
10 moment-là, on tourne notre problème à l'envers. Claude
11 parlait tout à l'heure des fameuses... des heures de
12 grande écoute. Est-ce qu'on peut obliger, est-ce qu'on
13 peut demander à des réseaux de réseau de céder une
14 heure de grande écoute?
15 300 D'une autre façon, si on demande
16 au... si on offre, on oblige le réseau à répartir son
17 budget versé aux indépendants, c'est sûr qu'on crée une
18 espèce de demande qui peut être extrêmement bénéfique
19 pour les régions.
20 301 J'aurais une autre question que je
21 voulais aborder. On en a parlé à quelques reprises
22 dans un mémoire qu'on a présenté au CRTC et je voulais
23 juste avoir votre opinion, si on s'entendait sur la
24 terminologie.
25 302 On a à quelques reprises tenté de
StenoTran
67
1 préciser l'expression "production locale". Le CRTC, de
2 par le passé, a toujours défini la production locale
3 comme étant une production produite ici pour le marché
4 d'ici.
5 303 Et tout le monde, on était très
6 préoccupés par cette définition-là, puisqu'on la
7 sentait limitative. Et on a proposé à quelques
8 reprises au CRTC d'accepter ou enfin de voir comment
9 ils réagissaient à l'idée de définir la télévision
10 locale comme une télévision faite ici, mais pour tous
11 les marchés.
12 304 C'est-à-dire qu'elle est aussi bien
13 locale lorsqu'elle est faite ici pour ici, qu'elle est
14 locale lorsqu'elle est faite ici pour le national.
15 305 Et ça change parfois le rapport avec
16 les télédiffuseurs. Des anecdotes, là, qui sont
17 arrivées, où finalement le télédiffuseur se glissait
18 dans une définition qui le confortait et qui finalement
19 désavantageait complètement la région. Et avec cette
20 façon-là, on passait à côté de ce qu'on recherchait
21 comme effet.
22 306 Mme FRANÇOISE BERTRAND :
23 Anne-Marie... les définitions et moi, là, ce n'est
24 pas...
25 307 M. RYCHARD THÉRIAULT : Mais dans le
StenoTran
68
1 principe, est-ce que...
2 308 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Mais je
3 veux dire, si c'est pertinent à votre approche, si
4 c'est pertinent à ce que vous êtes, puis si c'est
5 pertinent aux solutions que vous entrevoyez, allez-y.
6 Je veux dire, challengez-nous là-dessus. J'ai envie de
7 vous dire ça.
8 309 Mme ANNE-MARIE MURPHY : Je pense que
9 quand une définition a un effet contraire ou a un effet
10 qui n'est pas souhaitable, un effet indirect, c'est
11 essentiel de le souligner, de même proposer une
12 nouvelle définition.
13 310 Et définitivement, de soulever, la
14 définition qui est adoptée, c'est suite à une audience
15 où on prend tout en considération. Et je sais que
16 quand je rédige des règlements, c'est très difficile de
17 penser à tout et souvent, il y a des choses qui nous
18 échappent.
19 311 Alors, c'est définitivement fait pour
20 soumission. Je tiens aussi souligner que la démarche
21 globale pour examiner les licences d'une façon... au
22 niveau local et national, c'est quelque chose qui est
23 proposé dans l'avis public et où on demande justement
24 des commentaires.
25 312 Alors, la démarche que madame
StenoTran
69
1 Bertrand vous parlait tantôt.
2 313 M. RYCHARD THÉRIAULT : Merci.
3 Michel a demandé un droit de parole. Peut-être que je
4 prendrai moi aussi à la fin de la rencontre s'il y a
5 d'autres personnes qui veulent s'inscrire, peut-être
6 une autre personne ou sinon Michel sera la dernière
7 intervention.
8 314 M. MICHEL LALIBERTÉ : O.k. Vous
9 avez dit, madame Bertrand, tout à l'heure qu'il faut
10 identifier ce qu'on a besoin, puis il faut qu'on fasse
11 nos requêtes.
12 315 Bien, dans les deux (2) dernières
13 années, on en a fait quelques-unes, puis on est allés
14 dans deux (2) registres différents pour voir qu'est-ce
15 que ça donnait.
16 316 D'une part, on a exagéré, on a
17 demandé que Vidéotron se porte acquéreur de TQS, mais
18 qu'il déménage TQS à Québec. O.k.
19 317 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Vous vous
20 souvenez?
21 318 M. MICHEL LALIBERTÉ : On s'en
22 rappelle. On s'en rappelle. Là, évidemment, on a
23 exagéré parce qu'on brisait les lois du marché. On ne
24 brisait pas une hypothèse, c'était une bonne hypothèse,
25 mais on brisait les lois du marché.
StenoTran
70
1 319 Après ça, on a dit: On va être plus
2 modestes. Québécor achète TQS. Alors, on a dit: O.k.
3 Parfait. On va demander simplement une heure par
4 semaine dans le huit point cinq millions (8.5 M), qu'il
5 soit déménagé à la station locale de Québec.
6 320 La question a été posée par l'avocat
7 du CRTC. TQS a répondu non. Et puis finalement, dans
8 la décision, vous avez endossé le non de TQS.
9 321 Après ça, on a demandé à CFCM et à
10 CBB, quand ils ont renouvelé, on a dit: Une autre
11 démarche, on va proposer une autre solution. On a dit:
12 O.k. On fait encore une augmentation, juste une heure
13 par semaine, ce n'est pas grand-chose. Ça va avoir un
14 effet structurant.
15 322 Mais finalement, les conditions ont
16 fait, O.k., que ça n'a pas encore été accepté. Puis je
17 peux en soumettre une autre. Le CRTC pourrait très
18 bien convenir que dans la francophonie, toutes les
19 stations des trois (3) réseaux conventionnels devraient
20 être propriété à soixante-quinze (75) pour cent d'un
21 investisseur local, comme à Rivière-du-Loup, par
22 exemple.
23 323 O.k. Rivière-du-Loup, ils ont les
24 trois (3) stations, ils diffusent les trois (3)
25 stations. Ils ont plus de possibilités de lever la
StenoTran
71
1 switch du réseau qu'on en a à Québec. De dire: Moi,
2 je fais une émission locale ce soir. Ils ont cette
3 possibilité-là, ils sont propriétaires.
4 324 Alors, on pourrait avoir une démarche
5 où les trois (3) stations régionales devraient être
6 sous une gouverne, une propriété locale, je ne sais pas
7 à cinquante (50) pour cent, peu importe.
8 325 Et je voulais juste dire une chose,
9 revenir sur un point aussi, c'est que dans la
10 francophonie, une des particularités, au niveau des
11 lois du marché, puis au niveau du lobbying, puis des
12 influences, c'est qu'il y a huit (8) capitales
13 anglophones qui luttent contre Toronto, on est une
14 seule capitale francophone qui lutte contre Montréal.
15 Ce n'est pas évident.
16 326 O.k. Ça fait que ça ne nous donne
17 pas beaucoup de chance.
18 327 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Oui, mais
19 vous parlez fort.
20 328 M. MICHEL LALIBERTÉ : En tout cas,
21 on va continuer d'abord. Alors, c'est ça que j'avais à
22 dire. Puis oui, on en a proposé quelques-unes, là, des
23 petites solutions, bien c'est sûr, qu'on n'est pas
24 toujours accueilli, mais là, ça serait le fun d'être
25 accueilli la prochaine fois.
StenoTran
72
1 329 M. RYCHARD THÉRIAULT : Mais quand
2 Michel Dion, je tiens juste à rappeler qu'il parle au
3 nom de son groupe de travail.
4 330 M. MICHEL LALIBERTÉ : Peut-être pas,
5 c'est lui.
6 331 M. RYCHARD THÉRIAULT : Ce n'est pas
7 la Table ici qui a fait ces propositions-là.
8 332 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Sur les
9 questions de propriété, il y a des lois canadiennes à
10 cet égard-là, qui ne sont pas les nôtres. Par la
11 suite, nous, on s'assure que les demandes
12 d'acquisitions, de fusions qui nous sont présentées
13 sont en vertu de ces lois-là, mais ce n'est pas nous
14 qui les déterminons.
15 333 Et on trouve qu'on en a assez sur la
16 table, on s'immisce pas sur comment les affaires
17 devraient se faire. Par contre, quand les transactions
18 se font, surtout en radiodiffusion, elles doivent être
19 présentées au Conseil et parfois on accepte, parfois on
20 refuse.
21 334 Et je voudrais dire que... je ne veux
22 pas m'excuser sur les décisions passées, puis je ne
23 veux même pas dire que les décisions futures seront
24 différentes. Je ne le sais pas à ce moment-ci. Mais
25 je pense qu'il est parfois, il arrive qu'on a
StenoTran
73
1 l'impression de crier dans le désert, mais parfois on
2 est en avant de certains dans son temps.
3 335 M. MICHEL LALIBERTÉ : C'est vrai,
4 oui.
5 336 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Et que ce
6 n'est pas parce qu'on ne vous écoute pas. Et il peut
7 arriver qu'à un moment des conjonctures plus
8 favorables. Alors, j'apprécie votre patience et votre
9 détermination et votre persévérance à continuer à venir
10 rencontrer les gens au Conseil. Parce que je pense que
11 c'est comme ça qu'on arrive à mieux se comprendre et
12 éventuellement, à mieux travailler ensemble.
13 337 M. RYCHARD THÉRIAULT : Bien, voilà.
14 Merci. Merci.
15 338 M. ROBERT McGOLDRICK : Je pense que
16 l'item 7 c'est marqué sujets donnés de part et
17 d'autres, le cas échéant. Je sais que la Table des
18 industries culturelles a du pain sur la planche. Il va
19 certainement s'en occuper. Est-ce que de votre part,
20 il y a un genre de suivi qu'on vous donne? Qu'on
21 s'attend qu'on se présente avec des dossiers...
22 339 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien moi,
23 je compte bien sur vos présences dans les audiences.
24 Mais il y a celle de la télévision, mais il y a celle
25 par la suite des nouveaux médias. Je pense que c'est
StenoTran
74
1 vraiment une occasion encore peut-être plus privilégiée
2 au sens où on est à explorer.
3 340 Dans le domaine de la télévision, on
4 a déjà des piliers tous installés qu'on requestionne.
5 Dans le domaine du nouveau média, c'est vraiment des
6 questions toutes neuves. L'avis public va sortir d'ici
7 dix (10) jours. Et par la suite, les audiences
8 concernant Radio-Canada seront de toute importance
9 aussi, pour tout le monde.
10 341 J'ai invité les gens du domaine,
11 autant que le public à venir nous parler de comment ils
12 ont besoin de Radio-Canada et comment ça doit être en
13 complémentarité avec le système privé aussi.
14 342 M. RYCHARD THÉRIAULT : Juste une
15 petite chose. Les audiences pour les canaux
16 spécialisés, est-ce qu'il y a une...
17 343 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Ah oui!
18 J'oubliais ça.
19 344 M. RYCHARD THÉRIAULT : Oui, oui,
20 c'est ça.
21 345 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Ça c'est en
22 décembre.
23 346 M. RYCHARD THÉRIAULT : Exact.
24 347 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Oui, c'est
25 en décembre.
StenoTran
75
1 348 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k. Et puis
2 est-ce qu'il y a une stratégie auprès du CRTC, de la
3 part du CRTC, à savoir il va y en avoir cinq (5), il va
4 y en avoir sept (7)...
5 349 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Non.
6 350 M. RYCHARD THÉRIAULT : ... il va y
7 en avoir dix (10), il va y en avoir onze (11)?
8 351 Il y a eu combien de projets
9 finalement? Il y en a eu vingt et un (21), mais dans
10 des re-dépôts des projets, est-ce qu'il y en a eu vingt
11 et un (21)?
12 352 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Vingt (20).
13 353 M. RYCHARD THÉRIAULT : Vingt (20),
14 O.k.
15 354 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Alors, il
16 n'y aura pas... ça m'étonnerait qu'on arrive... que
17 vingt (20)...
18 355 M. RYCHARD THÉRIAULT : Non, non,
19 non.
20 356 Mme FRANÇOISE BERTRAND : On peut se
21 surprendre parfois, mais je serais étonnée qu'on arrive
22 avec vingt (20).
23 357 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k. Et
24 l'avis pour ces audiences publiques devrait sortir
25 bientôt aussi pour envoyer...
StenoTran
76
1 358 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Oui,
2 l'avis, je pense, va sortir vers le début septembre.
3 Non, il parle pour les interventions, pour qu'on puisse
4 avoir accès aux dossiers qui ont été... Là, c'est la
5 période des lacunes qu'on appelle, là...
6 359 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k.
7 360 Mme FRANÇOISE BERTRAND : ... qui est
8 en train de se terminer. On va avoir... Donc, ça va
9 être gazetté au début septembre.
10 361 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k.
11 362 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Et on va
12 avoir la possibilité de faire connaître les
13 commentaires, interventions et demandes de parutions,
14 de comparutions jusqu'à la mi-novembre.
15 363 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k. Et les
16 nouveaux médias, c'est quelque chose qui est très
17 nouveau, qui va sortir dans...
18 364 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Ça va
19 sortir dans dix (10) jours l'avis public.
20 365 M. RYCHARD THÉRIAULT : Et c'est un
21 appel semblable à celui de la programmation canadienne?
22 366 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Voilà.
23 367 M. RYCHARD THÉRIAULT : O.k.
24 368 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Voilà.
25 369 Mme LILIANNE TREMBLAY : Juste pour
StenoTran
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1 une question d'informations avant de terminer, Rychard.
2 370 En ce qui concerne les nouveaux
3 médias, étant donné qu'il y a des groupes de travail
4 très importants dans la région de Québec qui
5 travaillent sur le pôle multimédia, je voulais savoir
6 si ces gens-là avaient... si vous étiez au courant de
7 leur présence ou en tout cas, d'une façon ou d'une
8 autre, je pense que ça va être très importante que la
9 Table transmette...
10 371 M. ROBERT McGOLDRICK : On a une
11 nouvelle Table d'ailleurs justement pour que les gens
12 du multimédia se regroupent à Québec. Ils ont même
13 fait une première réunion informelle. Éventuellement,
14 ça puisse devenir un groupe ici que vous allez entendre
15 parler en temps opportun.
16 372 Mme FRANÇOISE BERTRAND :
17 C'est-à-dire si vous avez besoin d'une rencontre
18 semblable...
19 373 M. ROBERT PERRAULT: Les aimez-vous
20 informelles comme aujourd'hui?
21 374 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Oui, c'est
22 parfait.
23 375 Mme SYLVIE PAGÉ: Et entre-temps, on
24 va essayer de faire de la production.
25 376 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Non, mais
StenoTran
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1 je pense que ça permet de clarifier des choses. C'est
2 évident qu'on ne sort pas d'une rencontre comme ça,
3 puis que ça change le monde. Mais ça permet... parfois
4 c'est loin de savoir comment ça fonctionne ces
5 audiences-là. Alors, c'est une façon de transmettre
6 l'information et de s'assurer qu'on a une meilleure
7 collaboration, pour avoir les meilleurs processus
8 publics, parce que c'est ainsi qu'on trouve les
9 meilleures décisions.
10 377 M. ROBERT PERRAULT: Je vais vous
11 dire, madame Bertrand, moi, je ne connaissais pas tout
12 le talent qu'il y a alentour de la Table, tout ce dont
13 vous êtes responsable, télévision, médias, c'est
14 incroyable. J'en ai appris beaucoup.
15 378 Il y a une chose que j'ai retenue de
16 vous, les gens sont entre bonnes mains, vous êtes très
17 très ouverte. Vous avez donné de bonnes suggestions au
18 groupe.
19 379 Et puis au nom de la Chambre de
20 commerce, j'aimerais vous remercier infiniment d'avoir
21 passé du temps avec nous au Québec. Et puis même si
22 c'était informel, on l'a grandement apprécié. Merci
23 beaucoup.
24 380 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien, merci
25 infiniment pour votre invitation.
StenoTran
79
1 381 M. ROBERT PERRAULT: Vous serez
2 toujours la bienvenue.
3 382 Mme FRANÇOISE BERTRAND : Bien,
4 merci, merci.
5 --- L'audience se termine à 1645/
6 Whereupon the hearing concluded at 1645
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